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[OPINION] CITOYENNETÉ
Une démocratie pour un nouvel engagement citoyen
Auteur associé | France | Opinions | Publié le 10/03/2015 | Mis à jour le 09/03/2015

Dans un ouvrage collectif publié en avril 2013 (1) [1], nous faisions des constats sur notre démocratie et des propositions pour renouer avec la dynamique de l’engagement citoyen. Nous évoquions la société de consommation, l’individualisme, la crise, la défiance envers les élus, le délitement du lien social qui sont notre bain quotidien. « Continuer de considérer la citoyenneté comme une question subsidiaire ou anecdotique, c’est […] accepter la tendance de nos sociétés au séparatisme social, culturel et même ethnique. C’est la contestation des principes mêmes de la démocratie », écrivait Guillermo Martin.

Fabriquer du désir de citoyenneté

Nos propositions demeurent. Créer une fête nationale de la citoyenneté, symbolique et créatrice d’initiatives multiples, et une journée citoyenne (à l’exemple de Kingersheim) qui invite chacun à un travail collectif dans sa commune. Construire des agoras locales, en réponse à la forte quête de sens. Créer une véritable ingénierie de la concertation publique. Donner une voix aux sans-emploi. Instaurer le 1 % citoyen : part de budget pour l’initiative associative, le renouveau des pratiques démocratiques et citoyennes. Rétablir un service civique universel et obligatoire…

L’engagement citoyen, le mandat unique et renouvelable une seule fois, l’implication dans la vie locale sont nécessaires pour un accès du plus grand nombre à la gestion de la chose publique.

Ces propositions, sans doute incomplètes, servent une nécessité impérieuse : fabriquer du désir de citoyenneté, faire société. La citoyenneté n’est pas un statut accordé mais un mouvement de la personne vers la société, une relation à autrui. Un don réciproque.

Lors des récents rassemblements, les valeurs républicaines – liberté, égalité, fraternité, solidarité et laïcité – s’exprimaient avec confiance et sincérité. Cette relation sincère et confiante à la République s’est perdue entre représentants et représentés, pourtant unis par la démocratie pour gérer notre bien commun. Le parti de l’abstention est en plein essor, il est temps de repasser par la case « citoyen(ne) » et de retrouver le « bon » sens démocratique.