Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement
Club prévention sécurité

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

icon Club prévention sécurité

Incivilités

Quand la médiation et la prévention de la délinquance embarquent dans les transports en commun

Publié le 14/04/2014 • Par Jean-Jacques Talpin • dans : Actu experts prévention sécurité, France

La hausse de la délinquance et des incivilités dans les transports collectifs urbains pèse sur l'exploitation des réseaux. Pourtant, des efforts importants, et parfois payants, sont effectués à tous les niveaux par les différents opérateurs locaux. La recette passe par le partenariat entre tous les acteurs pour garantir une sécurité maximale, mais aussi la médiation sociale ainsi que la prévention de la délinquance.

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

La question de la sécurité dans les transports urbains est une préoccupation croissante des transporteurs et des autorités organisatrices de transports (AOT). Un rapport de la mission permanente d’évaluation de la politique de prévention de la délinquance (MPEPPD) chiffre à 176 000 les faits de délinquance dans les transports collectifs en 2011.

Phénomène minime – S’il peut surprendre de prime abord, ce chiffre – qui représente tout de même 5 % de la délinquance déclarée en France – amène finalement les auteurs de ce rapport à relativiser et à dire que « la part des faits constatés dans les transports collectifs urbains paraît limitée » (1). Ramené à l’immensité des flux, l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP) recense en effet 0,38 agression par million de voyages.

« Cela relativise les choses, rassure Jean-Yves Topin, directeur de la sécurité au sein de Keolis. Après la progression sensible de 2010-2012, on enregistre une stabilité. »
« Il y a une tendance à l’amélioration », constate Bernard Rivalta, président du syndicat des transports de l’agglomération lyonnaise, tandis que les forces de l’ordre notent aussi une évolution favorable (- 4,2% en 2012).

1ère incivilité ? La fraude – Si les chiffres semblent meilleurs, il n’en va pas de même du sentiment d’insécurité qui reste plus élevé que la délinquance. Comme pour d’autre domaines que celui spécifique des transports, « le sentiment d’insécurité est déconnecté de la réalité » analyse-t-on à la SNCF.

Reste que cette question mobilise les pouvoirs publics : en avril 2010, Brice Hortefeux, alors ministre de l’Intérieur, a présenté un plan pour la sécurité dans les transports collectifs, et la Sncf et la Ratp ont renforcé leurs moyens de lutte contre l’insécurité.

Fort sentiment d’insécurité – Lorsqu’elle existe et qu’elle n’est pas simplement fantasmée, cette délinquance est d’abord marquée par les vols (60 % des faits) avant les agressions, les dégradations et la fraude. Le Groupement des autorités responsables de transport (Gart) chiffre à 500 millions d’euros, dont 100 dans les réseaux urbains, le manque à gagner annuel en raison de la fraude.

Celle-ci représente en moyenne 10 % des voyages (17 % à Lille après l’adoption de la billettique), même si Bernard Rivalta estime que « les réseaux la sous-évaluent souvent ». « Il faut s’attaquer à ce mal français, en particulier sur la tolérance à la fraude », commente le Gart.
Outre la prévention, de nombreuses réponses ont été apportées, notamment la montée par l’avant dans près de 70 % des bus.

« Ni policiers ni vigiles » – Face aux incivilités, les AOT et les transporteurs ont élaboré une politique de prévention et de médiation. « Notre rôle est de faire du transport, nous ne sommes ni policiers ni vigiles », explique Jean-Yves Topin. Une expérience de Keolis est désormais généralisée : commuer l’amende des fraudeurs en abonnement de transport obligatoire, procédé « vertueux » selon le Gart.

Autre réponse : la pédagogie afin de « souligner le comportement citoyen d’emprunter les transports publics ». Pour cela, les transporteurs engagent des campagnes d’éducation à la civilité, telle la Ratp avec « Restons civils sur toute la ligne ». Même mobilisation à Grenoble, Orléans ou Rouen. C’est également vrai à Châteauroux (45 500 hab., Indre), l’une des rares collectivités à avoir instauré la gratuité, il y a dix ans, sans hausse de la délinquance.

La gratuité, bonne ou mauvaise idée ? – « Au contraire, répond l’ancien maire (UMP) Jean-François Mayet, le sentiment d’insécurité était fort quand les bus étaient vides. Avec la gratuité, nous avons triplé la fréquentation, rempli les bus et réduit l’insécurité. »

La « petite » délinquance n’épargne pas le monde rural ou les transports scolaires. Dans les Bouches-du-Rhône ou en Haute-Garonne, les conseils généraux se sont ainsi tournés vers les collégiens pour leur rappeler quelques « règles comportementales » tout en créant des postes d’accompagnateurs scolaires. Pas de sécurité sans présence humaine ni médiation ! A chaque réseau, ses structures de prévention ou de médiation.

L’insertion, un investissement d’avenir – Des transporteurs participent à des activités sportives, à des stages dans des quartiers grâce à des conventions avec des structures comme Médialys et ses 190 médiateurs à Lyon. Tel est le cas à grande échelle à Lille ou à Rouen. « Cela représente 1 million d’euros, chiffre Bernard Rivalta, l’insertion est coûteuse mais c’est aussi un investissement ! »

Dans une motion adoptée le 7 mars, le Haut Comité pour la qualité de service dans les transports encourage d’ailleurs les transporteurs à généraliser la médiation.

