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Lecture publique

L’IGB veut créer une culture commune à l’école et aux bibliothèques

Publié le 14/04/2014 • Par Hélène Girard • dans : France

L’Inspection générale des bibliothèques (IGB) estime que les relations entre bibliothèques territoriales et établissements scolaires sont encore trop rares. Les cloisonnements entre les deux secteurs freinent la mutualisation de leurs ressource au bénéfice des jeunes. Pour le sociologue Claude Poissenot (Université de Lorraine), bibliothécaires et professeurs-documentalistes ont comme point commun de proposer aux jeunes un accueil personnalisé et dégagé d'enjeux de notation.

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Dans un rapport diffusé depuis mars 2014, l’Inspection générale des bibliothèques (IGB) déplore les « cloisonnements institutionnels et professionnels » qui séparent les bibliothèques territoriales (municipales et départementales) des établissements scolaires (écoles, collèges, lycées). Ces deux secteurs sont animés, d’un côté, par les bibliothécaires territoriaux, et, de l’autre, par les professeurs-documentalistes, en charge des bibliothèques-centres documentaires (BCD) des écoles, et des centres de documentation et d’information (CDI) des collèges et lycées. Deux professions qui ont fâcheusement tendance à s’ignorer.

Chemin de l’emploi. Pourtant, soulignent les auteurs – Dominique Arot, doyen de l’IGB et Thierry Grognet, inspecteur – « tous les partenaires concernés s’accordent à reconnaître que la maîtrise de l’écrit et le goût de la lecture constituent des éléments essentiels de la formation individuelle et intellectuelle de chaque personne et des atouts importants sur le chemin de l’emploi. » Il est donc dommage, que « les acteurs les plus compétents dans ce domaine, à savoir l’école et les bibliothèques, peinent à coordonner leurs contributions à cet objectif. »

Pour remédier à cette situation, l’IGB avance 8 recommandations. La proposition-phare du rapport concerne la formation : les auteurs préconisent de créer une « culture commune », grâce à des cursus de formation partagés. « Que savent, de manière précise, les bibliothécaires à propos des évolutions des stratégies d’apprentissages de la lecture à l’école élémentaire ? s’interrogent par exemple Dominique Arot et Thierry Grognet. Quel est le degré de connaissance chez les enseignants des richesses de la littérature jeunesse ? » Pour les deux inspecteurs, ces questions constituent d’ores et déjà deux axes pour élaborer des formations communes. Démarche qui devrait aussi intégrer les bibliothécaires et enseignants de l’enseignement supérieur.

Fossé. Historiquement, bibliothèques publiques et bibliothèques scolaires ont opté pour des positionnements «non interchangeables», avec leurs propres conceptions de la lecture – lecture-plaisir, pour les premières, lecture-apprentissage, pour les secondes – creusant ainsi un fossé encore persistant encore aujourd’hui.
 
Certes, toutes les bibliothèques publiques proposent aujourd’hui une section « jeunesse ». Seulement, ces sections, apparues dans les années 1960-1970, sont nées d’une prise de distance par rapport à l’école : pour proposer aux enfants une démarche individuelle et déconnectée des impératifs des programmes scolaires. Il s’agit d’ « encourager la pratique de la lecture dans des lieux autres que l’école et dans une optique culturelle et de loisir », affirme par exemple la médiathèque départementale de Seine-et-Marne dans une note de présentation citée par le rapport. Et de poursuivre : « La mission de la bibliothèque municipale doit compléter celle de l’école qui utilise le livre dans un intérêt purement pédagogique. »

Réforme des rythmes scolaires. Cependant, la situation ne semble pas devoir rester indéfiniment figée. De part et d’autre, certains professionnels jettent des passerelles les uns vers les autres, à la faveur de quelques expériences locales : organisation de révisions des examens (notamment le bac) au sein de bibliothèques municipales, développement de départements dédiés aux ouvrages pédagogiques et didactiques etc., démontrant, par l’exemple, le bénéfice que peuvent en tirer les jeunes. Reste que ces pratiques sont loin d’être largement répandues. Et si elles tendent à se développer à l’échelon de l’école primaire, elles restent rarissimes au niveau des collèges et lycées.  

