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INTERVIEW
« Face à la complexité de la réforme territoriale, les élus doivent se rapprocher des citoyens »
Sophie Le Gall | Actu juridique | France | Publié le 22/12/2014

Julia Mouzon, fondatrice de Femmes & Pouvoir, répond aux questions de La Gazette, suite à la publication, par l'organisme de formation pour les élus et les cadres d'un livre blanc des « 15 propositions pour renforcer le lien entre élu-e-s et citoyen-ne-s ».

Julia-Mouzon [1]

Pourquoi ce thème vous a-t-il semblé particulièrement d’actualité ?

Aujourd’hui, les citoyens ne savent plus à qui s’adresser, ni qui fait quoi. Le millefeuille territorial était déjà complexe, avec la réforme territoriale, il semble encore plus incompréhensible. On apprend que les départements vont disparaître, puis, peut-être, perdurer en milieu rural. La création des métropoles entraîne un changement d’échelle. Les compétences vont passer d’une collectivité à une autre…

Déjà aujourd’hui les élus expliquent qu’ils doivent souvent réorienter des personnes qui pensaient pourtant avoir frappé à la bonne porte. De plus, des affaires à l’échelle nationale, je pense aux affaires Cahuzac ou Thevenoud, font peser la suspicion sur l’ensemble des élus, ont érodé le lien entre les Français et leurs représentants. Ces derniers ont tout intérêt à montrer qu’ils sont plus accessibles et plus investis qu’on ne le croit, du maire au député.

Le livre blanc [2] regroupe des pratiques de terrain pour renforcer ce lien. Parmi ces expériences, qu’est-ce qui vous paraît le plus efficace ?

Les nouveaux outils de communication – comme le tchat régulier avec le maire – semblent être un bon support. Ces outils permettent d’aller chercher certains publics, je pense aux jeunes en particulier, sur leur propre terrain. Des collectivités se sont essayées avec succès à Snapchat, une application de partage de photos et de vidéos, par exemple des photos de commissions municipales, qui peuvent ensuite être reprises par les adolescents dans leurs cours d’éducation civique.

Dans un tout autre genre, les expériences de « mairie hors les murs » fonctionnent bien. Il ne s’agit pas d’aller seulement sur le marché, ce qui n’est pas spécialement original, mais de se déplacer sur les lieux de vie et de passage des citoyens, comme la médiathèque ou à la Poste. On peut aussi retenir les idées des balades urbaines, à la redécouverte du territoire, réunissant, de façon informelle, élus et administrés, ou le tirage au sort des membres des conseils de quartier qui permettrait de renouveler ces instances.

Vous proposez également de repenser le management des administrations. Quel impact dans la relation avec les citoyens ?

Les services administratifs représentent souvent le premier contact avec le public, ils véhiculent l’image de la collectivité. Ils jouent donc un rôle essentiel dans cette relation. Les élus peuvent être tentés de considérer les agents comme des exécutants des choix politiques ou d’être peu présents lors de temps particuliers que sont les périodes pré électorales laissant de côté le quotidien de la collectivité. Nous voulons les inciter à adopter un management en « mode projet » avec des objectifs et des délais clairement établis, associés à une évaluation interne. Avec, en perspective, l’amélioration du service rendu.