Déchets

Gestion des déchets : difficultés…et inventivité modèle dans les îles

| Mis à jour le 13/06/2014
Par • Club : Club Techni.Cités

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Pour traiter leurs déchets, les îles doivent au maximum réduire les transferts coûteux vers le continent, et recycler sur place. Ce côté vertueux peut-il inspirer le continent ? Illustration notamment avec l’île d’Yeu.

A l’île d’Yeu (4 562 hab., Vendée), le centre de transfert a succédé en 2012 au centre d’enfouissement technique, fermé sur injonction préfectorale. Il expédie 6 000 tonnes par an de déchets sur le continent, mais la commune a déjà travaillé à réduire ses volumes.

Economie circulaire – L’île a enfin ouvert une déchetterie en décembre 2012. Surtout, elle valorise désormais ses gravats et déchets verts. Suite à la signature en novembre 2013 d’une convention tripartite entre l’île d’Yeu, le Syndicat départemental d’énergie et d’équipement de la Vendée (Sydev) et Trivalis, le syndicat mixte de traitement des déchets du département, les déchets sont concassés et criblés sur le site de l’ancien CET par Trivalis et revendus (24 € HT la tonne) pour des chantiers sur l’île menés par la commune ou le Sydev (enfouissement de lignes électriques ou téléphoniques par exemple). « Si cela venait du continent, ce serait trois fois plus cher », complète Véronique Taraud, directrice du service environnement de l’île d’Yeu.

De plus, les fines issues du criblage sont valorisées en terre végétale pour les particuliers et services municipaux. Quant aux déchets verts, « ils sont broyés également sur le site de l’ancien CET et revendus aux particuliers et entreprises islaises sous forme de compost (35 € TTC le mètre cube). Pareillement, les souches d’arbres sont coupées et revendues en bois de chauffage (10 € TTC le stère) », détaille la directrice. Une plateforme de compostage est en projet pour rationaliser le recyclage.

Enfin, la commune étudie la possibilité d’une collecte sélective des biodéchets auprès des gros producteurs, en vue d’une valorisation avec Trivalis par une mini-unité de méthanisation : « Mais il faut trouver un exutoire : un Ehpad, une piscine… ? », note Olivier André, responsable des services techniques de Trivalis.

Un plan déchets DOM-TOM ? – Pour rentabiliser les transferts de déchets en caissons vers le continent, la commune a acquis un godet broyeur qui permet « de ne pas payer de l’envoi d’air », selon Véronique Taraud. En revanche, l’île n’a pas mis en place la filière REP ameublement : « Envoyer des meubles tels quels nous coûterait beaucoup plus cher que de les envoyer compactés sur le continent, malgré les bénéfices tirés de l’éco-organisme », explique Véronique Taraud. Par ailleurs, pour diminuer les volumes mais aussi pour éviter les dépôts sauvages ou en bacs non ramassés par les vacanciers en partance, la commune a mis en place en juin 2013 un compacteur solaire (30 m3) près de l’embarcadère. Mais elle doit encore communiquer pour qu’il soit davantage utilisé.

Pour Nicolas Garnier, délégué général d’Amorce, il faut prendre en compte les problèmes spécifiques des îles et obtenir des financements supérieurs : « Pour les filières REP, il faut faire un plan déchets DOM-TOM ». Et de préconiser un regroupement international entre les îles caraïbéennes pour bâtir un outil industriel commun. « On a fait ces propositions au ministère de l’Ecologie », précise-t-il.

Inspirer le continent – Inversement, l’inventivité des îles peut-elle inspirer d’autres collectivités, continentales cette fois ? Les compacteurs solaires du type de celui de l’île d’Yeu pourraient en effet être utilisés à profit sur les stations touristiques littorales. Le concassage et criblage des gravats avant transport, lui, était déjà pratiqué auparavant à l’échelle départementale en Vendée. « La revente à des entreprises de travaux publics vendéennes limite le coût de traitement à 10-15 euros la tonne, ce qui équivaut au coût de mise en installation de stockage de déchets inertes », se félicite Olivier André. Globalement, « à l’heure actuelle, ajoute-t-il, l’île d’Yeu va plus loin que nous (ndlr : fines recyclés en terre végétale, souches valorisées, etc.) ». Cela pourrait préfigurer ce qu’il sera nécessaire de faire demain sur le continent.

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