ENVIRONNEMENT

Quid de l’eau dans la future agence de la biodiversité ?

| Mis à jour le 28/01/2014
Par • Club : Club Techni.Cités

Javier Castro - Fotolia

Le Conseil scientifique de l’Onema s’inquiète de la perte de lisibilité sur la politique de l’eau que pourrait entrainer l’intégration de l’Onema dans la future Agence française de la biodiversité (AFB).

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Les inquiétudes se multiplient à propos de la future Agence française de la biodiversité. Début janvier 2014, l’intersyndicale (CGT-CFDT-Unsa, SNE, Feets-FO) représentant les agents concernés par ce projet avait souligné les moyens insuffisants et le manque de cohérence des missions assignées à cette agence, allant jusqu’à refuser de participer au comité technique ministériel du 8 janvier dernier.

Le 21 janvier 2014, c’est le Conseil scientifique de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema) qui a tenu à faire part de ses inquiétudes sur plusieurs points, notamment sur la place du thème de l’eau dans ce futur établissement.

Vers une Agence française de l’eau et de la biodiversité ? – Alors que l’Onema va apporter la majeure partie des ressources budgétaires de cette agence, l’absence de l’évocation de l’eau dans l’intitulé même de l’agence rend sceptique Luc Abbadie, président de ce Conseil scientifique (et également directeur de l’Institut d’écologie est des sicences de l’environnement de Paris). « Pourquoi ne pas avoir utilisé l’appellation « Agence française de l’eau et de la biodiversité » ? », s’interroge-t-il ? Une question qu’il a posée aux représentants de l’Etat mais qui est restée étrangement sans réponse.

Comment cette situation va-t-elle être perçue au niveau européen et international, alors que l’Onema – créé en 2008 – commençait à être connu et reconnu ? « C’est un problème pour affirmer son volontarisme. La France a besoin d’une politique de l’eau ambitieuse, portée par un dispositif institutionnel clair, efficace et lisible », ajoute-t-il.

De plus, souligne le communiqué du Conseil scientifique de l’Onema, le rôle de l’Onema ne se limite pas à des questions de biodiversité. En d’autres termes, l’Onema et l’action qu’il mène au titre de la politique de l’eau ne sont pas solubles dans la biodiversité : « les missions de l’Onema s’étendent bien au-delà de la seule préservation de la biodiversité aquatique ; elles concernent également la gestion quantitative de la ressource en eau, le bon état des masses d’eau, les technologies de traitement de pollutions chimiques ou encore la lutte contre les pollutions diffuses (nitrates, pesticides, micropolluants)… Ces enjeux sont très structurants pour la politique environnementale de notre pays », pointe le communiqué.

Choyer les chasseurs – Le Conseil scientifique de l’Onema souligne également « le manque de cohérence » du périmètre de cette agence : si elle doit regrouper l’Onema, l’Agence des aires marines protégées, l’établissement public des Parcs nationaux de France, le groupement d’intérêt public Aten(1), elle n’intègrera pas l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, l’Office national des forêts ou encore la Fondation pour la recherche sur la biodiversité. A la réflexion, une biodiversité sans faune et sans forêts, c’est pour le moins étrange …

Des conventions de partenariats devraient être signés, a-t-on répondu au ministère à Luc Abbadie. Mais ce dernier voit surtout dans cette frilosité la volonté de ne pas froisser les chasseurs – dont les voix politiques sont choyées depuis toujours par les hommes politiques – les chasseurs ne souhaitant pas faire partie de cette agence.

Manque de cohérence – Le budget de l’agence devrait être supérieur à 211 millions d’euros (contre 110 millions d’euros actuellement pour l’Onema), selon Luc Abbadie, se répartissant notamment entre les crédits d’intervention de l’actuel Onema (pour 65 millions d’euros), le paiement des salaires des quelques 1250 agents (75 millions d’euros), le plan Ecophyto 2018 (27 millions d’euros), les milieux marins (12 millions d’euros).

Dans l’actuel projet, l’agence apparait ainsi comme un regroupement de plusieurs structures et de leurs budgets, cet ensemble étant chargé des missions actuelles de ces structures publiques ainsi que de nouvelles mesures pour la biodiversité. Une manière, pour le gouvernement, de mener ce projet sans créer de nouvelles lignes budgétaires, mais sans pour autant avoir une vision cohérente pour l’agence, ce que regrette le conseil scientifique de l’Onema. Par ailleurs, les nouvelles missions à financer pour la biodiversité avec ce budget impliqueraient, par effet mécanique, de grignoter les autres budgets, et surtout le plus important : celui de l’eau.

Le projet de loi bientôt au Parlement – Au final, le conseil scientifique de l’Onema demande « l’élargissement du cercle des organismes actuellement pressentis pour abonder l’AFB à tous les organismes publics concernés et l’affichage clair et net des enjeux de l’eau et des milieux aquatiques dans la future agence ». Et il compte bien poursuivre son action de sensibilisation auprès des parlementaires, lorsque le projet de loi sur la création de cette agence sera déposé, vraisemblablement entre la fin février et le début mars.

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