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Elections municipales 2014

Alternance : étranges ambiances dans les services

Publié le 02/04/2014 • Par Cédric Néau Christiane Wanaverbecq Jean-Baptiste Forray Pablo Aiquel Pascale Braun • dans : Actu Emploi, Dossiers d'actualité, France, Toute l'actu RH

Les correspondants de La Gazette ont mené l’enquête parmi les agents des communes et des communautés qui connaissent l’alternance à l’issue des élections municipales 2014. De Bobigny à Hayange, en passant par Nevers, Vichy-Val d’Allier et Toulouse, certains agitent le spectre de la chasse aux sorcières et de la placardisation. Les nouveaux maires oscillent entre respect des droits acquis et lutte contre l’absentéisme. Reportages.

Révolution culturelle à Bobigny

Le vainqueur UDI des municipales dans le fief communiste de Seine-Saint-Denis, ne veut pas faire de chasse aux sorcières. Mais Stéphane de Paoli assume une redéfinition des missions des services et une volonté de faire des économies.

Pour beaucoup de fonctionnaires municipaux de Bobigny (93), l’élection surprise de Stéphane de Paoli (UDI) est « un coup de bambou », voire « un tsunami ». La préfecture de Seine-Saint-Denis, dirigée depuis 1919 par des communistes, a vu la maire sortante Catherine Peyge balayée avec 46 % des voix contre 54 % pour son rival.

Contexte national, mauvaise gestion des bidonvilles de populations roms, manque de logements récurrents malgré les 2800 construits sur six ans, autant d’éléments qui pourraient expliquer cette alternance soudaine. « On a fait preuve d’angélisme et d’excès de confiance », concède un cadre de la mairie.

Drancy comme repoussoir – Dans les services, « derrière le traumatisme, il y a beaucoup de préoccupations car on sait ce qu’il y a derrière cette élection », redoute un employé.
Augusta Epanya, secrétaire générale CGT des territoriaux de Bobigny est persuadée que des services sont en danger : « Nous espérons que le nouveau maire ne suivra pas l’exemple de la ville voisine de Drancy (dirigée par Jean-Christophe Lagarde de l’UDI, ndlr), où on a vu des mises au placard, une forte diminution de l’emploi public ou la privatisation de certains secteurs », s’inquiète-elle, déjà prête à « défendre le service public ». « De Paoli, c’est l’homme-lige de Lagarde » poursuit un autre.

« Nous pourrons nous inspirer de Drancy comme en matière de stationnement, mais Bobigny a une autre âme, ce n’est pas la même chose », nuance le futur maire, qui sera investi le 5 avril.

« Pas de chasse aux sorcières » – En revanche, l’accusation de chasse aux sorcières ne passe pas. « C’est n’importe quoi », s’emporte ce novice en politique. « On a besoin de tout le monde », promet-il, avant de rectifier, « on a besoin de ceux qui veulent vraiment travailler pour la ville ».

Ce natif de Bobigny ne cache pas qu’il veut redéfinir les missions de certains services et améliorer leur coordination : « Je suis persuadé qu’il y a des gens compétents mais qui n’ont pas les moyens de travailler », avant de rappeler qu’il utilisera pleinement les dispositifs d’évaluation des agents. « Certains se sentiront idéologiquement incapables de travailler avec nous », admet le vainqueur centriste : « ils pourront utiliser leur droit de mutation ».

Création d’une police municipale – Dans son programme électoral, Stéphane de Paoli promet la cantine gratuite, la propreté et la création d’une police municipale, accompagnée de vidéo-surveillance. « La ville n’avait pas fait ce choix sécuritaire, mais avait misé sur une équipe de médiateurs ainsi que sur un service social municipal », remarque Augusta Epanya, qui s’inquiète de leur avenir. « Il y aura toujours des médiateurs », rassure Stéphane de Paoli. Au prix d’accroître les dépenses en prévention-sécurité ? « Je ne veux pas l’austérité, mais je ferai des économies », prévient ce candidat qui a aussi promis de ne pas augmenter les impôts.

