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EDITO
Métropoles : le doute grandit
Jacques Paquier | A la Une finances | Billets finances | Publié le 14/02/2014 | Mis à jour le 05/03/2014

A l’heure des travaux pratiques, la préfiguration des métropoles révèle l’incomplétude de la loi. Les économies d’échelle ne seront pas immédiates.

paris_21mar_410x263 [1]Irréaliste ? Le délai fixé par la loi Mapam pour que voient le jour les métropoles, au 1er janvier 2015 pour celles de droit commun, un an plus tard pour Marseille et Paris, paraît court au regard des enjeux, financiers et fiscaux notamment.
« L’inquiétude des agents grandit », indique un DGA finances.

Même à Lyon, partout présenté comme un cas d’école exemplaire, de nombreuses questions se posent. « Avec la scission du département en deux, il y aura des mutualisations avec les services de l’actuel Grand Lyon, mais aussi des démutualisations », poursuit le même DGA.
Certains se demandent si l’existence d’un département du Rhône démembré de son aire urbaine fait sens.

A Paris, où l’on va créer une métropole de toutes pièces, les questions se posent avec une acuité supérieure. La redistribution des richesses opérée par la future Métropole du Grand Paris (MGP), demeure largement à prouver.
« Les dispositions de la loi garantissent à chaque commune de conserver des ressources au moins égales à celles dont elles disposent aujourd’hui. La péréquation ne portera, par conséquent, que sur une part de la croissance des recettes de la MGP », rappelle Mélanie Lamand, DGA ressources à Plaine Commune.
Par ailleurs, les compétences exercées de droit par la métropole apparaissant relativement étroites, la péréquation via la production de services publics métropolitains pourrait également se voir réduite.

Partout, on souligne que la construction de tels ensembles sera complexifiée par la contribution des collectivités à la réduction des déficits publics. « Ce que l’on omet de dire aujourd’hui, c’est que la création de telles structures, et les transferts qui lui sont liés, commenceront par représenter un coût », fait valoir un autre DGA.
A Paris, dans ce contexte, la nomination à la tête de la mission de préfiguration de la métropole d’un fonctionnaire d’Etat passe mal, la méconnaissance des réalités territoriales des auteurs de la loi expliquant, pour beaucoup, ses absurdités.

CHIFFRES CLES

3 milliards d’euros, tel sera le montant des recettes fiscales de la métropole du Grand Paris.