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FORMATION

Qui sont les futurs managers publics (ou pas) ?

Publié le 05/12/2014 • Par Sabine Blanc • dans : France, Toute l'actu RH

Sciences-po Lille et l’école de commerce de Nantes Audencia ont ouvert en 2012 un master Management des politiques publiques qui débouche aussi bien sur des carrières dans le public que le privé. Si la fibre du public est bien présente parmi les étudiant-e-s, une grande majorité se dirige vers le privé. Reportage à Lille, pendant leur dernière session de cours.

3 sur 20. Non, ce n’est pas le classement du très récent master Management des politiques publiques de Sciences-po Lille et l’école de commerce Audencia dans un quelconque palmarès. C’est le nombre d’étudiant-e-s qui feront leur stage de fin de cursus dans le public. Les autres partiront pour beaucoup dans des cabinets de conseil travaillant pour le public.

Qu’une partie se dirige vers le privé n’est pas aberrant : la formation a comme objectif “de faciliter l’acquisition d’une double compétence pour des diplômés destinés à faire une carrière de cadres dans les secteurs public et privé, les organisations internationales, les ONG et les institutions européennes”, alors que l’intégration de la culture de l’entreprise est une antienne depuis l’introduction massive du new public management (NPM) dans les années 80.

Que le déséquilibre soit tel est bien étonnant, et encore plus ses causes. La première est bêtement financière, alors que le partage de l’addition du repas de fin d’année avec leur professeur tourne au débat acharné, entre ceux qui voudraient diviser le total par le nombre de repas, et ceux qui veulent payer en individuel car la première solution pourrait léser leur maigre compte de quelques euros : le secteur public paye ses stages pour 436 euros réglementaires par mois – autrement dit, si vous n’avez pas de plan logement à Paris, à part faire une évaluation de politique publique sur l’hébergement d’urgence in vivo, c’est compliqué – tandis que le privé en offre trois fois plus.

“Le public se lie les mains en se privant de profils intéressants”, déplore Guillaume. Louis fait partie des exceptions, il sera à Bercy, à la direction du budget, car outre une envie bien ancrée d’aller dans le public, “le paramètre financier n’entrait pas en compte” dans son choix.

“Cadenassé par l’ENA et l’INET”

Les étudiants regrettent aussi que les carrières qui les intéressent soient réservées aux très sélectives filières royales. “Je suis attaché au service public, témoigne Guillaume, qui a entre autres fait un stage en conseil général, mais les recrutements sont en voie de raréfaction, c’est cadenassé par l’ENA et l’INET. J’aurais pris la territoriale si j’avais pu choisir.”

Faute de territoriale, mais aussi par goût, il rejoint groupe CGI, cabinet conseil spécialisé dans le numérique. Des cabinets conseils, il apprécie “la variété des missions : quand on nous appelle, c’est qu’un projet est en cours. Il y a moins de routine, sans que ce terme soit négatif pour moi.”

A tort ou à raison, le public est parfois perçu comme plus “plan plan”, pour reprendre le terme d’Ophélie, qui part à la BPI, car il y a “plus de flexibilité dans le privé.”

“Lors de mon stage en EPCI, renchérit sa voisine Céline, qui s’oriente vers le ministère de la Défense avec une thèse en tête, on faisait les 35 heures : ce n’est pas attractif, on a envie de s’investir, d’avoir le sens du projet qu’on mène ! Mais ce n’était pas la norme culturelle. Ce fonctionnement était peut-être particulier à mon service…”

Clément penche pour sa dernière hypothèse : “Cela dépend du niveau de qualification, de hiérarchie et des missions Je travaillais à l’URSAFF, mon chef partait à 20 heures et envoyait ses premiers mails à 7 heures.”

Perméabilité des univers public et privé

Pour le reste, la facilité avec laquelle ils trouvent des stages, fort appréciée, traduit la perméabilité des deux sphères, à plusieurs niveaux. Elle passe par le biais de la classique commande publique, sous ses versions anciennes classiques, ou ses plus récents montages avec les controversés partenariats public-privé.

Alexandre a la vingtaine juvénile prématurément vieillie aujourd’hui par un costume sombre “pour un entretien de stage” précise-t-il, dans un cabinet d’avocat spécialisé dans les contrats avec le public qui irait très bien à son profil juridique. Réponse “vendredi”, et en attendant, il plonge sa main dans un saladier de frites made in ch’tis. Le groupe CGI a trouvé Guillaume intéressant car l’entreprise voudrait travailler davantage avec le public et doit donc mieux comprendre ce marché.

