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[OPINION] FONCTION PUBLIQUE
Le DGS n’est pas le directeur général du silence
Auteur associé | France | Opinions | Toute l'actu RH | Publié le 10/03/2014

Une collègue, qui se prévaut de 25 années de direction générale dans les collectivités locales, se vante, dans une tribune publiée dans « La Gazette » [1]du 24 février, de ne jamais avoir adhéré au Syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales (SNDGCT). Son prétendu motif serait que ce dernier adopte une « position censoriale au nom de soi-disant valeurs républicaines et démocratiques », à l’égard des DGS qui serviraient des élus apparentés ou soutenus par le Front national et qu’il nous inciterait à enfreindre notre obligation de réserve, au mépris « du résultat du suffrage universel ».

D’abord, il faut rafraîchir la mémoire défaillante de mon éminente collègue en lui rappelant que suffrage universel ne rime pas toujours, hélas, avec universalité des valeurs. A cet égard, ce qui s’est passé il y a quelques années dans des communes comme Toulon, Vitrolles ou Orange en termes de politique publique ne respirait pas les valeurs traditionnelles du service public (préférence nationale, censure de journaux dans les bibliothèques publiques, etc.).
Pour autant, nous ne contestons pas le fait que le FN est un parti autorisé et que ses candidats qui seront élus bénéficieront de la légitimité des urnes.

Le statut n’interdit pas de s’exprimer – Ensuite, l’obligation de réserve évoquée s’impose en effet aux fonctionnaires. Elle garantit la neutralité du service public et l’impartialité du traitement des usagers par les agents publics mais elle doit pouvoir être combinée avec la liberté d’expression en général et le droit syndical en particulier. Ainsi, le statut de la fonction publique n’a jamais empêché les fonctionnaires de s’exprimer : l’obligation de réserve n’est pas un vœu de silence.

Enfin, et surtout, il est parfaitement légitime qu’un syndicat de dirigeants territoriaux attaché au pacte et au creuset républicains, et ayant inscrit dans ses statuts et sa charte déontologique le respect des valeurs du service public, considère que la défense de ce dernier, au nom de l’intérêt général, soit prioritaire, au risque de heurter certaines sensibilités.
Le DGS n’est pas qu’un manager de ressources humaines, de procédures et de projets ; il intervient sur un segment sociétal qui ne saurait s’abstraire de toute réalité politique. Le DGS n’est pas le DG du silence. C’est justement là toute la noblesse de ses fonctions.