La vidéoprotection, un outil universel ? – Des outils contribuent aussi à la lutte contre la délinquance : cabines anti-agression, portillon d’accès, géolocalisation. Equipement devenu indispensable dans les transports en commun, la vidéoprotection embarquée s’est généralisée dans la quasi-totalité des réseaux puisque, selon l’UTP, le taux d’équipement des bus est de 73 %.

« Les caméras satisfont tout le monde, insiste Jean-Yves Topin, le personnel, les clients et les forces de l’ordre, avec une efficacité qui n’est plus à démontrer. » Des villes, comme Lorient, résistent encore à la vidéoprotection dont le coût reste à la charge des AOT.

La sécurité, 10% des coûts – Pour équiper son réseau, l’agglo d’Orléans a dû débourser 2,2 millions d’euros. Une charge nettement plus importante à Lille quand il faut installer 3 800 caméras et des équipements de stockage ou de visionnage. « Si l’on ajoute la médiation et les équipements techniques de sécurisation, cela représente 10 % des coûts d’exploitation du réseau », précise François-Xavier Castelain, responsable « sûreté » de Transpole.

La sécurité passe aussi par la répression avec l’intervention des contrôleurs. « Ce métier change, insiste Jean-Yves Topin. Nous ne sommes plus là pour faire rentrer des amendes mais pour veiller à ce que les clients valident leur titre de transport. »

Les PM à la rescousse – Les polices municipales (PM) sont de plus en plus appelées à intervenir, même si elles restent encore en retrait. Seule l’agglo d’Orléans a franchi le pas avec sa police intercommunale des transports.
Dans d’autres réseaux, comme à Auxerre, Amiens ou Châteauroux, l’intervention est plus ponctuelle : la PM patrouille sur appels des chauffeurs ou des réseaux.

Dans ses recommandations, la MPEPPD demande aux agglomérations d’améliorer la coordination des PM et de s’impliquer « dans la mise en place d’une police intercommunale des transports ».

Des partenariats privilégiés – Depuis 2007, les AOT concourent à la prévention de la délinquance et se sont engagées dans des partenariats, notamment, au sein des conseils intercommunaux de sécurité et de prévention de la délinquance qui associent souvent les transporteurs.

Cette pratique est déjà ancienne, avec les contrats locaux de sécurité dans les transports (à Marseille, Lille, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, etc.) remplacés par des stratégies territoriales de sécurité et de prévention de la délinquance appuyées sur des observatoires locaux à Orléans, Strasbourg, Lille, Lyon ou Bordeaux.

Partenariat local – D’autres partenariats sont noués, comme entre Keolis et la police nationale. L’un des exemples les plus aboutis est celui engagé pour la ligne TER Aix-Marseille qui fait l’objet d’une stratégie de sûreté et de tranquillité pilotée par le préfet de police avec la Sncf, les forces de l’ordre, la justice, les médiateurs et bailleurs.

Avec des moyens humains (notamment une brigade de police des transports), ce partenariat porte ses fruits avec « une diminution extrêmement satisfaisante de 15 % de faits constatés en 2013 », selon Thierry Dupin, directeur de la zone « sûreté Sud » au sein de la Sncf.

La sérénité retrouvée ? – La plupart des réseaux connaîtraient, aujourd’hui, un climat apaisé. « En revanche, rien n’est jamais gagné, car les transports en commun ne sont pas coupés du reste de la ville, tempère Bernard Rivalta. Il faut une veille permanente avec de la prévention sociale, éducative, dissuasive et de la récidive. »

Certains réseaux craignent pourtant que la lutte contre cette délinquance soit une « course contre la montre permanente » qui mobilise toujours plus de moyens, notamment technologiques pour aller vers une « prévention 2.0 », comme le revendique Didier Schwartz, directeur de la sûreté à la Sncf.

Des forces et moyens disparates

La sécurisation des transports en commun mobilise nombre d’acteurs : la police nationale avec notamment les services interrégionaux de surveillance des transports en commun (à Lille, Lyon et Marseille), la gendarmerie et les polices municipales, les transporteurs et leur service de sécurité (la Suge pour la Sncf et le GPSR pour la Ratp) et les collectivités.

6 000 agents mobilisés – Au total, près de 3 400 agents de sécurité et 2 600 policiers et gendarmes sécurisent les transports en commun sans compter le personnel des transporteurs. Au niveau national, une structure mixte police-gendarmerie, l’unité de coordination de la sécurité dans les transports en commun, créée au sein du cabinet du directeur général de la police nationale, a pour mission de fluidifier les informations entre les forces de l’ordre et les transporteurs, de coordonner les actions, de diffuser les bonnes pratiques.

L’Observatoire national de la délinquance dans les transports rattaché au ministère du développement durable centralise les données.

Notes

Note 01 « La prévention de la délinquance dans les transports collectifs urbains : condition de la mobilité durable » de la MPEPPD de mars 2013. Retour au texte

Réagir à cet article Vous avez une question ? Posez-la à notre juriste

Nos offres d'emploi

Plus de 1000 offres d'emploi !

TOUTES LES OFFRES D'EMPLOI
marche online

Aujourd'hui sur le Club prévention-sécurité

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Quand la médiation et la prévention de la délinquance embarquent dans les transports en commun

Votre e-mail ne sera pas publié

Club prévention sécurité

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement