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Patrimoine

Récolement : un inventaire stratégique pour les musées

Publié le 19/08/2014 • Par Hélène Girard • dans : A la une, France

Eric Blanchegorge
Bell
Pour l’Association générale des conservateurs de collections publiques de France (AGCCPF), la rentrée et les mois à venir s’annoncent chargés en dossiers lourds d’incidences pour l'avenir. Son président, Eric Blanchegorge, conservateur en chef et directeur des musées de Troyes (Aube), détaille pour La Gazette les enjeux. 1er volet de cet entretien : le récolement décennal, obligation légale que beaucoup de musées peinent à mettre en œuvre. Un travail qui doit être mis au service de la diffusion des collections pour Eric Blanchegorge.

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Le premier récolement décennal, prévu par la loi « musées » du 4 janvier 2002 se solde par un échec dans la mesure où nombre des musées n’ont pas été en mesure de respecter cette obligation légale, qui devait être remplie au plus tard le 12 juin 2014. Cette opération consiste à localiser les objets inscrits sur le registre d’inventaire du musée, à en vérifier le marquage, la documentation et l’état. Elle assure, en quelque sorte, la traçabilité des biens mobiliers des musées. Cependant, au-delà des impératifs du calendrier, cette opération se poursuit, tandis que les professionnels, les collectivités et l’Etat s’attachent à tirer les enseignements de cette première expérience. Tour d’horizon avec Eric Blanchegorge, président de l’Association générale des conservateurs de collections publiques de France (AGCCPF), conservateur en chef et directeur des musés de Troyes (Aube).


Le premier récolement décennal a pris fin le 12 juin 2014, sans avoir été achevé dans beaucoup de musées. Le suivant a déjà commencé. L’Etat demande-t-il aux musées une mission impossible ?
Où en est le récolement dans les musées aujourd’hui ?
Qu’est-ce que les opérations de récolement ont mis en lumière ?
Pourquoi beaucoup de musées ont-ils besoin de s’adjoindre des compétences supplémentaires pour procéder au récolement ?
Face à cette situation, qu’ont décidé les collectivités concernées ?
Et qu’a décidé l’Etat ?
Que retirent les professionnels de cette expérience pour ce qui est des missions de leurs institutions ?
Comment y parvenir, vu l’ampleur de la tâche que vous décrivez ?
Ce danger n’est-il pas renforcé par la montée en puissance du numérique, comme mode de diffusion des connaissances ?
Comment écarter ce danger ? 
L’Etat alimente déjà diverses bases de données. Qu’en pensez-vous de cette démarche ?
Où en est la réflexion globale au sujet du récolement ?
L’AGCCPF est-elle porteuse d’une telle demande ?
Parlez-nous de cette démarche autour du livre blanc…

Le premier récolement décennal a pris fin le 12 juin 2014, sans avoir été achevé dans beaucoup de musées. Le suivant a déjà commencé. L’Etat demande-t-il aux musées une mission impossible ?

Ces dizaines de millions d’objets qu’il faut récoler sont certes une priorité de la profession, car il s’agit de la bonne tenue des inventaires. C’est une obligation inscrite dans la loi « musées » [loi du 4 janvier 2002 relative aux musées de France, ndlr]. Ces dernières années l’Etat a beaucoup insisté sur cette priorité. De la même façon que lui-même s’y est attaché pour ses propres collections. L’Etat a consenti auprès des collectivités des efforts financiers sous forme de subventions pour qu’elles remplissent cet objectif légal. Vaille que vaille, une bonne partie des collectivités s’est soumise à cette obligation. Cependant, il faut savoir que pour chacun des musées de France, quelle que soit sa taille, le récolement se compte en milliers, en dizaines de milliers, voire en centaines de milliers d’objets ! Il arrive qu’on atteigne les millions, et cela n’a rien d’exceptionnel. Nous devons réfléchir à ce qui justifie un tel effort de nos institutions et comment le mettre en cohérence avec leurs missions fondamentales.

Où en est le récolement dans les musées aujourd’hui ?

Sur les quelque 1200 musées labellisés, plusieurs dizaines, voire davantage, n’ont encore rien commencé, faute de tout personnel dédié. Car cette démarche implique à la fois des connaissances scientifiques et administratives. Une grande partie des autres, comme certains musées de l’Etat d’ailleurs, n’ont pas terminé ce récolement décennal. Car cela demande un temps considérable, mobilise des moyens très importants, ceci alors même que nous devons continuer à faire vivre nos institutions. La profession a donc parfaitement ressenti la nécessité de ce travail, mais aussi son caractère phagocytaire si on veut le réaliser dans de bonnes conditions. [Retour en haut]

Les pleurants du tombeau de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, exposition Larmes d’Albâtre au musée du Moyen-Âge de Cluny en 2013.