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Silence dans les rangs à Hayange

Fabien Engelmann, 34 ans, quittera cette semaine ses fonctions d’ouvrier territorial à Nilvange (Moselle) pour intégrer ses nouvelles fonctions de maire (FN) dans la commune voisine de Hayange (15 700 habitants) et de probable vice-président de la communauté d’agglomération du Val de Fensch.

Contre « la bureaucratie syndicale » – Ancien secrétaire général CGT des agents territoriaux de la mairie de Nilvange, avant son exclusion du syndicat en 2011, le nouvel élu annonce une remise à plat du régime indemnitaire de tout le personnel. « J’estime que les catégories A et B sont très privilégiés par rapport aux petits ouvriers qui restent dehors, exposés au froid ou à la chaleur et qui gagnent 1 200 euros par mois », affirme Fabien Engelmann, qui rassure à sa manière les 220 agents de la ville où la CGT demeure en première position.

« J’ai promis aux agents de ne pas leur faire subir la chasse aux sorcières que m’a imposé la bureaucratie syndicale de la CGT. Je suis un grand démocrate. Mais je serai intransigeant sur le devoir de réserve. Après le premier tour, certains agents ont sali mon image et celle du Front national. Je n’accepterai aucun débat politique sur le lieu de travail », prévient le maire.

Tensions locales – L’ancien syndicaliste, qui fut également candidat Lutte ouvrière, puis NPA, avant de rejoindre le Front national, a porté plainte pour discrimination contre la fédération CGT des services publics. Défendu par Gilbert Collard, candidat malheureux du Front national à Saint-Gilles (Gard), il demande sa réintégration à la CGT, tout en invitant les anciens adhérents de la mairie de Nilvange à se regrouper au sein d’une liste CFTC lors des prochaines élections au comité technique paritaire.

A la mairie de Hayange, le mandat a commencé par des tensions le soir de l’élection, puis par l’annonce par l’échevin la commune belge d’Arlon de la rupture du jumelage qui la liait à la ville mosellane. Fabrice Engelmann, dont la biographie, « Du gauchisme au patriotisme, itinéraire d’un ouvrier élu maire d’Hayange » paraîtra le 16 avril prochain, sera confronté tout au long de son mandat à ceux que heurte cette étrange trajectoire.

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Quelques tensions dans les services de Nevers

Le calme qui règne devant le palais ducal de Nevers, baigné par le soleil, contraste avec l’agitation dans les bureaux de l’hôtel de ville.

Pour la première fois depuis plus de quarante ans, le chef-lieu de la Nièvre n’est pas échu au candidat désigné par le parti socialiste, ni à l’héritier désigné par son prédécesseur. Un coup de tonnerre dans cette capitale de la « Mitterrandie », encore marquée par l’empreinte laissée par feu Pierre Bérégovoy.

« Ça va aller mal pour toi » – Devant la mairie, des collaborateurs extérieurs, prestataires de service pour la municipalité, et agents municipaux se croisent pour discuter le temps d’une cigarette. Ils sont tous socialistes, militants ou sympathisants. Alors les raisons de la défaite du maire sortant Florent Sainte-Fare-Garnot ou de la victoire de l’ancien socialiste soutenu par la droite, Denis Thuriot, sont le principal sujet des conversations.

« A l’annonce des résultats, il y a eu des réactions de joie – de la part d’agents municipaux- qui m’ont un peu surpris, mais cela ne m’a pas choqué. Ce qui m’a déçu c’est que certains viennent me dire « ça va aller mal pour toi ». Mais c’est marginal, dans l’ensemble j’ai eu beaucoup de témoignages de soutien et solidarité », explique un agent territorial proche du maire battu.

Accompagnée d’un membre du cabinet, l’adjointe au maire sortante, Delphine Fleury, charge des cartons dans sa voiture. « Nous avons fait le tour des services, pour saluer les agents, les remercier », évoque la nouvelle élue de l’opposition.

Des rumeurs « stupides » – Le futur maire, Denis Thuriot, se veut rassurant. Il reçoit dans son bureau professionnel et n’est pas encore allé prendre ses quartiers à l’hôtel de ville : « Je respecte les règles, je serai installé dans mes fonctions samedi (5 avril, ndlr). J’ai eu l’occasion de rencontrer quelques agents fortuitement en ville. Je leur ai dit que j’irai à la rencontre des agents municipaux et communautaires dès la semaine prochaine, pour rassurer ».