Et quand on part dans le public, s’être frotté au privé est vu comme une force et vice-versa : “le service public n’est pas présenté en école de commerce, regrette Ophélie, or on ne peut plus opposer public et privé. Ce master est un moyen de faire tomber les préjugés, et il vaut mieux le faire avant, nous confrontons les points de vue, de façon ouverte. Sinon on pense que le public, ce sont des marxistes et le privé des traders”, plaisante-t-elle. Sa voisine Céline renchérit : “les politiques publiques sont faites aussi pour le privé.”

“Je pense que la plupart feront un passage dans le public, mais sera-t-il définitif ?, je ne sais pas, analyse Nicolas Matyjasik, le directeur du master. Les cabinets de conseil leur offrent la possibilité de développer une expertise qu’ils pourront ensuite valoriser dans le secteur public. Majoritairement, ils sont tous intéressés par la chose publique, c’est juste une question d’opportunité.”

Les consultants “acteurs légitimes de la réforme de l’Etat”

L’autre gros vivier d’emploi, ce sont les cabinets conseils spécialisés dans les évaluations de politiques publiques (EPP), un sujet largement abordé par la formation.

“Il y a environ 1000 EPP par an, leur rappelle Nicolas Matyjasik, auteur d’une thèse sur le sujet. Les consultants sont les premiers à faire des évaluations, il y a eu création d’un marché dans les années 80, et ils sont devenus des acteurs légitimes de la réforme de l’Etat.” Et les collectivités territoriales sont les premières concernées, souligne-t-il, d’abord parce qu’elles ont des obligations légales en la matière, et parce que le périmètre plus circonscrit de leur action facilite cette tache ardue. “Le CNFPT a créé un poste de chargé d’évaluation”, illustre-t-il.

Certains étudiants ont failli faire leur stage chez les gros acteurs du marché, les “big four”. “Alors Jean-Nicolas, vous allez chez Ernst and Young finalement ?”, lance le professeur. Jean-Nicolas, jeune militant socialiste au chic duo polo siglé – pantalon beige, précise qu’il a préféré éviter cette case. Sourires aussi quand le professeur évoque le cas de Clément qui a “snobbé Deloitte”. Traduction, il n’est pas allé à un premier rendez-vous.

Distance

Sous la plaisanterie, cette anecdote illustre bien la distance que les étudiants ont avec les termes et concepts issus du privé qui ont pénétré la sphère publique. A commencer par la performance : “C’est le mot qu’on a le plus entendu cette année”, rigole Alexandre. Ce dernier cours dédié à la critique du NPM suscite des remarques : “Lors d’un entretien dans un hôpital, j’ai été choquée que le directeur ait employé le mot ‘client’ pour des patients”, lance une camarade. Nicolas Matyjasik rebondit : “Hier, lors d’un débat à France stratégie, un participant a parlé de ‘client premium’ du service public.” Benjamin lance : “Mais personne ne lui a rien dit ?” “Je ne suis pas d’accord avec ce terme de ‘client’”, rajoute Nicolas Matyjasik, qui ne fait pas vraiment partie du fan club du NPM, même s’il précise à ses élèves : “je ne suis pas anti NPM”.

“Pourquoi les hauts fonctionnaires de droite et de gauche ont souscrits au NPM ?”, s’interroge encore Jean-Nicolas. “Comme l’a démontré Philippe Bezes, c’était une question d’opportunité de carrière, et il faut savoir aussi que ces hauts fonctionnaires évoluent dans un réseau international où le NPM fait son chemin.”
“On peut dire que c’est une déclinaison dans l’administration de ce que Marcel Gauchet appelle l’économisation de la société”, rebondit l’étudiant.

Dans ce contexte, la modernisation de l’action publique (MAP) ne laisse guère d’illusion et le privé n’a rien d’un repoussoir diabolique. “Les cabinet de conseil sont un poste d’observation privilégié des mutations du public, estime Guillaume. On maquille l’Etat avec des mots qui n’ont pas grand sens, comme ‘choc de simplification’. On n’a pas vraiment réfléchi à ce qu’on attend de l’élu et de la puissance publique, on l’attaque par le petit bout de la lorgnette, par l’outil, en oubliant le sens. C’est le principal reproche que je fais à la MAP.”

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Commentaires

Qui sont les futurs managers publics (ou pas) ?

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JACQUES

06/12/2014 10h21

Où est l’erreur ?
Pourquoi les hauts fonctionnaires de droite et de gauche ont souscrits au NPM ?”,

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