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INSERTION
L’entrée en formation, talon d’Achille du dispositif des emplois d’avenir
Sophie Le Gall | France | Toute l'actu RH | Publié le 06/11/2014

Une récente étude de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) indique qu'au bout d'un an, seul-e-s 43% des jeunes dans le dispositif ont suivi une formation. Une faiblesse qui pourrait mettre en difficulté celles et ceux qui ne seraient pas embauché-e-s à la fin de leur contrat.

L’étude de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), « Les emplois d’avenir. Des contrats longs en faveur des jeunes en difficultés » [1], vient préciser le profil des jeunes en emploi d’avenir et les caractéristiques de cet emploi. Le dispositif a atteint sa cible : 41 % des jeunes n’ont pas de diplôme, 83 % ne sont pas bacheliers et 36 % résident dans une zone prioritaire (un département d’outre-mer, une zone urbaine sensible ou une zone de revitalisation rurale). L’objectif de stabilité est également respecté avec des contrats longs, précisément 56 % pour une durée de 3 ans, sous forme de CDD et à près de 90 % à temps complet dans le secteur non marchand.

Peu de métiers innovants et porteurs – Mais l’action de formation semble, elle, plus fragile. « au bout d’un an, 43 % des jeunes entrés en emploi d’avenir avant juin 2013 ont réalisé au moins une formation », souligne l’étude. Egalement, l’étude précise que « les métiers exercés s’avèrent sensiblement les mêmes que dans les autres contrats aidés » alors que le dispositif devait se développer dans des secteurs innovants et créateurs d’emplois, comme l’environnement, et sur des métiers dits « passerelles », soit transposables du secteur non-marchand vers le secteur marchand. Ces deux points posent la question de l’avenir professionnel pour les jeunes qui ne seraient pas embauchés à l’issue de leur contrat par la collectivité et qui n’auraient pas de diplôme à faire valoir. L’objectif même du dispositif, qui est de faciliter l’insertion professionnelle aux jeunes parmi les plus éloignés de l’emploi, ne semble donc pas encore atteint sur cette question de la formation.

Le CNFPT rassure – Jérémy Blazquez, en charge des emplois d’avenir au CNFPT, assure que « dans les collectivités, les jeunes entrent en formation au bout de cinq mois » et que « 27 000 des 40 000 bénéficiaires actuels ont, à ce jour, été formés par le CNFPT ». Une action de formation qui correspond, pour la moitié, à la formation proposée à tout entrant dans la FPT, et, pour l’autre moitié, à une formation professionnelle. Il précise, qu’effectivement, la demande de formation a été très forte sur les métiers traditionnels de la FPT, comme agent de restauration, sur les métiers de l’animation, en lien avec la réforme des rythmes scolaires, et reste « marginale » sur des métiers émergents.

Par ailleurs, l’étude la Dares se basant sur des chiffres arrêtés en juin 2014, Jérémy Blazquez suggère de refaire un bilan dans quelques mois car « c’est actuellement que l’effort de formation engagé par les employeurs est le plus intense ». De son côté, le ministère du Travail estime que « c’est à la sortie du contrat que l’on pourra apprécier le respect des engagements de formation », et souligne que « l’ensemble des conventions signées prévoient au moins une action de formation ».

Ce lundi 3 novembre 2014, l’Assemblée nationale a adopté [2] la création de 45 000 emplois aidés supplémentaires dans le projet de budget 2015, dont  15 000 emplois d’avenir. Le coût de cette mesure s’élève à 480 millions d’euros avec une enveloppe de 15 millions d’euros pour accroître les moyens des missions locales en vue de l’accompagnement et du suivi des emplois d’avenir. « Dans un contexte de persistance d’un chômage élevé », le ministre du Travail François Rebsamen a déclaré qu’il accueillait « favorablement » cette décision. Au 24 septembre 2014, le gouvernement avait atteint l’objectif des 150 000 contrats en emploi d’avenir qu’il s’était fixé (dont 28 % au sein des collectivités), engagement n°34 du candidat François Hollande.

REFERENCES


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