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Protéger les captages d’eau avec l’agriculture bio : la FNAB témoigne de son expérience

| Mis à jour le 26/08/2014
Par • Club : Club Techni.Cités

Zoran Pravdić - CC

La Fédération nationale d’agriculture biologique propose une boite à outils pour les collectivités locales voulant protéger les zones de captages d’eau en y développant l’agriculture biologique. Une solution pertinente, alors que la loi d’Avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt prévoit d’imposer le « zéro phyto » sur ces zones.

A l’heure actuelle, 12% de la facture d’eau est lié à la réparation des dommages liés aux pollutions agricoles. Pour les collectivités, les coût des traitements correspondant, lors de la production d’eau potable, sont très importants, quand ces dernières ne sont pas purement et simplement obligées de condamner certains de leurs captages d’eau. Chaque année, ce sont ainsi 400 captages qui ont été abandonnés – sur un total de 35 000 – entre 1998 et 2008.
Pour éviter d’agir sur le curatif, l’autre solution consiste à miser sur le préventif, en développant notamment l’agriculture biologique sur les périmètres de protection des captages et mieux encore, sur tout le bassin hydrographique alimentant un captage. Dans cette logique, la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB) organise, depuis 2010, un atelier pilote «Eau & Bio». Douze territoires participent au projet, de la collectivité territoriale au parc naturel régional.

Munich, le modèle allemand – Le projet s’inspire de l’expérience de la ville de Munich réputée pour ses terres agricoles biologiques. Depuis 1991, la ville de Munich encourage le développement de ce type d’agriculture à proximité de son agglomération. Sur 2250 hectares, 83% sont passés au bio. La municipalité aide les agriculteurs à hauteur de 280€ par hectare et par an, l’Etat abonde de 155€ /ha/an. Ce programme de soutien à un coût : 750 000€ par an à la ville, soit moins d’un centime d’euros par m3. Mais il est 27 fois moins élevé que celui des actions de dénitrification nécessaire à la potabilisation de l’eau, selon la société de distribution municipale des eaux de Munich (Stadtwerke München GmbH (SWM).
Le soutien financier de Munich s’accompagne d’une aide commerciale aux agriculteurs, la ville étant la première cliente des producteurs biologiques. De 23 agriculteurs bio en 1993, ils sont aujourd’hui 107 à approvisionner les écoles. Résultat sur la qualité de l’eau : la teneur en nitrates et en phytosanitaires ont chuté respectivement de 43% et 54%.

Les outils pour mieux s’engager – Pour aider les collectivités françaises à accompagner le changement, la FNAB a développé plusieurs outils de suivi : tableaux de bord, fiches descriptives et cahier des charges. Des solutions et des pratiques culturales bio sont décrites, comme l’alternance des cultures sur une même parcelle qui permet de limiter le développement des maladies et d’améliorer la structure du sol ; ou encore le maintien des surfaces en herbes qui réduisent les risques de ruissellement. La mise en place de ces évolutions peut d’ailleurs être subventionnée par les agences de l’eau.
Fin 2013, un premier bilan a été réalisé par la FNAB : huit des douze territoires pilotes ont atteint l’objectif, tandis que la surface utile agricole biologique est passée de 0 à 6% en trois ans d’action.
Afin de mener à bien le programme, de nombreux leviers ont été actionnés, comme l’accompagnement des changements de pratiques agricoles, l’appui à la structuration des débouchés de proximité, la mise en place d’aides incitatives par les opérateurs publics et privés des services d’eau, via des mesures agroenvironnementales dédiées (MAE) et la sensibilisation des acteurs non agricoles au «zéro phyto».
En guise d’exemple, la ville de Niort s’est impliquée, avec la FNAB, pour appliquer l’agriculture biologique sur les zones d’alimentation de ses captages. Les produits de cette agriculture alimentent les cantines scolaires de Niort et représentent les trois-quarts des aliments bio délivrés dans ces établissements. Au total, les produits bio représentent 20% de l’alimentation des scolaire (4000 par jour). « Au-delà de la santé et de la satisfaction des enfants, nous voulons, par ces achats alimentaires, participer à l’aménagement du territoire, en offrant des débouchés rémunérateurs à une agriculture écologique et pourvoyeuse d’emplois. Ainsi, nous faisons coup double avec la reconquête de la qualité de l’eau, produite et distribuée par une structure publique» déclare Franck Michel, adjoint au maire de Niort, en charge de la cohérence écologique.

Commentaires

1  |  réagir

26/08/2014 11h10 - Association Saint-Fiacre Loire-Baratte

Devant les factures environnementale et santé publique, l’agriculture bio devrait devenir la règle dans notre pays.

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