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Quartiers populaires

« Démunis », les professionnels souhaitent « redonner du sens » à la politique de la ville

Publié le 30/01/2015 • Par Hugo Soutra • dans : Actu prévention sécurité, France

Reçus dans la foulée des attaques des 7, 8 et 9 janvier aux ministères de la Ville puis à celui de l’Education nationale, les professionnels de la politique de la ville ont pu faire part à Patrick Kanner, Myriam El Khomri et Najat Vallaud-Belkacem de leur ressenti d’acteurs de terrain. L’IR-DSU et le réseau Amadeus réagissent désormais aux premières pistes de réflexion du gouvernement, notamment en matière de mixité sociale ou de réorientation des contrats de ville. Ils érigent en priorité la lutte contre les discriminations, la mobilisation du droit commun et la participation citoyenne.

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La réaction des professionnels de la politique de la ville aura été immédiate. Au lendemain de l’attentat frappant Charlie Hebdo, soit le jour de l’assassinat d’une policière municipale à Montrouge et la veille de l’attaque perpétrée contre un supermarché casher à Vincennes, le réseau Amadeus et l’Inter-réseaux du développement social urbain (IRDSU) étaient conviés à une réunion avec les ministres Patrick Kanner et Myriam El Khomri.

De retour au sein de leurs collectivités, tous ont ensuite ressenti le besoin d’échanger avec leurs agents œuvrant dans les quartiers populaires ainsi qu’avec les élus et les associations. Habitués à côtoyer les difficultés sociales et les phénomènes de déclassement, Patrice Allais se dit pourtant « démuni » face aux évènements récents.

« Comment des jeunes qui ont grandi auprès des institutions de la République, dans un quartier concerné par la politique de la ville puis via l’aide sociale à l’enfance, basculent ainsi dans l’extrémisme religieux ? » s’interroge ainsi le directeur général en charge de la cohésion sociale à Rennes Métropole et président d’Amadeus, réseau qui réunit d’autres directeurs de la politique de la ville et qui a publié un communiqué suite aux attentats.

Responsabilité globale – Bien entendu, ces évènements n’impactent pas directement et seulement la politique de la ville – en cours de réorientation vers la cohésion sociale et le développement économique – mais interroge plutôt l’action publique dans toute sa globalité.

« Nous qui nous considérons comme des agents de la transformation sociale et du changement, nous cherchons à comprendre toute rupture avec les valeurs républicaines » confie Etienne Varaut, vice-président de l’IRDSU. « La misère est ‘un terreau de’ mais c’est loin d’être le seul facteur explicatif de ce genre de passage à l’acte. Tout le monde devrait se sentir interpellé et faire un travail d’analyse et d’introspection. » A commencer par les élus et le gouvernement.

« Cela fait des années que nous alertons au sein du Conseil National des Villes (CNV) sur l’efficacité laissant à désirer de certaines politiques publiques nationales, notamment en matière de prévention de la délinquance et de la récidive. En vain, semble-t-il. Le fanatisme n’étant pas un phénomène nouveau, nous avons les moyens de réaliser le bon diagnostic puis d’agir. Néanmoins, la réflexion menée par le gouvernement doit s’inscrire dans la durée, sous peine de rééditer les mêmes erreurs que dans le passé et se retrouver une nouvelle fois à côté de la plaque avec des solutions simplistes » insiste ce réseau composé de professionnels en charge de la politique de la ville mais aussi de chargés de mission éducation, prévention de la délinquance ou lutte contre les discriminations.

Mixité sociale – Aujourd’hui soucieux de revoir « les politiques de peuplement » pour favoriser la mixité  sociale, le gouvernement peut donc à-priori compter sur le soutien des professionnels… qui ne lui donne pas carte blanche pour autant.

« Sans souscrire à l’emploi très connoté du terme « apartheid » qui risque de renforcer la stigmatisation de ces quartiers et les humiliations qu’ils subissent déjà, nous constatons au quotidien une énorme  ségrégation spatiale et sociale : le communautarisme peut bien évidemment être dangereux pour la République, mais n’oublions pas que ce phénomène concerne d’abord et avant tout l’existence de ghettos de riches. Notre plus gros chantier de citoyen reste donc de nous battre contre la ségrégation des consciences » alerte Etienne Varaut.

