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STATUT DE LA FONCTION PUBLIQUE
Casser le statut de la fonction publique : une idéologie ou une réelle méconnaissance ?
Auteur associé | France | Opinions | Toute l'actu RH | Publié le 26/01/2015

L’article paru sur « lagazette.fr » le 12 novembre [1] est une nouvelle confirmation que la méconnaissance peut inciter à des réactions étroites, avec une tendance à suggérer la fin, l’éradication de la chose méconnue. Pour beaucoup d’élus, le statut est une chose, au mieux représentée sous la forme d’un carcan, qui paralyse l’action publique et contrarie leur nécessaire désir d’efficacité.

Au compte de la méconnaissance, espérons-le, on notera ces idées reçues sur la rigidité du statut qui « impose des quotas de promotion » condamnant les collectivités à être d’éternelles victimes du principe de Peter, ou encore cette complainte sur une rémunération « imposée par l’Etat » alors que les régimes indemnitaires autorisent des marges importantes de nuances dans la détermination des traitements.

Quant à l’idéologie, aveuglante par définition, elle empêche de voir ce que représente réellement le statut, et pas seulement pour les agents qui, si l’on en croit les mêmes élus, profitent égoïstement de règles et de dispositions en contradiction bloquante avec la vertueuse décision politique.

Neutralité précieuse – Il est fâcheux d’oublier que le statut permet, outre la garantie de l’équité au sein des effectifs, d’assurer une neutralité particulièrement précieuse là où de nombreuses actions ou politiques publiques sont menées en partenariat avec le monde de l’activité privée.
Il est tout aussi dommage d’imaginer que le statut est le coupable idéal, condamné en lieu et place de l’absence de vraie politique de ressources humaines.

Il est enfin malheureux d’oublier que le statut ne retire rien aux prérogatives des élus et qu’il leur reste loisible de mettre en place un management courageux, ainsi qu’une gestion de carrières qui n’aurait rien d’une fatalité.

La croyance en une efficacité accrue par le simple fait d’une démolition du statut relève du dogme. Il est illusoire de penser que la solution repose sur le recours à des vacataires, sans projet ni perspective, donc sans motivation pourtant bénéfique pour la collectivité. Entretenir sciemment la précarité ne ferait que dégrader considérablement le niveau de service rendu et serait totalement contre-productif.