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Elections municipales 2014

Quand les fonctionnaires territoriaux deviennent des cibles électorales

Publié le 21/03/2014 • Par Martine Doriac Paul Molga • dans : Dossiers d'actualité, France

Les réductions de masse salariale s’affichent dans certains programmes décomplexés. Sans tenir compte du poids électoral que représentent les territoriaux ni des services qu’ils rendent surtout quand, en raison du déclin de l’industrie, la commune est devenue le premier employeur de la ville.

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Surveillés, instrumentalisés ou courtisés, les territoriaux sont une cible de choix pour les candidats aux municipales. Avec la crise de l’industrie, les communes sont souvent devenues le premier employeur de leur ville. Le poids électoral des agents est « amplifié par le rôle qu’ils jouent au quotidien auprès des usagers et par l’enjeu politique que l’avenir de la fonction publique représente depuis 2007 », analyse le sociologue Luc Rouban, directeur de recherches au CNRS.

Le pouvoir d’influencer – « A l’échelle d’une commune, nous représentons un pourcentage de voix augmenté du pouvoir d’influencer un vote, car nous rencontrons les électeurs. Si nous détenons 1 % des voix, 3 à 5 % d’électeurs peuvent basculer », confirme la secrétaire nationale Interco-CFDT, Claire Le Calonnec, qui admet que ce pouvoir facilite les négociations avant un scrutin : hausse du régime indemnitaire, de la valeur des titres-restaurant, etc.
Décidée en 2012 ou 2013 et souvent applicable au 1er janvier 2014, la négociation pour la participation des employeurs à une complémentaire santé-prévoyance a bénéficié de la proximité des municipales.

Dans cette course à l’emploi et à la rémunération, rendre service au maire sortant, à qui l’agent territorial doit souvent son travail, reste une réalité, malgré la neutralité affichée. « Lorsque 77 % des recrutements peuvent se faire sans concours, préparer une salle avant une réunion électorale ou chercher à se faire bien voir du favori, cela existe », admet Ange Helmrich, secrétaire fédéral à l’Unsa-territoriaux, qui note, après chaque élection, une recrudescence de dossiers de sanctions en conseil de discipline. « Là où il y avait cinq ou six dossiers, il y en a, ensuite, cinquante à soixante », assure-t-il.

Pour les syndicats, officiellement, pas question de mélanger les genres. « On demande à nos adhérents de ne jamais mettre en avant leur appartenance syndicale quand ils sont candidats », poursuit Ange Helmrich.
« C’est dans nos statuts : aucune discussion politique au sein du syndicat. A l’extérieur, chaque adhérent reste libre de ses convictions », affirme Johann Laurency, secrétaire national FO – services publics et de santé, qui relativise le contre-exemple marseillais. « Il peut y avoir des dérapages. Le cas de Marseille a toujours été particulier. Mais le secrétaire général FO de la ville a précisé, cette année, qu’il ne donnait aucune consigne de vote. C’est ce que l’on attendait », explique-t-il, rappelant aux militants qu’ils doivent se mettre en congés de leurs responsabilités syndicales s’ils se présentent aux élections. « On ne leur interdit pas de s’engager, mais on leur confirme qu’ils ne peuvent pas faire les deux », indique Johann Laurency.

Au centre des débats – De là à recouvrir les affiches d’opposants au maire en place, tous déclarent l’époque révolue. Et, pourtant, révélé par « Le Canard enchaîné » et Le Lab d’Europe 1, un message interne du responsable du service « propreté » de Paris, daté du 18 février, demandait aux agents de faire disparaître au plus vite « des affiches mettant en cause Anne Hidalgo » et d’engager « des tournées de surveillance » pour éviter les récidives.

Dans la capitale, les 55 000 fonctionnaires se trouvent, bien malgré eux, au cœur du débat. La candidate UMP Nathalie Kosciusko-Morizet prévoit, si elle est élue, de supprimer durant son mandat 2 500 postes d’agents municipaux pour économiser 225 millions d’euros. Sa recette : redéployer sur le terrain dans les services de la petite enfance, de la propreté, du sport et de la culture le personnel « en surnombre » dans les bureaux.
En outre, 300 millions d’euros pourraient être dépensés en moins, selon elle, en réduisant l’absentéisme. Ces deux budgets représentent plus de la moitié du milliard d’économies que l’ancienne ministre annonce sur la mandature.

