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[Exclusif] Social

La pauvreté dans les arrondissements de Paris, Lyon et Marseille

Publié le 28/01/2014 • Par Auteur associé • dans : Dossiers d'actualité

paris_pauvrete_taux
La Gazette
Le Compas publie pour la seconde fois, avec la Gazette des communes, des données sur les taux de pauvreté des 100 plus grandes communes de France, des chiffres inédits. Cette année, nous mettons un coup de projecteur particulier sur les arrondissements des trois plus grandes communes de France : Paris, Lyon et Marseille. Là aussi, les taux moyens masquent des inégalités considérables, avec des taux pouvant dépasser 40 % dans certains territoires.

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Louis Maurin et Violaine Mazery

Le Compas

Cet article fait partie du dossier

Pauvreté : en finir avec la politique de l'autruche

Pour la première fois, nous publions les taux de pauvreté des arrondissements des trois plus grandes villes de France. Il faut noter que bon nombre de ces arrondissements ont une population qui les classerait parmi les plus grandes communes de France. Leur étude en tant que telle est donc riche d’enseignements.

Le tout premier, c’est la situation spécifique de Marseille. La ville, qui comprend des arrondissements entiers très populaires au coeur même de la ville, est marquée par des taux de pauvreté supérieurs à 40 % (1). Le prix des logements n’a pas autant explosé que dans les deux autres métropoles, il y persiste un parc privé à prix relativement modéré.

Dans le 3e arrondissement, nous évaluons le taux de pauvreté à 55 % : plus que Roubaix, commune qui arrive en première position selon le taux de pauvreté parmi les 100 plus grandes villes.
Dans les arrondissements voisins du 1er et du 2e, autour du vieux port, le taux de pauvreté atteint 43 % et 44 %. Viennent ensuite les quartiers Nord (14e et 15e arrondissements), avec 42 et 43 %.

Et encore, notre étude réalisée pour la région Paca (2) montrait que dans certains quartiers, le taux de pauvreté pouvait dépasser 75 %. A l’ouest de la ville en revanche, les 8e et 12e arrondissements connaissent des taux de pauvreté (9 et 10 %) similaires à ceux des arrondissements les plus riches de Lyon ou Paris.

A Paris et à Lyon, le taux de pauvreté par arrondissement ne dépasse pas 25 % (19e arrondissement parisien). Ces communes ont connu un processus de gentrification massif, notamment dans l’Est parisien.
Dans les arrondissements les plus aisés, le taux se situe entre 7 % (7e arrondissement parisien) et 9 % (4e arrondissement lyonnais). Des territoires où le prix des loyers atteint des niveaux démesurés : hors habitat social ou très petites surfaces (chambres de bonne notamment), les plus pauvres ne peuvent avoir les ressources pour se loger dans le parc locatif privé.

Quand on y regarde de plus près, Lyon et Paris sont loin d’être uniquement peuplées de catégories aisées. Dans cinq arrondissements, les 8e et 9e de Lyon, les 18e, 19e et 20e de Paris, le taux de pauvreté dépasse 20 %, largement plus que la moyenne nationale de 14,3 %. On y compte des personnes seules, mais aussi des familles démunies, parfois logées dans un parc privé très dégradé.

Attention à l’échelle d’observation – L’écart entre Marseille, Paris et Lyon est moins grand qu’il n’y paraît. Il est en partie lié à un phénomène d’échelle d’observation. Les trois arrondissements parisiens les plus pauvres comptent chacun 200 000 habitants. Chacun de ces arrondissements représente plus d’habitants que les quatre arrondissements marseillais les plus pauvres regroupés.

A l’intérieur des 18, 19 et 20e arrondissements de Paris en particulier (mais aussi le 13e par exemple), selon nos calculs – non publiés – le taux de pauvreté dépasserait 40 % dans plus d’une dizaine de quartiers.

En taille de population, ces quartiers rassemblent l’équivalent d’un arrondissement de Marseille. A Lyon, on retrouve le même phénomène au sein des 8e et 9e arrondissement, avec des taux qui dépassent 30 voire 40 %, comme c’est le cas par exemple au quartier Balmont (un taux de pauvreté de 46 %).
La singularité de Marseille réside surtout dans le fait que les populations démunies continuent à vivre au coeur même de la ville (encore qu’à Lyon le 1er arrondissement reste relativement populaire).

Mixité dans les grandes métropoles – La mixité des grandes métropoles est peut être plus importante qu’on ne le pense quand on s’y penche de plus près (3).
La géographie des revenus des grandes villes dessine des modèles qui restent différents, comme l’a montré d’ailleurs dans une thèse récente le démographe Aurélien Dasré (4).

Malgré la hausse des prix de l’immobilier, les grandes villes rassemblent encore une grande partie de la population pauvre et certains quartiers atteignent des niveaux de pauvreté qui dépassent de très loin la moyenne du pays.
Ces éléments montrent une nouvelle fois, la nécessité d’une approche détaillée si l’on veut comprendre la réalité économique et sociale des territoires.

