Environnement

Pollution de l’air : à la recherche de solutions

| Mis à jour le 18/03/2014
Par • Club : Club Techni.Cités

Sergiy Serdyuk - Fotolia

Durant cinq jours consécutifs la semaine dernière, une trentaine de départements français ont connu un pic de pollution. En cause, les particules fines émises en partie par le trafic routier. Le 13 mars, le gouvernement a présenté des mesures à l’échelle nationale, sans pour autant envisager de circulation alternée, avant d'instaurer finalement cette mesure d'urgence deux jours plus tard pour l'Ile-de-France. Présentée comme un succès, elle n'a pas été reconduite pour la journée du 18 mars.

Le seuil d’alerte maximal à la pollution aux particules PM10 a été dépassé à nouveau le 14 mars dans plus d’une trentaine de départements couvrant une large partie Nord de la France et la région Rhône-Alpes. La veille à Paris, on a même atteint des seuils record de 100 µg/m3 de PM10 dans l’air, soit le double du seuil d’information (50µg/m3(1)) et bien au dessus du seuil d’alerte (80µg/m3).

Las de l’inaction des pouvoirs publics, la Fédération nationale des usagers du transport (FNAUT) s’est associée, la veille, à la plainte contre X déposée quelques jours auparavant par les associations Ecologie sans frontière, Respire et Rassemblement pour la planète, pour mise en danger d’autrui par la pollution de l’air. Des associations qui réclament des mesures préventives pour réduire l’impact de la pollution routière.

Dispositif d’urgence – Cette action en justice aurait-elle alerté le ministre de l’Ecologie ? Le 13 mars, accompagné de Jean-Paul Huchon, Philippe Martin a en effet présenté pour l’ensemble des régions touchées la « mise en place d’un dispositif d’urgence », avec des mesures comme la limitation de vitesse (en Picardie, Nord-Pas-de-Calais et Ile-de-France), la gratuité du stationnement résidentiel, la limitation des épandages agricoles, la suspension des écobuages (Rhône-Alpes), une réduction provisoire des activités industrielles (Haute Normandie et Rhône-Alpes) et la priorité donnée aux transports en commun.

A Paris, le Conseil régional et la mairie de Paris ont opté pour la gratuité du Vélib’, d’Autolib’ et des transports collectifs du 14 au 16 mars, avant d’étendre cette mesure jusqu’au 17 mars au soir. D’autres agglos ont également pris la même mesure  (Grenoble, Dijon…). Une gratuité qui a un coût : 2,5 millions d’euros par jour en Ile-de-France, selon le président de la RATP Pierre Mongin, ce manque à gagner étant compensé par le le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif).  Le président de la région, Jean-Paul Huchon, qui évoque pour sa part un coût de 4 millions d’euros par jour(2), a indiqué lundi 17 mars être  » en discussion avec le gouvernement  » pour  » qu’il prenne sa part de la charge « . Le conseil régional a précisé à l’AFP qu’  » un engagement en haut lieu avait été donné  » pour que l’État prenne  » une part conséquente  » de cette charge financière.

La circulation alternée cantonnée à la journée du 17 mars – Samedi 15 mars, à l’issue d’une cinquième journée de pic de pollution, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a décidé de mettre en place la circulation alternée à Paris et sa petite couronne pour la journée du 17 mars, une mesure testée seulement une fois en 1997. Ce dispositif  « a entraîné 60 % de congestion en moins sur les axes franciliens », a déclaré François Hardy, chargée de la circulation et la sécurité routière, lors d’un point presse. Philippe Martin a assuré pour sa part que les observations en région Ils-de-France ont montré « une nette tendance à l’amélioration » de la pollution dans la journée de lundi, et que les niveaux de pollution aux particules seraient mardi « inférieurs au seuil d’information ». Sur décision du Premier ministre, la circulation alternée en Ile-de-France n’a donc pas été reconduite pour la journée du 18 mars.

Auparavant, lors d’un point presse tenu le samedi 15 mars, Philippe Martin a promis de mettre le dossier de la pollution de l’air sur le haut de la pile dans les semaines qui viennent : « Je recevrai au lendemain des élections municipales tous les acteurs concernés par ce dossier » a-t-il assuré, avant de préciser que le projet de loi sur la transition énergétique « comportera un volet consacré à la qualité de l’air ».

Le « dogme du tout diesel » en question – Très critique, la FNAUT, qui avait appelé dès le début de l’épisode de pollution à la mise en oeuvre de la circulation alternée, a fustigé  » les propos contradictoires du ministre des Transports Frédéric Cuvillier qui discourt sur les vertus de la bicyclette mais relance les autoroutes, remet à plus tard l’aide financière aux projets de développement des transports collectifs urbains, augmente de 3 % la TVA sur ces derniers, retarde au contraire la hausse de la taxation du diesel et écarte celle du kérosène des avions. ». Stéphen Kerckhove,  de l’association Agir pour l’Environnement, abonde dans le même sens : « Il va falloir oser remettre en cause le dogme du tout diesel. Pour nous, la solution réside dans le changement de fiscalité du diesel et le développement massif des transports en commun ».

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