Réforme territoriale

Alain Rousset contre le transfert des routes et des collèges aux régions

Par • Club : Club Techni.Cités

Lors du congrès de l’Assemblée des départements de France, ce vendredi 7 novembre à Pau, le président de l’Association des régions de France Alain Rousset s’est, à titre personnel, opposé à l’octroi, à son échelon, de compétences aujourd’hui assurées par les conseils généraux.

« Je ne suis pas favorable, en tant que président de la région Aquitaine, au transfert des collèges et des routes. Les collèges ont un lien avec les communes et la proximité. Est-ce le rôle de la région d’aller déneiger les routes de Corrèze ? Je ne le crois pas », a déclaré le président de l’Association des régions de France, Alain Rousset (PS), lors du congrès de l’Assemblée des départements de France (ADF), ce vendredi 7 novembre à Pau.

Une prise de position qui a aussitôt créé l’évènement. André Viola (PS), président du groupe majoritaire de gauche à l’ADF, a saisi la balle au bond. « On aurait tout intérêt, a-t-il souhaité, à aller porter ensemble cette conviction à Matignon avant le débat parlementaire sur le projet de loi NOTRe (NDLR : portant Nouvelle organisation territoriale de la République). ». Et André Viola d’ajouter en guise de geste de bonne volonté : « Il y a une logique à ce que les régions, déjà en charge des TER, se saisissent des transports inter-urbains que nous assumons aujourd’hui. » « C’est toute l’idée du développement durable, avec les trames vertes et bleues », a abondé Alain Rousset.

La spécialisation en question –Ce consensus peut-il aussi se traduire par un statu quo sur les transports scolaires que le gouvernement entend également confier aux régions ? « Je ne sais pas », a sobrement répondu Alain Rousset.

Bien davantage que les présidents de conseils généraux présents à Pau, le leader de l’ARF milite pour une spécialisation des compétences. Cela passe, à ses yeux, par l’attribution aux régions du leadership dans le domaine économique.

La plupart des élus départementaux ne contestent pas ouvertement cette mesure-phare du projet de loi NOTRe. Cependant, à l’instar du président (Divers droite) du conseil général de l’Aube Philippe Adnot, ils entendent fortement l’amender. « Je revendique le droit à l’initiative et à la subsidiarité, car nous sommes dans ma région les seuls intervenants dans le secteur de l’économie et du numérique. C’est nous qui, dans l’Aube, avons aussi créé une université avec l’Etat », a rappelé le patron de conseil général.

« La voie de la sagesse » – Alain Rousset s’en est pris « à la consanguinité » de Philippe Adnot, à la fois sénateur et patron de département. « En dehors de Claudy Lebreton, les présidents de conseils généraux veulent souvent que rien ne bouge », a-t-il ensuite glissé à La Gazette.

Dans son discours de clôture du congrès de Pau, le leader de l’ADF s’est voulu, malgré tout, optimiste. « On est sur la voie de la sagesse et de la raison. Que de chemin parcouru depuis le discours de politique générale de Manuel Valls sur la suppression du conseil général. Les mots « évaporation » et « dévitalisation » n’ont heureusement plus cours », s’est félicité Claudy Lebreton qui ne se représentera pas au printemps à la présidence du conseil général des Côtes-d’Armor et donc, par voie de conséquence, à la tête de l’Assemblée des départements de France.

Haro sur « l’idéologie de la métropolisation »

Au lendemain du discours rassurant de Manuel Valls sur leur maintien, les départements qui n’accueillent pas de métropole, ont relevé la tête. Mieux, ils se sont rebiffés face à la baisse des crédits d’Etat. « Certains territoires qui ont eu du caviar pendant des années, alors que nous mangions des rutabagas, nous demandent de nous serrer la ceinture et de stopper nos lignes à grande vitesse, s’est insurgée la sénatrice et présidente (PS) du conseil général de la Haute-Vienne, Marie-François Pérol-Dumont. Depuis le triangle d’or parisien, la Cour des Comptes dit la même chose. Quelle indécence ! »

Le département, phare des invisibles –Un propos qui est entré en écho avec l’allocution, la veille, du président de l’Assemblée des départements de France. Devant le Premier ministre Manuel Valls, Claudy Lebreton avait fait siennes les thèses de Christophe Guilluy sur la fracture entre les métropoles et la France périphérique. Il avait notamment cité le géographe pour qui « le département est l’institution visible des gens invisibles ». « Nous sommes le rocher dans la tempête de la crise », avait-il ajouté.

