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Economie

Développement local : quand le CESE redécouvre le métier de développeur territorial

Publié le 28/03/2014 • Par Cédric Néau • dans : A la Une RH, Actu Emploi, France, Toute l'actu RH

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Dans un avis publié le 25 mars, le Conseil économique, social et environnemental souhaite généraliser les coordinateurs dont la mission serait de faciliter la concertation entre les parties prenantes d’un projet de développement économique « pour éviter les blocages de plus en plus fréquents ». Ce métier existe en fait déjà, mais s'est éloigné de l'animation pour l'expertise. Les choses changent peu à peu, face à la demande des citoyens et aux contraintes apportées par la crise.

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Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a fait mardi 25 mars un constat alarmant : « le dialogue est de plus en plus difficile entre les parties prenantes d’un projet de développement économiques, ce qui multiplie les situations de blocage », lance Laurence Hézard, conseil en management et gestion du risque industriel et membre du CESE à la section des activités économiques.

Elle est, avec Brigitte Fargevieille, chef de mission développement durable, l’auteur d’un projet d’avis destiné à améliorer la concertation entre les acteurs d’un projet économique, alors que ce mode de dialogue, « spécifique du système français », n’échappe pas aux critiques, notamment « en terme de coûts, de délais, du rôle de l’expertise et de l’Etat, de visibilité des porteurs de projets », indiquent les auteurs.

La concertation pour enrichir les projets – Cependant, le Cese estime que la concertation, comme forme de démocratie participative qui vient en prolongement d’une démocratie représentative « en retrait » dans les aspirations des Français, reste un moyen efficace « d’améliorer » et « d’enrichir » les projets de développement, à condition de « nommer un décideur légitime ayant la charge de conduire le projet ».

Aussi, le CESE suggère d’encourager certaines pratiques pour améliorer les processus de concertation :

  • Engager la concertation le plus tôt possible ;
  • Privilégier une démarche territoriale « en favorisant la dimension inter-collectivités » ;
  • Adapter la concertation au contexte, à la taille des projets et aux objectifs poursuivis ;
  • Intégrer l’usage d’Internet dans la consultation et favoriser la relation directe avec les citoyens plutôt que les grands débats ;
  • Associer les parties prenantes aux études, leur réalisation et leur suivi ;
  • Prendre en compte les coûts de la concertation pour les maîtres d’ouvrage ;
  • Multiplier les partages d’expérience et de bonnes pratiques entre les parties prenantes.

« Ces propositions ne nécessitent pas de nouvelles lois, ni de ressources financières », explique Laurence Hézard. « Il s’agit de mettre en jeu des compétences dont nous sommes largement pourvus », poursuit-elle.

« Je serai prudent sur la qualité des compétences et de la formation des jeunes aux nouvelles modalités du développement économique des territoires », tempère Stéphane Loukianoff, délégué général de l’Unadel, qui par ailleurs « se reconnait dans l’avis du CESE » : « Ses préconisations devraient être le B-A-BA mais ça ne l’a pas toujours été », glisse-t-il.

Une formation efficace ? – « Heureusement que j’ai été animatrice de centre de loisirs avant d’obtenir mon poste car mon BAFA m’a été plus utile pour animer une réunion que ce que j’ai appris à l’Université de Montpellier », répond en écho Camille Matz, une jeune chargée de mission à la communauté d’agglomération du pays voironnais (38) attachée au programme européen Leader. Comme beaucoup de ses jeunes collègues, Camille se dit globalement satisfaite de sa formation de développeur territorial. Elle n’a d’ailleurs pas eu de mal à trouver un emploi en sortie d’études.

C’est aussi le cas pour les diplômés du Master de management et ingénierie du développement du territoire en Europe de l’UBO (Université de Brest Occidentale, 29) : « 86 % des élèves de la dernière promotion ont trouvé un emploi », assure Erwann Charles l’un des co-responsable pédagogique du cursus. « A l’Ecole de management de Normandie de Caen (14), les 15 étudiants sortis l’an dernier du Master 2 Management et développement territorial travaillent », se réjouit Sabrina Jacqueline, directrice de l’Institut de développement territorial de l’EM-Normandie.

Décalage entre l’acquis et le requis – Pourtant, au fur et à mesure de l’évolution de leur environnement professionnel, les agents du développement, mais aussi les formateurs et les employeurs font tous le même constat : le décalage entre compétences acquises et requises s’accroît sensiblement. « C’est vrai que l’apprentissage à la conduite de réunion et à la communication, par exemple, laisse à désirer dans les formations initiales », constate Claudine Pilton, directrice de l’Aradel.