Les pleurants du tombeau de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, exposition Larmes d’Albâtre au musée du Moyen-Âge de Cluny en 2013. Les œuvres proviennent du Musée des Beaux-Arts de Dijon.

Qu’est-ce que les opérations de récolement ont mis en lumière ?

Elles ont montré que les musées de France, quoiqu’ils obéissent aux mêmes règles et à la même loi, sont très loin d’être dans la même situation au regard des inventaires. Beaucoup n’en ont même pas, au sens légal du terme, c’est-à-dire un inventaire à 18 colonnes et selon la forme prévu par le décret 2002-852 du 2 mai 2002. Par ailleurs, la situation des collections inscrites à l’inventaire est également hétérogène. Beaucoup de collections n’ont jamais été inventoriées, soit partiellement, soit en totalité, pour les raisons les plus diverses. Bref, le récolement a démarré sur une base qui n’avait rien d’homogène. Résultat : les opérations de récolement ressemblaient soit à un véritable récolement, c’est-à-dire qu’on vérifiait effectivement l’inventaire, parce que ce dernier existait et était bien tenu, soit on faisait tout depuis le début, c’est-à-dire l’inventaire et le récolement de A à Z.

Pourquoi beaucoup de musées ont-ils besoin de s’adjoindre des compétences supplémentaires pour procéder au récolement ?

Récoler demande des compétences, difficiles à réunir en une seule personne, sachant reconnaître un coquillage, un tableau, un objet archéologique, une monnaie, etc. C’est donc, de fait, l’occasion de corriger des erreurs anciennes. Or, étant donné l’historique, souvent chaotique, des différentes institutions, et leur ancienneté – plusieurs centaines de musées ont plus de cent ans – nous sommes face à un travail de Titan. A cela s’ajoute la définition précise de ce qu’on doit récoler : que fait-on des collections non inscrites à l’inventaire ? Que faire de celles qui le sont de façon « abusive » ? [Retour en haut]

Face à cette situation, qu’ont décidé les collectivités concernées ?

Trois options possibles s’offrent à elles : dégager du temps des personnels en poste sur certaines tâches, pour leur permettre de se consacrer au récolement ; recruter du personnel vacataire dédié exclusivement à cette opération ; recourir, pour l’ensemble du récolement ou pour une collection spécifique, aux prestations de services contractualisées auprès de fournisseurs, ou d’experts « free-lance », issus de l’université. Mais toutes les collectivités n’ont pas pu dégager les moyens nécessaires.

Et l’Etat ?

L’Etat s’est attaché à obtenir de chaque musée un plan de récolement, visé par le conseil municipal, puis, un bilan annuel de l’application de ce plan de récolement, voté aussi en conseil municipal. Bref, il s’agit de donner aux professionnels des musées, tous les éléments pour s’inscrire dans un cadre parfaitement légal. Il n’en reste pas moins que nous sommes face à une difficulté persistante, qui s’explique par la fréquente faiblesse numérique des équipes, ou l’isolement du professionnel de musée sans équipe, l’impossibilité, pour la collectivité, de dégager des moyens financiers. D’autant que les aides de l’Etat ne dépassent pas 20% de subvention quand elles existent.

Que retirent les professionnels de cette expérience pour ce qui est des missions de leurs institutions ?

Face à la valeur et à la connaissance accumulées sur ces objets – objets de sciences, de témoignages de la nature, d’œuvres d’art, ou d’objets historiques, etc. – , sa justification ne peut être que de porter à la connaissance du plus grand nombre, les informations réunies à cette occasion. Que les objets soient exposés matériellement ou transformés en bases de données, mises en ligne pour l’univers entier, peu importe, le résultat est le même : faire connaître. Tout type de mise à disposition doit être recherché, qu’il s’agisse du grand public ou des chercheurs.

Comment y parvenir, vu l’ampleur de la tâche que vous décrivez ?

L’inadéquation des moyens à l’ampleur de la tâche fait que les professionnels risquent d’être trop concentrés sur des listings. Alors, la diffusion des collections sous toutes ses formes n’apparaît pas comme le but ultime. Le danger est de sacrifier le fond de l’opération – la mise à disposition de tous ces objets au profit de tous nos publics – pour la forme – avoir des inventaires administratifs conformes à la loi. C’est un point capital qui touche le cœur de nos métiers. [Retour en haut]

Musée d'Aquitaine - Bordeaux

Musée d’Aquitaine – Bordeaux

Ce danger n’est-il pas renforcé par la montée en puissance du numérique, comme mode de diffusion des connaissances ?

