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Aménagement urbain

Recife, une agglomération victime de la Coupe du monde

Publié le 20/08/2014 • Par Victor Roux-Goeken • dans : A la une, France

Arena Pernambuco
Rafael Bandeira Exclusiva
Au Brésil, l’Etat du Pernambouc veut construire une « ville nouvelle » de grand standing autour du stade de la Coupe du monde de football, près de la capitale Recife. De la mauvaise gestion des deniers publics jusqu'à la spéculation immobilière et les déplacements de population, ce projet réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé, le plus visible de ceux portés dans la foulée du tournoi international, illustre tous les impacts urbains liés aux grands événements sportifs.

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Dans le Nord-Est du Brésil, l’Etat du Pernambouc veut voir émerger d’ici à 2025 une « smart city », la première d’Amérique du Sud, inspirée de la ville japonaise de Yokohama. Au milieu de la forêt atlantique, dans la municipalité de Sao Lourenço da Mata, à 20 kilomètres à l’ouest de la capitale Recife , cette ville nouvelle baptisée « Cidade da Copa » aura pour point d’ancrage le stade « arena Pernambuco », qui a accueilli cinq matchs de la Coupe du monde de football.

Le projet immobilier sera réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé par Odebrecht. Cette entreprise de BTP brésilienne, parmi les plus importantes, a construit deux autres stades du tournoi et rénové le stade de Maracanã, à Rio de Janeiro.

« Ghetto de riches » – Contrairement aux autres onze villes sièges du tournoi (*), le modèle choisi à Recife n’a pas été « que » celui d’un stade et de travaux de mobilité urbaine, explique Gilberto Pimentel, secrétaire exécutif des relations institutionnelles du secrétariat spécial de la Coupe du monde de l’Etat du Pernambouc. « Le territoire de la région métropolitaine de Recife est très limité », souligne-t-il. La croissance urbaine de cette ville littorale, bordée à l’est par l’Atlantique, se fait du nord au sud. « Il reste peu d’aires de développement urbain sur cet axe. La Coupe du monde a été vue comme le vecteur de création d’une nouvelle centralité, à l’ouest de la capitale. »

Outre le stade déjà construit, le terrain de la « Cidade da Copa », 240 hectares cédés par l’Etat du Pernambouc au constructeur, accueillera entre autres un complexe résidentiel de 4 500 logements, un centre administratif, des centres commerciaux et de conventions, un hôpital et un campus de l’université d’Etat du Pernambouc, fait savoir le groupe Odebrecht, qui sera chargé des travaux. 30 % du terrain seront dédiés à des espaces verts.

« Ce projet n’est absolument pas adapté au contexte brésilien », tranche l’urbaniste Ana Maria Filgueira Ramalho, professeure à l’université fédérale du Pernambouc. Enclavée dans une zone frontalière de deux autres municipalités à bas revenus – Jaboatao et Camaragibe – la « Cidade da Copa » sera un « ghetto de riches ». Elle a nécessité la modification du plan directeur de Sao Lourenço da Mata, qui prévoyait la construction de logements sociaux dans la zone. « En 2009, les habitants avaient fêté l’accueil de la Coupe du monde. Aujourd’hui, ils déchantent ! » affirme l’urbaniste.

Depuis l’annonce du projet, se sont multipliés les projets de « condominios », copropriétés fermées, qui tirent les prix du logement vers le haut dans la région. Sans compter l’expulsion de 330 familles, résidant depuis plus de trente ans dans les lieux, pour accueillir le projet. Au total, 3 000 familles ont été déplacées pour la réalisation des travaux liés à la compétition dans la seule région métropolitaine de Recife . 250 000 personnes sont concernées dans tout le Brésil.

Spéculation immobilière – Selon Christopher Gaffney, géographe américain spécialiste des stades d’Amérique du Sud, enseignant à l’université fédérale Fluminense, « le cas de Recife illustre à merveille comment les méga-événements sportifs, tels que la Coupe du monde ou les Jeux olympiques de Rio en 2016, ouvrent un front de spéculation immobilière ». Le chiffrage du montant de ce projet, annoncé comme multimilliardaire, est encore en cours, et « le stade en sera l’équipement le moins cher », prédit le géographe.

Avec un coût de 529,5 millions de réaux (177 millions d’euros), de 32 % supérieur aux prévisions, l’arena Pernambuco (46 000 places) n’est pas le plus cher des stades de la compétition. Sa gestion a été concédée pour trente-trois ans à Odebrecht, de même que quatre autres stades à des entreprises de BTP. L’arena présente aussi l’avantage d’être le stade de résidence de deux clubs d’envergure, ce qui n’est pas le cas des enceintes de Manaus, Cuiaba ou Brasilia, dont le destin après la compétition est incertain.

« Tous les investissements liés à la Coupe du monde ont été décidés d’une manière peu participative », estime Jorge Abrahão, directeur président de l’institut Ethos, qui s’est intéressé aux impacts de la Coupe du monde en matière de transparence et de participation du public. Le tournoi était présenté « comme la coupe des entreprises, 80 % venant du privé, et 20 % du public, rappelle-t-il. Or c’est l’inverse qui se produit. »

Aux collectivités de payer – A terme, ce sera aux collectivités de payer, entrevoit Christopher Gaffney. Le cadre législatif créé pour financer la Coupe du monde permet aux villes de ne pas respecter l’obligation d’équilibre budgétaire pour les projets réalisés au nom du tournoi. Les 11 milliards d’euros d’investissements liés à la compétition ont ainsi été financés à 85 % par le public, notamment par le biais des emprunts à la Banque nationale de développement économique et social. « L’argent dépensé dans les stades ne pourra plus l’être dans des infrastructures urbaines plus utiles », juge le géographe. Ce qui pénalise les projets d’aménagement urbain pour des années.

« Les villes n’ont pas la capacité technique d’utiliser l’argent disponible »

Barbara Rubim, coordinatrice « climat et énergie » de Greenpeace Brésil

« Le Brésil sait qu’il va accueillir la Coupe du monde depuis 2007. L’idée était que l’événement permette de laisser un héritage en matière de mobilité urbaine. En sept ans, le secteur a reçu plus d’argent que jamais. Pour utiliser ces crédits, les Etats et villes hôtes ont signé en 2010 une “matrice de responsabilité avec le gouvernement fédéral, qui liste les infrastructures jugées nécessaires à l’organisation du tournoi.

Seuls 42 des quelque 60 projets de mobilité urbaine promis sont finalement en passe d’être réalisés, selon un bilan fait par Greenpeace. 3 milliards de réaux [1 milliard d’euros, ndlr] ne seront pas investis. Environ 20 % de ces 42 projets restants ne seront pas prêts pour le tournoi. Et une grande partie ne concerne que les abords des stades, dans une inversion totale des priorités.

Brasilia a par exemple renoncé à son projet de tram pour se concentrer sur des travaux routiers. Manaus a abandonné ses deux seuls projets, Porto Alegre n’en a planifié que deux sur dix. C’est particulièrement décevant. Belo Horizonte est la ville la moins en retard. Le gouvernement a rendu l’argent disponible, mais sait que les villes n’ont pas la capacité technique de l’utiliser pour ces projets. Il n’a assumé son rôle qu’à moitié. »

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