« On a un grand besoin d’intégrer la concertation dans les formations diplômantes, poursuit Stéphane Loukianoff. Plus préoccupant, « certains développeurs ne savent pas comment marche une entreprise », assure la directrice de l’Aradel. « Les entreprises et les pouvoirs publics ne parlent pas la même langue, il faut donc former des animateurs capables de les comprendre pour les accompagner», explique Sabrina Jacqueline pour justifier un cursus de développeur territorial de l’EM-Normandie qu’elle s’efforce de modifier en fonction des besoins du terrain : plus de professionnels intervenants et plus de travail sur l’animation, la communication et le financement des projets.

Se frotter à la politique – Outre le monde de l’entreprise, les développeurs doivent désormais maîtriser, le droit, l’environnement, l’urbanisme et… la politique : « On doit vite comprendre comment embarquer un élu dans son projet et je n’étais pas préparé à ce genre de circonvolutions et de stratégies de communication », raconte Gwen-Eric Keller, DGS à la communauté de communes de l’Aulne Maritime (29). « Il y a une façon de présenter les choses qui s’acquiert avec l’expérience ».

En cette période de crise, « les élus cherchent d’abord de la réassurance et notamment économique, pour des projets visibles et à brève échéance », analyse Jean-François Dumont, conseil formation développement des territoires au CNFPT Lorraine et à l’Inet de Nancy.

Des élus entre deux chaises – La mauvaise conjoncture, la complexification des procédures et les pratiques politiques donneraient-elles la prime à des spécialistes techniques au détriment d’animateur-coordinateur ? « Les élus sont entre deux chaises. Les employeurs souhaitent trouver des personnes à la fois ingénieur institutionnel et agent de terrain. C’est évidemment de plus en plus difficile à recruter », répond Pierre-Jean Andrieu, professeur associé à l’Université Paris 7, membre de la Plateforme nationale des métiers du développement territorial.

Si la coupure entre ces deux compétences est consommée, « il y a un vrai risque de technocratisation de ce métier qui fera passer le développeur territorial d’un accompagnateur du changement à un programmateur procédurier d’une politique publique », prévient-il. « Plus le développement local s’est professionnalisé dans une dynamique technique, plus il a reculé sur l’animation », résume Stéphane Poliakoff.

La tentation du catalogue – Alors que les thèmes de la concertation et d’ingénierie de démocratie participative commencent à peine à émerger au sein de la profession très polymorphe de développeur territorial, l’offre de formations « techniques » explose, à la demande d’élus « qui choisissent comme dans un catalogue, des projets de développement prêts à être contractualisés, via des appels à projet », constate le délégué général de l’Unadel.

Elise Turquin, doctorante au sein du laboratoire PACTE-Territoires sur les enjeux scientifiques de l’ingénierie territoriale a ainsi remarqué que la spécialisation profite aux organismes de formation : « En Rhône-Alpes, on est passé d’une dizaine de formations dans les années 80 à plusieurs centaines aujourd’hui ». Bousculées par l’explosion de l’offre, les écoles et les universités jouent de leur notoriété pour mieux placer leurs étudiants et ajustent leur cursus au plus près des évolutions du métier.

« Ce phénomène est aussi le reflet d’une fragmentation de l’action publique, qui génèrent des tensions dans le métier de décideur économique, jonglant avec une multitude de compétences, de dispositifs très disparates et des ressources qui se tarissent », regrette Stéphane Loukianoff. C’est peut-être pourquoi le Cese réclame une valorisation de la fonction de garant ou de médiateur dans ses recommandations. Les développeurs territoriaux réclament quant à eux, un statut clair, pour un métier de plus en plus nécessaire.

Les recommandations du CESE

  1. Revoir la loi concernant les débats publics ;
  2. Faire de la Commission nationale du débat public (CNDP) un centre de ressources ;
  3. Elaborer un programme d’accompagnement, déterminant la gouvernance et l’instance d’ingénierie, particulièrement nécessaire aux petites communes et mettre en place une grille d’évaluation ;
  4. Créer une charte de la concertation rappelant les principes généraux ;
  5. Valorisation de la fonction de « garant » ou « médiateur », prévu par la loi Grenelle 2 ;
  6. Insérer dans les appels d’offres et à manifestation d’intérêt des recommandations de concertation et de suivi ;
  7. N’accorder des aides publiques qu’aux projets intégrant la concertation et la formation des acteurs à celle-ci ;
  8. Former les acteurs aux techniques de la concertation ;
  9. Intégrer la concertation dans les diplômes de gestion, d’ingénieurs et de management de projet ;
  10. Mettre en place des programmes de sensibilisation aux enjeux de la concertation pour les élus et les services de l’Etat ;
  11. Prévoir un fonds de dotation locale à l’image des conventions de revitalisation des territoires ;
  12. Engager une réflexion sur les modalités de mise en œuvre des compensations par le CGSP afin d’assurer l’optimisation des « retombées » sur les territoires concernés.
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