Il faut pouvoir raisonner avec des échelles semblables si l’on veut échapper à l’illusion que peuvent créer des îlots de pauvreté, créés par le découpage utilisé. A l’échelle de la France, on peut par exemple faire apparaître de vastes territoires marqués par des taux de pauvreté élevés, mais qui, peu denses, ne regroupent qu’une population très faible.

A l’échelle des grandes villes, une très forte densité peut faire disparaître des taux de pauvreté très forts localement, qui se cachent derrière des moyennes : si on y regarde de plus près, la pauvreté réapparaît.
[Retrouvez d’autres analyses sur le site du Compas, rubrique Publications.]

Notre méthode d’estimation des niveaux de vie

Le taux de pauvreté estimé à 60 % du revenu médian est le pourcentage de ménages qui perçoivent moins de 60 % du revenu médian national, pour lequel la moitié de la population dispose de ressources supérieures et l’autre inférieures, après impôts directs et prestations sociales. Le seuil de pauvreté est de 977 euros en 2011.

Les estimations du Compas sont réalisées à partir des données fiscales communiquées par l’Insee pour toutes les communes, pour l’année 2011. Mais l’Insee ne fournit pas le niveau des prestations de façon aussi fine.

Pour le déterminer, nous avons imputé aux revenus déclarés perçus localement l’équivalent des prestations reçues et des impôts payés au niveau national, en fonction des niveaux de vie.
Il s’agit donc d’une approximation qui ne reflète pas les revenus réellement perçus par les ménages de chaque ville. Les prestations varient peu au niveau local. L’écart entre les niveaux de vie réels et nos données peut provenir essentiellement de la composition des ménages, différente selon les villes (plus ou moins de familles, de personnes seules, de jeunes ou de plus âgés, etc).

Attention : ces données diffèrent de celles diffusées en juillet 2012. Nos estimations étaient effectuées après prestations mais avant impôts, qui sont désormais intégrés. Il est impossible de calculer une évolution à partir de ces deux documents.

Cet article fait partie du Dossier

Pauvreté : en finir avec la politique de l'autruche

Sommaire du dossier

  1. Pauvreté : en finir avec la politique de l’autruche
  2. Des pauvres de plus en plus pauvres, et des riches de plus en plus riches
  3. Niveaux de vie : comment se situe ma commune ?
  4. Où vivent les jeunes adultes de condition modeste ?
  5. Pauvreté : une analyse objective de la situation
  6. Ces quartiers où plus de la moitié de la population est pauvre
  7. Les inégalités de la France d’en haut et de la France d’en bas, dans les communes de plus de 20 000 habitants
  8. Pauvreté et inégalités : état des lieux dans les villes de plus de 20 000 habitants
  9. Combien de pauvres dans les 100 plus grandes villes ?
  10. Pauvreté et types de ménages : une typologie des intercommunalités
  11. Les pauvres seraient-ils encore plus pauvres dans les villes riches ?
  12. Inégalités territoriales : mieux se situer pour affiner ses politiques sociales
  13. Les taux de pauvreté des 100 plus grandes communes de France
  14. La pauvreté dans les arrondissements de Paris, Lyon et Marseille
  15. Connaître les pauvres en France : typologies
  16. « La pauvreté ne se limite pas à la périphérie des villes ! » – Louis Maurin
  17. Où vivent les pauvres ? L’Insee infirme définitivement la thèse de la France périphérique
  18. « La lutte contre la pauvreté passe par des ajustements locaux » – François Chérèque, inspecteur général des Affaires sociales, président de l’Agence du service civique
  19. Inégalités : quels enseignements tirer du classement des communes ?
  20. Villes, périurbain, rural : quels sont les territoires les moins favorisés ?
  21. « La mesure la plus fine possible de la pauvreté est fondamentale » – Daniel Zielinski, Unccas
  22. Pauvreté : les acteurs locaux expriment leurs besoins en matière d’observation sociale
  23. ATD Quart Monde se félicite de l’abandon du « taux de pauvreté ancré dans le temps »
  24. Comment les villes observent la pauvreté de leur territoire
  25. Journée mondiale du refus de la misère : lutter contre les discriminations fondées sur la précarité sociale

Notes

Note 01 Comme l’a montré d’ailleurs Gérard-François Dumont dans « Géographie urbaine de l’exclusion dans les grandes métropoles françaises », L’Harmattan, 2011. Retour au texte

Note 02 Voir « Disparités socio-spatiales en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Métropole Aix-Marseille, Atlas territorial », Compas, novembre 2013. Retour au texte

Note 03 Sur ce sujet voir aussi les données publiées par l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) sur www.apur.org et notamment « Catalogue des données socio-économiques de la métropole parisienne », novembre 2013. Retour au texte

Note 04 Voir « Comment se regroupent les populations dans l’espace urbain », Aurélien Dasré, publié sur www.inegalites.fr le 8 novembre 2013. Retour au texte

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