logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/220364/les-bibliotheques-municipales-interpellees-par-les-opposants-a-la-theorie-du-genre/

LECTURE PUBLIQUE
Les bibliothèques municipales interpellées par les opposants à la théorie du genre
Hélène Girard | France | Publié le 12/02/2014

Les opposants à la théorie du genre et au mariage pour tous réclament le retrait des rayons «jeunesse» des livres évoquant l’égalité des sexes et l’homosexualité. L’Association des bibliothécaires de France réplique en invitant les professionnels à procéder à ces acquisitions au nom de leur rôle défini par le Manifeste de l’Unesco. De son côté, la ministre de la culture et de la communication assure son « soutien le plus absolu au personnel des bibliothèques et aux élus locaux ».

Versailles, Saint-Quentin-en-Yvelines, Lyon, Toulouse, Clermont-Ferrand, Quimperlé, Tours, Nantes, Saint-Etienne… De jour en jour, depuis le début février, Le Salon beige [1]– site qui se présente comme « le blog quotidien d’actualité par des laïcs catholiques » –  recense les bibliothèques municipales qui proposent dans leurs rayons « jeunesse » des ouvrages accusés de véhiculer la théorie du genre. Les blogueurs du Salon beige dénoncent des « bibliothèques idéologiques ». Ils réclament le retrait de ces titres des rayons destinés aux enfants et invitent les parents à « demander des comptes à leurs élus. »

De son côté, le Printemps Français, « demande aux parents d’appeler les bibliothèques, d’appeler les mairies pour que ces livres soient retirés des rayonnages », comme l’a expliqué le 11 février, dans une déclaration à l’AFP, Béatrice Bourges, la présidente de cette organisation opposée au mariage pour tous.

L’Association des bibliothécaires de France (ABF) et la ministre de la culture et de la communication, Aurélie Filippetti, ont réagi par communiqués le 10 février 2014. L’ABF [2] rappelle que les ouvrages en question «figurent dans une liste [3]de 79 livres « pour l’égalité et [concernant] essentiellement l’égalité femme-homme et l’homosexualité » proposés par le Manifeste de l’Unesco [4] et son propre code de déontologie [5]  pour justifier la constitution de collections « répondant à des critères d’objectivité, d’impartialité, de pluralité d’opinion. » Forte de ces références, l’ABF espère « bien au contraire que la liste des bibliothèques ayant procédé à ces acquisitions s’allongera ». Une prise de position à laquelle s’est associée, le 12 février 2014, l’interassociation [6]archives-bibliothèques-documentalistes (IABD)

Aurélie Filippetti,  pour sa part, prévient [7] que « la France ne tolère pas les tentatives de censure de ces lieux-phares de la République que sont les bibliothèques (…) ni les attaques contre leurs professionnels irréprochables, dont les règles d’éthique professionnelle sont d’ailleurs inscrite dans le Manifeste de l’Unesco sur les bibliothèques publiques. »

Les bibliothécaires ont également reçu le soutien de la Charte [8] des auteurs et des illustrateurs jeunesse.