De son côté, Anne Hidalgo prône des « réformes de structure afin de réduire plusieurs échelons hiérarchiques lourds et inutiles ». Elle entend « modérer la politique salariale en fonction des catégories ». « Je gèlerai les plus hauts salaires », s’engage-t-elle.

Jacques Domergue, candidat UMP à Montpellier (3 350 agents, 264 500 hab.), mise, lui, sur des mutualisations entre la ville et l’agglo pour mettre fin aux doublons. Il compte, en parallèle, multiplier par deux l’effectif de la police municipale par intégration d’agents de surveillance de la voie publique. « Je veux diminuer le personnel administratif pour en mettre le plus possible au contact de la population », précise-t-il.

Alors que Montpellier affichait un absentéisme record de 39 jours par agent, selon le classement – controversé – de la fondation Ifrap qui inclut tous motifs, le candidat entend remettre les agents au travail en les formant et en remotivant les cadres, soit, selon lui, une économie de 20 millions d’euros.

Mouvements d’humeur – A Montreuil (2 000 agents, 103 100 hab.), des agents s’interrogent sur les mutualisations de personnel en cours dans les bibliothèques devenues intercommunales et sur celles à venir avec le Grand Paris. En périphérie lyonnaise, où des candidats surenchérissent sur les réductions d’effectifs, des vacataires et contractuels font déjà les frais de ces annonces.
« Leur nombre d’heures de travail a chuté du jour au lendemain et leur rémunération a diminué d’autant, parfois de 200 à 300 euros », constate Joëlle Rondepierre, secrétaire générale du groupement départemental FO – services publics du Rhône.

Dans le Nord, à Coudekerque-Branche (559 agents, 22 300 hab.), des agents se déclarent las d’être pris en otage par les candidats. Le 7 février, une cinquantaine d’entre eux ont débrayé devant l’hôtel de ville, à l’appel de la CGT et de FO, pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. « On leur reproche leur amitié sur les réseaux sociaux avec des candidats aux prochaines élections ou de saluer des opposants à l’équipe actuelle », explique « La Voix du Nord ». Eux demandent à poursuivre leurs missions « sans avoir à justifier de leur engagement, conviction, ni même amitiés ».

Les rapports entre la mairie et le syndicat FO au cœur de la campagne

Marseille (Bouches-du-Rhône) • 850 600 hab.

Au début des années 60, un certain François Moscati, entré peu auparavant comme éboueur à la ville de Marseille, est chargé par le jeune syndicat FO de recruter parmi son entourage. Il force les portes, appuie les revendications de ses collègues dans le bureau du maire, obtient des gants, puis un avantage considérable en compensation de l’ingratitude de leur métier : le « fini-parti », qui les autorise à rentrer chez eux une fois la tournée terminée. La notoriété du syndicat est acquise.

Depuis, son emprise ne s’est pas démentie. Aux dernières élections syndicales, en 2008, Force ouvrière s’est accaparé 61 % des voix parmi les employés municipaux (11 500 agents) et plus de 55 % à la communauté urbaine (3 700 agents).
Aujourd’hui, avec 10 500 adhérents, son poids est prépondérant, surtout dans la catégorie C, qui rassemble notamment le personnel des écoles, des crèches et de la propreté.

Ce poids lui donne logiquement une place privilégiée au sein du comité technique paritaire et de la commission administrative, les deux instances où se négocient et se décident à peu près tout ce qui concerne la marche des institutions : organisation des services, aménagements des horaires, recrutements, avancements, etc.

De quoi se rendre incontournable auprès du maire (UMP) en place, Jean-Claude Gaudin ? Le premier magistrat se défend de toute collusion, évoquant « une légende » qui aurait la vie dure. Son challenger Patrick Mennucci (PS) parle de « cogestion ».
« Il s’agit de deux blocs qui se soutiennent comme des serre-livres. Deux forces en équilibre qui tiennent tout le dispositif en fonction de leurs intérêts », dénonce-t-il à propos des employeurs publics marseillais et du syndicat.
Cet automne, ces propos ont valu à l’intéressé une passe d’armes avec le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly. « En confondant concertation et troc, les politiques et FO ont une énorme responsabilité dans l’échec du développement de Marseille », juge le sociologue Raphaël Liogier.

Contrôle de légalité

Les tribunaux administratifs pourraient avoir à trancher si, après les élections, des agents sont mutés par les nouveaux élus. « Un agent est tenu de rejoindre sa nouvelle affectation. Mais, pour éviter tout harcèlement lors de déplacements subjectifs, on se devra d’examiner les dispositions statutaires. Il ne faut pas qu’il y ait amoindrissement des missions. En outre, l’intérêt du service doit être sauvegardé », rappelle Roland Vigué, secrétaire national de l’Union nationale des cadres territoriaux.