Un discours largement partagé à droite. « Le choix délibéré de privilégier les grandes métropoles met fin à la politique d’aménagement du territoire », s’était notamment élevé le leader du groupe de la  Droite, du centre et des indépendants, le sénateur et président (UMP) du conseil général de la Haute-Marne, Bruno Sido. Un sillon qu’a creusé aussi le géographe François-Gérard Dumont.
« La loi « Pasqua » de 1995 avait prévu un schéma national d’aménagement du territoire qui n’a jamais été publié. Madame Voynet, quand elle a été ministre, a même supprimé cette disposition », a-t-il déploré. « L’idéologie de la métropolisation, qu’il ne faut pas confondre avec le phénomène de métropolisation, consiste à passer par pertes et profits le gros du pays le plus vaste et le plus divers d’Europe », a poursuivi Gérard-François Dumont.

Paris et le désert français – Sans totalement adhérer à ce propos, Alain Rousset (PS), président de la région Aquitaine a vanté le rôle polycentrique de sa collectivité : « J’ai inauguré quatre usines depuis la rentrée. Il n’y en pas une qui était à Bordeaux. »

Fidèle à ses fondamentaux, il a, avant tout, fait le procès du centralisme.  « Tout est concentré dans la capitale », a-t-il fustigé. Pour lui, « ça n’a pas changé depuis Paris et le désert français », classique de la pensée provincialiste publié voici 67 ans par Jean-François Gravier.

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Commentaires

1  |  réagir

08/11/2014 09h46 - logatetu

c ‘ est sûr qu ‘ il ne peut pas se payer des missions folkloriques en Chine , et un vrai schéma directeur des RD , d ‘ une grande REGION , mieux vaut réaliser de belles RD , ravitaillées par les corbeaux et des déviations de 2 fois 2 voies ,
de 5 kms , avec 4 échangeurs dénivelés , pour un village de 500 habitants , à cause
d ‘ un seul virage dangereux ! ça fait un beau créneau de dépassement mais un peu cher , alors qu ‘une 3 voies , bien gérée , comme en SUISSE , aurait suffi pour 4400 v/j !
sans faire du centralisme décidé depuis l ‘ arche de la défense , les GRANDES REGIONS , éviteront ces gaspillages , avec des cartes routières compréhensibles !
En l ‘ an , 2000 , lors de l ‘ ultime transfert des RN ordinaires , le département de la MOSELLE , a hérité de routes nationales , en mauvais état , avec des crédits
d ‘ entretien , inférieurs , à ceux qu ‘ il consacrait à ses RD , on appelle ça les transferts de charges ! en fait , c ‘est du vol ! que de hiatus , entre RD , à 2 fois 2 voies , avec moins de 10 000 v/j , et les ex – RN , à 2 fois 1 voie , avec plus de
10 000 v/j , avec des marquages effacés et les fameux panneaux « trous en formation » , qu ‘ on voit aussi , sur les 2 fois 2 voies , de la honte , gratuites et mal entretenues par l ‘ ETAT !
le péage généralisé , payé par les usagers , est la seule solution , pour homogénéiser toutes les autoroutes !
Le département de la MOSELLE , a mis 20 ans , pour effacer les lubies d’ un X – pont , qui avait inventé les « axes verts » , non reliés entre eux , et correspondant seulement à de grands travaux , même l ‘ IGN , s ‘ était fait piégée en les cartographiant , perturbant le seul réseau vert , des routes reliant les villes de + de 23 000 habitants !
Ce que je viens d ‘ écrire ne servira à rien , car la réforme territoriale est mort – née ,
à cause des 550 000 élus archaiques , incapables d ‘ oublier leurs habitudes sclérosantes et leurs avantages acquis !
il aurait fallu 3 filiales : un ETAT allégé , ne contrôlant plus les COLLECTIVITES TERRITORIALES ( ca , cc , cu , pp ) , , a priori , 8 à 12 REGIONS , fusionnées avec les départements et 2500 COLLECTIVITES TERRITORIALES , fusionnées avec les 36769 communes !
organigramme décidé par le président de la république , puis décliné jusqu ‘ aux communes , mais pas l ‘ inverse !
chaque filiale aurait eu son autonomie , avec des missions et des moyens propres
dans le respect de la politique générale , qui reste à inventer !
les déparetements ruraux ne doivent pas devenir des villages d ‘ ASTERIX , au contraire , ils ont besoin des villes ! j ‘ habite dans un village , de 1200 habitants , qui a encore 2 agriculteurs , et qui avait été une commune fusionnée en 1969 , avec la ville limitrophe de 41 000 habitants : « nous sommes choyés et jalousés par les urbains  » ! mais il y a des économies à faire , comme la suppression d ‘ une ligne de BUS , pour un ou deux passagers , ainsi que du transport scolaire , dans un village où aucun habitant n ‘ est à plus de 600 ml de l ‘ école !
les GRANDES REGIONS , permettront d ‘ atténuer les particularismes locaux !

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