Lutte contre les discriminations – Craignant effectivement une montée des amalgames vis-à-vis des individus d’origine maghrébine et/ou de confession musulmane susceptible de provoquer « une coupure entre deux mondes », Patrice Allais regrette le faible écho rencontré au sein de l’Etat par la lutte contre les discriminations : « les commissions pour la promotion de l’égalité des chances et de la citoyenneté (COPEC) n’existent plus dans certains départements, ou sont en sommeil. »

Ce cadre de Rennes Métropole (38 communes, 406 700 habitants) enjoint ses collègues, après le prochain comité interministériel de lutte contre les inégalités programmé début mars, de « s’assurer de la mise en œuvre concrète des objectifs qui seront fixés, ce qui n’a pas toujours été le cas, notamment après les émeutes de 2005. »

En finir avec les discours creux ? – « Arrêtons de dire ce qu’est la République de façon descendante, alors qu’elle est à plusieurs vitesses voire n’existe pas pour toute une partie des Français. Les gens ne vivent pas que de discours et ont aussi besoin d’actes, de voir les beaux principes proclamés à longueur de journée se concrétiser » plaide le vice-président de l’IRDSU. Pour cela, le gouvernement peut faire confiance aux collectivités territoriales et aux associations pour y contribuer.

« Le niveau local est à la croisée des compétences, ce qui peut se révéler très utile pour imaginer, par exemple, des temps périscolaires consacrés à la laïcité ou encore créer des modules d’éducation aux médias et aux réseaux sociaux » explique Patrice Allais. Toutefois, cela nécessite une meilleure coordination des politiques publiques au niveau local et la mise à disposition d’argent public.

Mobilisation du droit commun – « Que ce soit à travers les crédits de la politique de la ville ou le droit commun, il est urgent de maintenir et pérenniser les associations de quartier, les secteurs de la médiation sociale, de l’animation jeunesse ou de la prévention spécialisée. Il faut leur donner les moyens de s’occuper de leurs publics. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils n’ont pas quelques réformes de fonctionnement à mettre en place au préalable » soutient-il.

Pour sa part dubitatif sur l’ajout d’un quatrième volet intitulé Citoyenneté et laïcité aux contrats de ville – une réponse « technocratique » qu’il ne juge pas « à la hauteur des enjeux, alors que ces objectifs sont à inscrire au cœur des projets de cohésion sociale et urbaine » –, Etienne Varaut estime que « notre premier devoir est de redonner du sens politique à la politique de la ville comme aux autres politiques publiques. Ce qui implique de réinterroger nos modes de pensées, nos objectifs et de bâtir un projet de territoire disposant d’une vraie stratégie de cohésion sociale.»

Participation citoyenne – En ce qui concerne la méthode, ce chef de projet en Seine-Saint-Denis préconise là encore un retour aux fondamentaux de la politique de la ville, à savoir, faire participer les citoyens aux discussions et aux actions. « A l’heure où nous répétons notre attachement à la liberté  d’expression, n’ayons pas peur des débats et des désaccords et clarifions notre définition de la laïcité, interrogeons-nous sur l’application de l’égalité républicaine dans les quartiers populaires comme ailleurs. »

Sur le dossier de la radicalisation islamiste, « développer vigoureusement le pouvoir d’agir des habitants – dont la grande majorité est profondément républicaine –permet de développer le « mieux vivre-ensemble » et de contrecarrer les forces extrémistes et antirépublicaines. Il est urgent et nécessaire de s’attaquer à ces groupes qui organisent des réseaux communautaires à notre place et à celle des associations, et exploitent la misère sociale ou psychologique pour vendre leurs discours fanatiques. En tant que professionnels attachés aux valeurs républicaines et au service public, nous sommes prêts à nous lancer dans cette lutte démocratique.»

Cet article fait partie du Dossier

Quand les attentats bousculent les politiques de cohésion sociale

Sommaire du dossier

  1. Le logement aux premières loges du plan pour l’égalité et la citoyenneté
  2. Laïcité, éducation, ville : les acteurs locaux réagissent
  3. « Accélérons de toute urgence les réponses sociales » – Gilles Leproust, Ville et Banlieue
  4. Mixité sociale : la solution miracle qui cache les vrais enjeux
  5. « On érige entre « eux » et « nous » le mur qu’on cherche à abattre » – Thomas Kirszbaum
  6. Après les attentats, les élus locaux veulent infléchir la politique de la ville
  7. « Démunis », les professionnels souhaitent « redonner du sens » à la politique de la ville
  8. Comité interministériel à l’égalité et à la citoyenneté : que faut-il en attendre ?
  9. « Contre l’exclusion, mobilisons les politiques publiques et les énergies dans les quartiers ! » – Profession Banlieue
  10. Réussite éducative : les professionnels réagissent au plan gouvernemental
  11. «Les élus doivent avoir une approche nouvelle face à la radicalisation », Roger Vicot, président du FFSU
  12. Les éducateurs de rue promeuvent une «politique de prévention éducative et sociale de la radicalisation»
  13. France Médiation appelle à « une véritable politique de prévention sociale »
  14. « Le mouvement d’éducation par le sport est un vrai terrain d’insertion des jeunes »
  15. Après les hommages aux victimes du terrorisme, les quartiers populaires réclament un débat de fond
  16. Le territoire, « machine à trier les jeunes » ?
  17. Carte scolaire : « il faut sortir du découpage communal » et « impliquer le privé » – Marco Oberti, sociologue
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