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DOSSIER : Acte III de la décentralisation : la réforme pas à pas
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/231850/serge-morvan-homme-orchestre-de-la-reforme-territoriale/

NOMINATION
Serge Morvan, homme-orchestre de la réforme territoriale
Jean-Baptiste Forray | Dossiers d'actualité | France | Publié le 24/04/2014 | Mis à jour le 28/04/2014

Le nouveau directeur de cabinet d’André Vallini, secrétaire d’Etat à la Réforme territoriale, gardera ses fonctions à la tête de la direction générale des collectivités locales (DGCL). Un cumul qui fait de lui un interlocuteur incontournable sur le grand chantier cher à Manuel Valls.

Prêt à garder le directeur de cabinet d’Anne-Marie Escoffier, ministre déléguée à la Décentralisation sous le gouvernement précédent, le nouveau secrétaire d’Etat à la Réforme territoriale, André Vallini n’a pas eu le choix. Sur injonction de Matignon, André Vallini a dû se séparer de Laurent Olléon. Une façon, aux yeux de Manuel Valls, de marquer une rupture avec l’ère « Ayrault ».

Un « techno » très politique… – André Vallini a finalement arrêté son choix sur Serge Morvan. L’actuel directeur général des collectivités locales cultive un profil de « techno » au tropisme très politique. Cet administrateur civil hors-classe a été l’un des principaux architectes de la première loi de décentralisation du 28 janvier 2014.

Il possède, par ailleurs, une expérience de cabinet. Il a oeuvré auprès du ministre de l’Intérieur Daniel Vaillant entre 2000 et 2002.

Proche du PS, Serge Morvan a ensuite occupé les fonctions de directeur général des services au conseil général de Saône-et-Loire, puis de Seine-Maritime. Ce personnage à la fois discret et affable s’appuie sur des réseaux étoffés parmi les cadres territoriaux et les élus locaux. « Il était déjà le dircab-bis d’Anne-Marie Escoffier », éclaire le délégué général d’une association d’élus.

Le directeur de cabinet du secrétaire d’Etat à la réforme territoriale gardera ses responsabilités à la tête de la direction générale des collectivités locales. En clair, il exercera une mission politique, tout en tenant les rênes d’une administration centrale basée dans une aile du ministère de l’Intérieur, rue des Saussaies. Ce qui fait dire à certains hauts-fonctionnaires facétieux : « Comme cela, André Vallini aura, dans son cabinet, 180 conseillers techniques issus de la DGCL. » Du côté du secrétariat d’Etat à la réforme territoriale, on assure que ce cumul n’a rien d’inédit.

Nouvelle distribution des rôles – Cette situation pose cependant  la question de l’autorité de la ministre de tutelle du nouveau secrétaire d’Etat, Marylise Lebranchu. André Vallini est très officiellement chargé de la Réforme territoriale.
En place depuis 2012, Marylise Lebranchu, a obtenu que, dans son intitulé de poste, la décentralisation figure non plus à la deuxième place, mais à la première, devant la réforme de l’Etat et la fonction publique. Mais comment se déroulera la cohabitation entre le proche de François Hollande et l’ultime représentante du courant « Aubry » au sein du Gouvernement ?

Un familier de la rue des Saussaies évoque une possible marginalisation de la ministre : « Marylise Lebranchu ne voulait pas de secrétaire d’Etat. Elle en a un. Et, voilà, maintenant que celui-ci prend pour directeur de cabinet Serge Morvan qui a refusé l’an dernier de remplir les mêmes fonctions auprès d’elle… »

Marylise Lebranchu en a vu d’autres. Elle affiche une sérénité à toute épreuve. Par-delà les chapelles du PS, elle rappelle volontiers son unité de vue avec André Vallini.

Présidente de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains, elle avait pu compter sur le soutien du patron du conseil général de l’Isère. Tous deux avaient, en 2011, porté l’idée, auprès des candidats à « la primaire citoyenne », de l’introduction d’une part de suffrage universel sans fléchage pour les élections dans les intercommunalités de plus de 50 000 habitants.