Il conçoit que tout changement génère de l’inquiétude. Mais il trouve « assez stupides » les rumeurs indiquant qu’il reviendrait sur le 13e mois ou des congés payés. « Je suis un avocat et donc je suis respectueux des droits acquis. J’aurais mauvaise grâce à m’asseoir dessus maintenant ». En revanche, il reconnait que des pratiques clientélistes ont pu se mettre en place au fil du temps : « cela fait partie des choses qu’on souhaite changer. J’ai une vision pragmatique. Je veux de l’efficacité et de la compétence, pas du clientélisme ou du copinage ».

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Vichy-Val d’Allier : une alternance dans la douceur

La cohabitation est terminée. Depuis 2001, la communauté d’agglomération Vichy-Val d’Allier était à gauche, même si la ville centre restait ancrée à droite. Successivement, le maire communiste de Cusset, la deuxième commune de l’agglomération, feu René Bardet, en a été le président de 2001 à 2008, puis le maire socialiste de Bellerive-sur-Allier, Jean-Michel Guerre, de 2008 à 2014.

Vague bleue, divisions à gauche, vote sanction contre une gestion plus politisée… la droite vient de récupérer haut la main les deux municipalités et par conséquent l’agglomération.

Continuité du service public – L’enjeu n’échappait à personne au soir du second tour. Des élus de droite de toutes les communes étaient à Cusset pour voir la victoire du jeune Jean-Sébastian Laloy (25 ans), dans une ambiance de prise de la Bastille. Quelques minutes après l’annonce du grand chelem, un agent communautaire se retourne vers un adjoint au maire de Vichy et lui dit : « bon, vous n’allez pas virer tout le monde quand-même ? » Tous les deux ont la trentaine et, comme souvent dans cette petite agglomération, se connaissent. L’élu se veut rassurant : « ce n’est pas notre style. Ceux qui voudront travailler avec nous peuvent rester, si certains ne veulent pas, je le comprends aussi ».

« L’alternance, les agents la vivent avec beaucoup d’interrogations. Ça va être une première pour beaucoup de gens. Il y a quelques peurs un peu irrationnelles : vont-ils couper des têtes ? ou « untel va être envoyé au placard ». Mais la direction générale a continué son travail et s’est réunie dès le lundi matin, lendemain des résultats, sans évoquer le sujet des élections. Il faut assurer professionnellement la continuité du service public », expliquait un DGA.

« Nous n’avons pas de craintes particulières, mais nous sommes dans l’attente. Les gens se demandent « comment vont-ils évaluer notre travail, quelles vont être les grandes orientations ? », assure pour sa part un chef de service.

Consensus communautaire – Pour Mariel Fontverne, déléguée CGT, les inquiétudes sont plutôt techniques : « Nous allons devoir mettre en place la mutualisation des services. Comment va se passer cette mutualisation avec les services de la ville de Vichy, mais aussi de Cusset et de Bellerive, maintenant que toutes les trois, et donc l’agglomération, sont du même bord. Les services des sports ou des ressources humaines devront-ils fusionner ? Les gens se posent plutôt ce type de questions. Peut-être qu’il y aura des gagnants et des perdants… ».

Mais elle ne craint pas une « chasse aux sorcières » : « D’une part parce que nous connaissons la plupart des élus. D’autre part parce que l’a communauté d’agglomération est un deuxième niveau. Les projets municipaux vont se mettre d’abord en place. L’intercommunalité implique une approche, encore aujourd’hui, moins politisée des choses ».

Le dialogue social relancé à Toulouse ?

Après six ans d’absence, Jean-Luc Moudenc reprend, à 53 ans, les rennes de la mairie de Toulouse (439 453 habitants en 2008, Haute-Garonne). Les quelque 8 000 agents ont été dirigés par le Toulousain entre 2004 et 2008. Il avait alors été élu par le conseil municipal pour succéder à Philippe Douste-Blazy nommé ministre.