Autre facteur susceptible de déverrouiller les cloisons : la réforme des rythmes scolaires, à l’œuvre depuis la rentrée 2013. Dans ce cadre, bibliothèques territoriales et bibliothèques scolaires sont appelées à s’engager dans des projets éducatifs. Cette réforme mobilise des moyens importants dans les collectivités et constitue pour les ministères de la culture et de l’éducation nationale un engagement commun. En conséquence, « une chance est à saisir », insiste l’IGB.

Ainsi, les professionnels doivent apprendre à raisonner à l’échelle de projets globaux. « Les bibliothèques et leurs responsables ont le devoir de s’insérer dans tous les projets transversaux autour du livre et de la lecture », martèle l’IGB. Il s’agit aussi de dépasser le seul cadre de la bibliothèque et de l’école pour s’insérer dans des projets impliquant tout lieu d’accueil des enfants et des jeunes : crèches, haltes-garderies, lieux périscolaires etc. D’autres conseils sont d’ordre plus pratique, comme le regroupement des achats au niveau des marchés publics de livres, ou l’introduction de liens entre les catalogues documentaires en ligne.

Les 8 recommandations de l’Inspection générale des bibliothèques, pour promouvoir la coopération entre bibliothèques territoriales et bibliothèques scolaires

  • Insérer les bibliothèques scolaires dans les réseaux de bibliothèques et de collectivités territoriales et dans les politiques locales de développement de la lecture
  • Ouvrir les portails informatiques des bibliothèques municipales et départementales aux catalogues des bibliothèques des écoles, des collèges et des lycées, quand ils existent
  • Proposer un lien vers les ressources documentaires physiques et numériques des BM et des BDP sur les catalogues des centres de documentation et d’information
  • Inclure à chaque fois que cela est réalisable, les écoles, les collèges et les lycées dans les marchés d’achats de livres des collectivités compétentes
  • Coordonner les animations autour du livre et en faire bénéficier chaque partenaire
  • Encourager et faciliter la création de services éducatifs au sein des bibliothèques
  • Développer les formations communes bibliothécaires/professeurs-documentalistes-enseignants en y impliquant les uns et les autres, à la fois comme formateurs et comme stagiaires
  • Confier à la Bibliothèque nationale de France une mission spécifique de développement de ressources pédagogiques en rapport avec ses collections
  • Créer un portail national regroupant toutes les offres et les initiatives développées sur tout le territoire par l’ensemble des partenaires (comme cela existe en Allemagne)

Visites scolaires : « un rituel contesté »

Le rapport de l’IGB pose un regard très critique sur les visites de bibliothèques organisées pour les élèves des écoles primaires. Un « rituel contesté », dont les effets n’ont jamais été réellement évalués faute d’en avoir défini les objectifs avec précision. Ces visites constituent malgré tout le point de contact le plus fréquent entre écoles et bibliothèques municipales. L’IGB pointe un investissement mutuel (enseignants, bibliothécaires) très variable d’un cas à l’autre et un rapport inégal entre les deux parties. En effet, selon l’IGB, la « pauvreté»  des bibliothèques scolaires fait que ces visites paraissent parfois relever plus d’une attitude « consumériste » et unilatérale que d’un véritable partenariat. » Enfin, l’IGB met en garde contre les tentatives de certaines bibliothèques de réguler ces visites à coup de chartes listant les obligations des uns et des autres, au risque d’afficher une attitude « défensive ».

«Bibliothécaires et professeurs-documentalistes proposent aux jeunes un accueil personnalisé et dégagé d’enjeux de notation»

Claude Poissenot, sociologue, maître de conférence à l’Université de Lorraine

Partagez-vous les constats de l’IGB ?

