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COOPÉRATION DÉCENTRALISÉE
Energie, eau, assainissement, déchets : les syndicats franciliens affichent un « front uni » pour la coopération internationale
Hélène Huteau | Actualité Club Techni.Cités | France | Publié le 15/04/2015 | Mis à jour le 16/04/2015

Les syndicats de services publics d’Ile-de-France combinent leurs savoir-faire dans les opérations de coopération internationale. Une manière d’être plus efficaces sur les terrains lointains mais aussi de réaffirmer localement leur expertise, dans le contexte d’incertitude sur les compétences de la future métropole parisienne.

acadmali-cooperation-decentralisee [1]

Les présidents des grands services publics d’Ile-de-France ont signé un accord-cadre de partenariat dans le domaine de la coopération internationale, mardi 14 avril, au salon des maires d’Ile-de-France.

André Santini (Sedif) pour l’eau, Jean-Jacques Guillet (Sigeif [2]) pour le gaz et l’électricité, Hervé Marseille (Syctom) pour les déchets, Jacques JP Martin (Sipperec) pour les énergies et les réseaux de communication, Frédéric Molossi (Etablissement public territorial de bassin Seine Grands Lacs) pour la prévention des inondations et d’étiage et Jacques Olivier (directeur général du Siaap [3]) pour l’assainissement ont affirmé leurs savoir-faire et connaissance des enjeux.

Syctom-amif-cooperation [4]

Compétences complémentaires

En matière d’accès à l’eau potable et d’assainissement, ces compétences se complètent déjà dans les projets de coopération internationale mis en œuvre par le Sedif et le Siaap, en Afrique noire pour la plupart.
C’est aussi le cas pour l’alimentation électrique de stations de pompage d’eau, que mènent le Sigeif et le Sedif dans la province de Nam Din au Vietnam.

« Il faudrait que chaque projet mobilise plusieurs intervenants. Par exemple, intégrer d’emblée l’assainissement dans un projet d’accès à l’eau », exhorte Christian Cambon, vice-président du Sedif, engagé depuis trente ans dans la coopération.

Pour le Syctom, en revanche, c’est une nouveauté car la loi Oudin-Santini de 2005, qui permet aux collectivités de consacrer 1% de leur budget eau, énergie ou assainissement à la coopération internationale, n’a été élargie que l’an dernier au secteur des déchets.

Lire aussi : Dix ans après la loi Oudin-Santini, la solidarité coule à petit débit [5]

« Les populations pourront compter sur un front uni et légitime, capable de répondre à toutes les problématiques locales », se réjouit Hervé Marseille, le président de l’agence métropolitaine des déchets. Le Sigeif, le Syctom et le Siaap collaborent actuellement à un projet de stations-service au bio GNV [6] au sein de l’agglomération parisienne, les deux derniers fournissant le méthane issu des déchets et eaux usées [7] aux réseaux de stations du premier.

Conseil plus pertinent

Pour François Vauglin, président par intérim de Seine Grands Lacs, cette concertation accrue consolidera la coopération internationale : « Pékin et Amsterdam nous ont sollicités sur notre expertise inondations. Notre conseil aurait pu être encore plus pertinent si l’ensemble des acteurs avait pu intervenir de manière coordonnée ».
Au nom du Sipperec, Jacques JP Martin, renchérit : « Nous allons aborder la coopération de façon plus forte, notamment pour aller chercher des financements européens ». De nouvelles ressources seraient en effet bienvenues alors que les collectivités ont tendance à réduire les dotations.

Ce partenariat vient renforcer à la fois la capacité d’intervention des syndicats à l’extérieur et leur affirmation face à l’Etat, à l’heure où se dessinent les compétences de la future métropole et où est suspectée une tentation recentralisatrice – notamment pour le gaz et électricité.

L’accord « vise à faire valoir la pertinence de leur modèle consensuel de gouvernance, précurseur de la coopération intercommunale à l’échelle de la métropole et garant de la qualité du service public au meilleur coût, au profit de l’usager » insistent les présidents.

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