Fermer

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Menu

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Bibliothèques : faut-il avoir peur de Google ?

Publié le 16/12/2009 • Par Hélène Girard • dans : Dossiers d'actualité

Les bibliothèques n’ont pas les moyens d’assurer la numérisation de leurs collections en quelques années. Google leur propose de le faire gratuitement, en échange d’une exclusivité commerciale de 25 ans et de la propriété des fichiers.

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

Cet article fait partie du dossier

Les chantiers et défis de la lecture publique

750 millions d’euros. C’est la part des 4,5 milliards de crédits collectés dans le cadre du grand emprunt pour le haut-débit qui sera consacrée à la numérisation du patrimoine des bibliothèques, des musées et du cinéma. Nous allons monter un grand partenariat public-privé, tout en gardant la maîtrise de notre patrimoine. Il n’est pas question de laisser ce patrimoine partir, a précisé le président de la république, le 14 décembre, en annonçant les priorités du grand emprunt. Allusion claire à Google, qui offre ses services aux grandes bibliothèques du monde entier pour numériser leurs fonds patrimoniaux et les mettre en ligne.

Les arbitrages financiers étant faits, reste la question de fond : une bibliothèque publique peut-elle s’allier à un opérateur comme Google ? Si oui, quelles doivent être les modalités de l’accord ?
Le ministre de la culture attend « à la mi décembre », l’avis de la commission ad hoc [la commission a rendu son rapport le 12 janvier 2010, ndlr] qu’il a mise en place le 26 octobre, et présidée par l’ancien président de France Télévision, Marc Tessier. De son côté, Matignon devrait recevoir, le 1er avril, les conclusions de la « mission » confiée à l’ex ministre de la culture Christine Albanel sur le livre numérique, avec un volet consacré aux « propositions de numérisation faites aux bibliothèques publiques par des entreprises comme Google ».

Une affaire de coûts
Tant de précautions reflètent-elles une grande inquiétude ? Force est de constater que les enjeux sont colossaux.
La bibliothèque municipale de Lyon (BML, Rhône), deuxième pôle patrimonial de l’écrit après la Bibliothèque nationale de France (BnF), a signé le 2 février 2008 un marché négocié de services, avec la firme de Mountain View. Une première en France, accueillie avec réserve par la profession.

La Cité des Gaules veut ainsi s’assurer, en dix ans, la numérisation, en mode texte et en mode image, de 500 000 de ses 2,4 millions de documents anciens, l’opérateur récupérant en échange la propriété des fichiers numériques et une exclusivité de 25 ans pour leur exploitation commerciale.
Seule, la BML aurait besoin de plus d’un siècle pour mettre en ligne la bibliothèque alors que c’est en ce moment-même que se dessine à l’échelle planétaire le paysage numérique du patrimoine culturel et que les populations expriment de légitimes attentes, fait valoir son directeur Patrick Bazin dans un argumentaire.

Dans un rapport de 2009 sur la gestion de la BnF, l’Inspection générale des finances (IGF) a rappelé ce que coûtent les campagnes de numérisation : une moyenne de 43,7 euros par ouvrage, dans le cadre des marchés dits « de masse », auquel s’ajoute, en amont, la restauration préalable de certains documents, et, en aval, le stockage et la conservation à long terme des données numériques « qui représentent des charges élevées et récurrentes. ».

La BnF consacre actuellement 60 postes en équivalents temps plein à la numérisation de ses collections, et six à sept millions d’euros de crédits, abondés en grande partie par le Centre national du livre. Mais elle peine à soutenir le rythme pour passer d’une cadence de numérisation de 6000 à 100 000 ouvrages par an.
L’IGF a donc encouragé la BnF à se rapprocher de Google. L’annonce, l’été dernier, de prémices de négociations a déclenché un tollé dans les milieux culturels. Depuis, dans l’attente des conclusions de la commission ad hoc, la BnF a fait savoir qu’elle suspendait les discussions.

La solution Google est tentante, mais à terme elle fait courir des risques pour l’intérêt public, s’alarment douze des dix-sept associations adhérentes à l’Inter-association archives-documentation-bibliothèques (IABD). Analyse dont les principaux auteurs sont Christophe Perales, vice-président de l’ADBU (Association des directeurs et des personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation), Michel Fauchié, président de l’ADDNB (Association pour le développement des documents numériques en bibliothèque), et Michèle Battisti, chargée du droit de l’information à l’ADBS (Association des professionnels de l’information et de la documentation).

Leur manifeste détaillé – signé notamment par les associations des bibliothécaires de France, des professionnels de l’information musicale, des directeurs de bibliothèques départementales de prêt, des archivistes français – dénonce, entre autres, la contrepartie que s’assure Google : « l’exclusivité sur l’indexation des contenus ».
Il [Google, ndlr] se place dans une situation de monopole pour l’exploitation des fichiers issus de la numérisation et va à l’encontre des principes de libre accès à l’information et à la connaissance que nous défendons, s’insurge Dominique Lahary, porte-parole de l’IABD et directeur de la BDP du Val d’Oise.

La BML de Lyon a obtenu de disposer d’une copie de chaque fichier et de pouvoir télécharger, à tout moment, via un accès dédié, les ouvrages numérisés, pour consultation (usages internes ou services aux usagers).
Par ailleurs, dans un courrier adressé le 26 novembre à Georges Képénékian, adjoint au maire de Lyon, en charge de la culture, l’opérateur rappelle que la BML pourra coopérer avec d’autres institutions culturelles publiques, et notamment verser des œuvres dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF, et dans Europeana, son homologue européen.