Globalement je trouve ce rapport riche et décrivant bien la situation dans ses limites et ses potentialités. Les exemples français et étrangers qui font avancer la réflexion apportent des éléments intéressants.
Le cloisonnement entre bibliothèques publiques et établissements scolaires est, globalement, bien réel. Au niveau institutionnel, le constat est juste. Les associations professionnelles (Association des bibliothécaires de France et Fédération des enseignants documentalistes de l’éducation nationale) apparaissent comme deux mondes. Il faut dire que les «profs docs» (1)[professeurs-documentalistes, ndlr] connaissent une phase dans laquelle ils sont nombreux à se définir comme des « professeurs » et non comme des « bibliothécaires » (le terme étant presque péjoratif). Plus largement, les «profsdocs» ne prennent pas assez en compte les élèves tels qu’ils sont. De ce point de vue, ils sont moins « avancés » que les bibliothécaires qui, collectivement, prennent de plus en plus le virage de l’orientation des usagers (même si en secteur jeunesse il existe une tendance à se centrer sur le public le plus jeune et le plus captif…). Autre difficulté : pour réaliser des enquêtes sur l’évaluation des accueils de classes, il faut des listes d’élèves et les inspecteurs (ainsi que les enseignants) freinent pour leur fournir ces informations qui sont utilisées pourtant de manière statistique.

Et du côté des bibliothèques municipales, où se situent les freins ?

Du côté des bibliothèques municipales, il existe bien une difficulté à prendre en compte le point de vue des enfants qui se trouvent aussi être des élèves. Que ce soit pour des collections parascolaires ou pour de l’offre en ligne d’aide aux devoirs comme pour les révisions, les bibliothèques publiques peinent à prendre en compte les aspirations des élèves… Une exception (non citée par le rapport) est celle de Vitry-sur-Seine. Reste que, au niveau local, des coopérations entre institutions existent mais elles ne sont possibles que si des individus passent par-dessus leurs différences…

L’IGB parle de la « pauvreté » des bibliothèques des établissements scolaires. Faites-vous le même constat ?

Globalement je suis d’accord, mais il est vrai que la situation est variable et qu’on ne dispose d’aucune source d’information permettant d’appréhender la réalité des bibliothèques scolaires, hélas ! A l’école primaire, cela dépend de la richesse et de l’engagement des communes et des enseignants ; dans le secondaire, de la richesse et de la bonne volonté des équipes de direction des établissements. Je pense que cette pauvreté des bibliothèques est surtout vraie pour le primaire. Dans le secondaire, les bibliothèques scolaires offrent un service très impressionnant. Les « profsdocs » sont souvent seuls et ouvrent 30 h par semaine… c’est nettement plus que le temps de travail moyen passé chez les bibliothécaires « jeunesse » ! Même s’ils ont tendance à revendiquer de fermer leurs portes quand ils assurent des formations, ce qui se fait au détriment d’une fréquentation libre du CDI [centre de documentation et d’information, ndlr].

Que pensez-vous des propositions faites par l’IGB ?

Globalement les rédacteurs du rapport proposent des recommandations judicieuses et originales. C’est vrai qu’il serait intéressant de faire de la formation commune entre bibliothécaires et documentalistes. Une association de l’Indre et Loire – Bibdoc – rassemble des documentalistes, bibliothécaires de bibliothèques universitaires et de bibliothèques publiques, et a déjà organisé une journée d’étude transversale avec succès, à laquelle je suis intervenu. C’est une expérience intéressante.
Faire des renvois des sites web des bibliothèques vers les CDI, et inversement, me semble une bonne idée. Il faudrait aussi que les sites des bibliothèques soient plus pensés pour le public jeune et pointent directement une rubrique « soutien scolaire ».
Globalement, je crois que les bibliothécaires et les «profsdocs» devraient être sensibles (et sensibilisés) à la singularité de la jeunesse actuelle, à sa nécessité de se construire à distance de la génération qui précède, de dire « je » en commençant par dire « nous », de mettre à distance les institutions et ses représentants. Bibliothécaires et «profsdocs» pourraient avoir en commun le fait de proposer un accueil personnalisé dégagé d’enjeux de notation. Ce sont des conditions efficaces pour une véritable relation interpersonnelle, condition indispensable d’un accompagnement des jeunes.

Notes

Note 01 Claude Poissenot a rédigé un ouvrage à partir d'une enquête qu'il a réalisée une enquête sur les professeurs. L'ouvrage devrait prochainement être publié par le SCEREN Retour au texte

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