« Ascenseur social en panne » – Parmi les agents, les attentes sont grandes. Lors de sa campagne, le nouveau maire a promis de faire un double-audit : l’un sur les dépenses en frais généraux et un autre sur la mutualisation des services entre la Ville de Toulouse et la communauté urbaine de Toulouse métropole.

Il se préoccupera aussi de l’absentéisme qui serait passé de 25 à 33 jours d’absence par agent. Dans son entourage, on affirme « qu’il faudra mettre le paquet sur ce signe de mal-être au travail ». « L’amélioration des conditions de travail et une meilleure prise en compte des compétences en interne font partie de nos priorités », confirme Pascal Maynaud, secrétaire général adjoint du Syndicat Force Ouvrière, majoritaire à la mairie de Toulouse.
« Plutôt que de les valoriser, Pierre Cohen a préféré recruter en externe. Quelquefois, cela se justifiait. Mais d’autres fois, un agent qui avait passé le concours de catégorie A ou B se retrouvait dans le rôle de second », poursuit-t-il.

Un autre syndicaliste n’hésite pas à parler « d’ascenseur social en panne ». Soulignant toutefois les efforts entrepris pour améliorer le dialogue dans le cadre d’un agenda social et la compétence de l’élue en charge des ressources humaines, Christine Courade, qui a toujours répondu à leurs sollicitations, les syndicats déplorent « l’inaccessibilité » de Pierre Cohen. «Avec Moudenc, on parlait directement au patron », confie un adhérent du syndicat CGT.

Des opportunités de carrière – A quelques jours de l’élection du nouveau maire, le 4 avril, la vie suit son cours dans les services de la mairie de Toulouse. Seule certitude : les directeurs de cabinet Françoise Henry et Jean-François Portarrieu, ainsi que le directeur général des services Philippe Mahé, sont sur le départ. Dès le lendemain du second tour, rangement et nettoyage avaient commencé. Mais comme l’explique un agent qui ne vit pas sa première alternance, « c’est dans l’ordre des choses ». Lors de l’élection du maire socialiste Pierre Cohen en 2008, il en avait profité pour changer de fonction.

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Municipales 2014 : l’effet domino pour les DGS, les agents, les collectivités, sur fond de rigueur

Sommaire du dossier

  1. La droite va entrer en force dans les métropoles
  2. La moitié des grandes intercommunalités changent de tête
  3. Les associations d’élus vont, aussi, changer de tête
  4. Alternance : les rudes lendemains des DGS
  5. Fonction publique : vers un mercato d’envergure où les places vont être chères
  6. Alternance : étranges ambiances dans les services
  7. Mairies « FN » : le syndicat des directeurs généraux sera « vigilant »
  8. Municipales 2014 : Le tour des régions les plus emblématiques
  9. Municipales 2014 : quels enseignements tirer du vote (et non-vote) des banlieues ?
  10. « La campagne des municipales est marquée par une forte dépolitisation »
  11. Comment les communes se préparent aux nouveaux modes de scrutin
  12. Election des délégués communautaires : « C’est loin d’être limpide »
  13. « L’intercommunalité éloigne les candidats de la politique partisane » – Jean Pierre Sueur, sénateur
  14. A Hénin-Beaumont, les fonctionnaires territoriaux sur le qui-vive
  15. A Forbach, les fonctionnaires territoriaux face à l’hypothèse Front national
  16. Municipales : ce que les maires FN veulent faire en matière de sécurité
  17. Quand les fonctionnaires territoriaux deviennent des cibles électorales
  18. Municipales : les DGS engagés, forcément engagés…
  19. « Minimiser les problèmes d’insécurité fait le jeu du Front national » – Bernard Alidières, géographe
  20. Femmes têtes de liste pour les élections municipales : carton rouge aux formations politiques
  21. Campagne municipale : combien ça coûte ?
  22. L’emploi s’impose dans la campagne électorale
  23. L’interco, passagère clandestine de la campagne des municipales 2014
  24. Municipales : les impôts locaux, un thème prisé des challengers
  25. Municipales : la sécurité, un thème de plus en plus consensuel
  26. Comment les candidats se positionnent vis-à-vis de la lutte contre l’homophobie
  27. Municipales : les réseaux sociaux à deux vitesses
  28. Récolement post-électoral : les 7 erreurs à ne pas commettre
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