Pas exactement ! Penser le récolement implique de concevoir simultanément la mise en accessibilité des données du récolement. Car récoler signifie identifier, photographier les objets, les mesurer, etc. Il y a donc un apport de connaissances accrues sur les objets. On va constater que les objets sont là, ou pas, dans quel état ils se trouvent, faire le point sur ce que l’on sait sur eux. Et si tel objet est en mauvais état de conservation, il faut faire un constat d’état et envisager une restauration. Aujourd’hui, la numérisation et la mise en ligne sont le moyen le plus sûr pour que ces connaissances soient accessibles, comme le sont les registres d’état civil sur les sites des services d’archives. Penser le récolement n’est pas seulement donner des subventions pour engager quelques personnes afin d’étudier des médailles ou des coléoptères, c’est aussi voir l’Etat aider à la médiation des connaissances ainsi réunies.

Comment écarter ce danger ?

L’arrivée à son terme théorique du premier récolement décennal doit être l’occasion d’en dresser un bilan : quel musée l’a fait, ne l’a pas fait, sur quel pourcentage de ses collections etc. Bilan que fait l’Etat d’ailleurs. Mais, il faut aller plus loin, en tirant un enseignement de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Il faut non seulement concevoir des plans de récolement, mais aussi des plans de diffusion.

L’Etat alimente déjà diverses bases de données, comme Joconde sur les collections des musées de France, Palissy sur les objets mobiliers, Mérimée sur les monuments historiques, Gallica, pour la Bibliothèque nationale de France

Certes, mais ces bases de données actuelles ne disposent plus que de quelques professionnels pour les alimenter. Alors, il y a un goulot d’étranglement. Par ailleurs, ces bases sont adaptées à une diffusion savante, mais sont peu accessibles au grand public. On y trouve beaucoup de choses, mais le non spécialiste n’aura pas les bons mots-clefs, et le vocabulaire adapté. Or faute du bon vocabulaire – celui avec lequel ont été décrits les objets recensés dans la base – on ne trouve rien, ou seulement par hasard, ou alors avec trop de réponses. Que va faire l’internaute de tout ça ? Il faut prendre en compte d’autres dimensions de la diffusion et de la mise en ligne pour un public non averti. Jusqu’à présent les efforts de l’Etat et des collectivités pour le récolement ont porté sur les tâches d’identification des objets, de saisie informatique, etc. Mais pas – ou très peu – sur la diffusion des connaissances vers le plus grand nombre. C’est un sujet essentiel pour l’avenir d’institutions comme les nôtres. [Retour en haut]

Où en est la réflexion globale à ce sujet ?

Il y a une réflexion nationale. De plus, beaucoup de régions essayent de développer des portails avec les associations de conservateurs. Comme il n’y a pas d’exigences légales particulières, cela reste soumis à la bonne volonté des politiques et des professionnels. Cela a abouti à des portails de types très différents d’une région à l’autre. Il existe des portails généralistes avec des informations sur les musées ; certains sont constitués de bases de données où l’on peut consulter des fiches d’inventaire, voir des expositions virtuelles etc. Tout cela est une conjonction de bonnes volontés et de moyens croisés : Etat, régions, départements, communes, les professionnels rassemblées ou pas en association,. Mais cela reste conjecturel. Rien n’est institutionnalisé au point d’apparaître comme une organisation légitime devant perdurer dans le temps. Rien n’oblige les collectivités à créer ce type de portails ou de bases de données régionales, et même, rien ne les oblige à diffuser les résultats de l’inventaire.

L’AGCCPF porte-t-elle une telle demande ?

Nous pensons que cela serait légitime. Cela fait partie du travail de révision du livre blanc que notre association a publié en 2010. La version de 2010 évoquait déjà la problématique du récolement (1). L’évolution d’internet, et la façon dont le public appréhende toute information aujourd’hui, exige de nos institutions qu’elles soient en mesure de répondre à cette curiosité du public.

Parlez-nous de cette démarche autour du livre blanc…

Nous allons produire une deuxième version révisée, pour porter l’ensemble des revendications des professionnels des musées. Ce travail a commencé au sein du conseil d’administration. A partir de septembre, nous y associerons les sections fédérées. Nous voudrions travailler à l’actualisation de ce document en 2014-2015, afin de publier sa mise à jour en 2016. Six ans entre deux versions d’un livre blanc nous paraissent un délai raisonnable.

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Commentaires

Récolement : un inventaire stratégique pour les musées

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LM

20/08/2014 11h29

Bonjour,
La loi « musées » du 4 janvier 2002 ne semble plus valable (les articles abrogés). Quels sont les textes de loi en relation avec ce sujet aujourd’hui ?
Merci

Sabine Blanc

20/08/2014 12h48

Bonjour, vous trouverez plus de références légales dans cet article.

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