Front national : les syndicats en alerte

Des élus du Front national aux commandes d’une ville, l’hypothèse est plausible dans une quarantaine de communes de plus de 1 000 habitants. Des organisations syndicales de territoriaux s’y préparent. Les appels du FN à des cadres territoriaux pour renforcer ses équipes ont choqué. La position critique de Gilbert Collard, candidat du Rassemblement bleu marine à Saint-Gilles (13 600 hab., Gard), sur les syndicats inquiète.
« On peut avoir des craintes. Il y a eu répression syndicale dans des collectivités qui ont, dans le passé, basculé à l’extrême droite », prévient Ange Helmrich, secrétaire fédéral à l’Unsa-territoriaux. Pour s’en prémunir et constituer une structure de soutien, notamment juridique, aux équipes concernées, la CGT, Snuclias-FSU et Solidaires ont rejoint la coordination « Vigilance et initiatives syndicales antifascistes » qui rallie également la CFDT, le Syndicat de la magistrature, la CNT et l’Unef pour « recenser, analyser et dénoncer les incursions de l’extrême droite et du Front national sur le terrain social ».

Cet article fait partie du Dossier

Municipales 2014 : l’effet domino pour les DGS, les agents, les collectivités, sur fond de rigueur

Sommaire du dossier

  1. La droite va entrer en force dans les métropoles
  2. La moitié des grandes intercommunalités changent de tête
  3. Les associations d’élus vont, aussi, changer de tête
  4. Alternance : les rudes lendemains des DGS
  5. Fonction publique : vers un mercato d’envergure où les places vont être chères
  6. Alternance : étranges ambiances dans les services
  7. Mairies « FN » : le syndicat des directeurs généraux sera « vigilant »
  8. Municipales 2014 : Le tour des régions les plus emblématiques
  9. Municipales 2014 : quels enseignements tirer du vote (et non-vote) des banlieues ?
  10. « La campagne des municipales est marquée par une forte dépolitisation »
  11. Comment les communes se préparent aux nouveaux modes de scrutin
  12. Election des délégués communautaires : « C’est loin d’être limpide »
  13. « L’intercommunalité éloigne les candidats de la politique partisane » – Jean Pierre Sueur, sénateur
  14. A Hénin-Beaumont, les fonctionnaires territoriaux sur le qui-vive
  15. A Forbach, les fonctionnaires territoriaux face à l’hypothèse Front national
  16. Municipales : ce que les maires FN veulent faire en matière de sécurité
  17. Quand les fonctionnaires territoriaux deviennent des cibles électorales
  18. Municipales : les DGS engagés, forcément engagés…
  19. « Minimiser les problèmes d’insécurité fait le jeu du Front national » – Bernard Alidières, géographe
  20. Femmes têtes de liste pour les élections municipales : carton rouge aux formations politiques
  21. Campagne municipale : combien ça coûte ?
  22. L’emploi s’impose dans la campagne électorale
  23. L’interco, passagère clandestine de la campagne des municipales 2014
  24. Municipales : les impôts locaux, un thème prisé des challengers
  25. Municipales : la sécurité, un thème de plus en plus consensuel
  26. Comment les candidats se positionnent vis-à-vis de la lutte contre l’homophobie
  27. Municipales : les réseaux sociaux à deux vitesses
  28. Récolement post-électoral : les 7 erreurs à ne pas commettre

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Commentaires

Quand les fonctionnaires territoriaux deviennent des cibles électorales

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X.NELSON

27/03/2014 05h10

Cette campagne électorale est victime de la désinformation orchestrée par les pouvoirs publics (y compris la Cour des Comptes) et les médias atteints de psittacisme aigü depuis des mois et des années (le précédent gouvernement avait initié la charge!) afin de justifier les coupes dans les dotations de l’Etat aux collectivités … Les politiques et la haute administration qui connait peu de choses aux gestions locales imaginent un monde de gabegies et de corruptions qui laisserait des marges de manoeuvres énormes aux gestions de « rigueur » … Quelques exemples de collectivités mal gérées suffisent à la généralisation abusive.
Résultat : des candidats et des électeurs nombreux croient que l’on doit baisser la fiscalité locale, sans jamais se poser la question des services auxquels il faudra renoncer … Dramatique pour l’immense majorité des communes qui sont sur le fil du rasoir de la gestion des deniers publics.

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