L’appropriation des oeuvres orphelines ou épuisées
Mais Google ne vise pas que les fonds patrimoniaux, libres de droits. Dans son manifeste, l’IABD dénonce le cœur du problème, qu’elle considère comme irréductible : la main-mise, via Google Livres, sur le marché des œuvres épuisées et orphelines [lire l’encadré].
Ces dernières, dont nul ne connaît les ayant-droit ne peuvent pas être diffusées numériquement, ni par les éditeurs, ni par les bibliothèques. Or, l’IABD rappelle que 75% du corpus de Google Livres sont constitués d’œuvres épuisées, orphelines ou de statut incertain. Ces ouvrages sont aussi présents en grand nombre dans les projets de numérisation de Google pour les années à venir.

L’IABD estime que les termes du règlement conclu, aux Etats-Unis, entre Google, les auteurs et les éditeurs (en attente de validation par la justice américaine) reviennent à reconnaître à l’opérateur « un droit exclusif » pour les numériser, diffuser et commercialiser, « empêchant tout autre acteur public ou privé d’agir dans ce domaine. »

L’IABD observe que cet accord pourrait, à terme, être étendu à l’Europe, pour éviter qu’une part importante de son patrimoine ne soit accessible que depuis le territoire américain. Les bibliothèques pourraient d’autant plus être intéressées par un accès à Google Livres que le règlement de Google inclut quelques dispositions en faveur des bibliothèques : installation d’un (seul) poste de consultation gratuit et système d’abonnement. Offre que l’inter association qualifie de « dérisoire », pour les publics des établissements culturels, d’enseignement et de recherche. »

Entre autres dangers liés à l’offensive de Google auprès des bibliothèques, les auteurs du manifeste de l’IABD pointent également « l’instauration d’un nouveau marché inélastique (ndlr : sans rapport avec l’état de la demande) ». Car, vu l’absence de concurrence, Google pourra faire monter les enchères pour donner accès aux ressources académiques. Un phénomène que subissent déjà de plein fouet les bibliothèques universitaires, confrontées au monopole de fait qui régit le marché de l’édition électronique de l’information scientifique et technique (IST).

Divergences de vues
Cinq associations de l’IABD n’ont pas signé le manifeste. Nous ne voulons pas opposer dans ces termes le public et le privé, et condamner toute expérimentation en cours ou à venir, explique, par exemple, l’Association des directeurs de bibliothèques de grandes villes, dont le vice-président, est le directeur de la BML. En revanche, nous récusons par avance toute situation de monopole dans le domaine de la diffusion de la connaissance, dont on ne peut mesurer les conséquences.

Les bibliothèques sont-elles condamnées à devoir choisir entre Google ou le sous-développement numérique ?
Pas du tout ! Il existe une solution alternative, c’est Europeana, rétorque l’IABD qui a fait les comptes : la bibliothèque numérique européenne propose déjà – gratuitement – 4 millions de documents dans leur intégralité (contre 1 million des 10 numérisés par Google). Ce qui lui manque encore, ce sont des œuvres récentes toujours sous droit d’auteur. D’où l’urgence de libérer ces droits sur l’ensemble des œuvres françaises orphelines et épuisées. Ce que l’IABD suggère de financer par une partie des crédits issus du grand emprunt.

Les œuvres orphelines sortent de l’ombre

« Une œuvre protégée et divulguée, dont les titulaires de droits ne peuvent être identifiés ou retrouvés, malgré des recherches avérées et sérieuses ». Telle est la définition donnée par la Commission spécialisée sur les œuvres orphelines du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique (CSPLA), dans son rapport du 19 mars 2008.
En conséquence, faute d’autorisation, elle ne peut pas être exploitée. Les recensements préalables aux campagnes de numérisation ont mis au jour ce phénomène, qui inquiète leurs promoteurs privés ou publics. Cela peut être très paralysant, constate Dominique Lahary, porte-parole de l’Inter association archives-bibliothèques-documentation (IABD).
Par définition difficilement quantifiables, les œuvres orphelines se comptent, de l’avis des professionnels, par millions. Le phénomène prend une ampleur différente selon les secteurs : le CSPLA l’estime importante pour l’écrit et l’image, beaucoup moins pour l’audiovisuel, le cinéma et la musique.
Pour l’écrit, il peut s’agir aussi bien d’œuvres littéraires que d’ouvrages scientifiques ou pratiques. Il s’agit souvent d’un marché de niche, « dont les tirages modestes n’ont pas d’intérêt commercial évident, mais dont l’accessibilité accrue peut être cruciale pour la recherche », précise l’IABD. [retour à l’article]

1 Réagir à cet article
Prochain Webinaire

Initier et piloter une démarche de transformation par le cloud : l’exemple de Radio France

de Capgemini

--
jours
--
heures
--
minutes
marche online

Aujourd'hui sur les clubs experts gazette

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Bibliothèques : faut-il avoir peur de Google ?

Votre e-mail ne sera pas publié

aldo k

12/03/2010 11h00

nos fonds patrimoniaux constituent une partie de notre identité culturelle donc je pense que cela doit rester une propriété nationale. il nous appartient d’en faire la diffusion mais pas à un acteur étranger

Commenter

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement