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DÉCHETS
L’incinérateur de Clermont-Ferrand en service, dix ans après la date prévue
Pablo Aiquel | actus experts technique | Régions | Publié le 23/12/2013

Le pôle multifilières de valorisation des déchets « Vernéa » couvre le Puy-de-Dôme et le nord de la Haute-Loire. Il a été inauguré le 13 décembre 2013, après dix ans de procédures et 70 procès.

Le pôle multifilières de valorisation des déchets « Vernéa », inauguré en décembre 2013, doit collecter 230 000 tonnes de déchets par an auprès de 650 000 habitants du territoire du syndicat pour la valorisation et le traitement de déchets ménagers (Valtom) du Puy-de-Dôme et du nord de la Haute-Loire. [1]

C’est le seul incinérateur inauguré en France en 2013. « Vernéa », le pôle multifilières de valorisation de déchets, mis en service industriel en novembre et inauguré le 13 décembre, doit collecter 230 000 tonnes de déchets par an auprès de 650 000 habitants du territoire du syndicat pour la valorisation et le traitement de déchets ménagers (Valtom) du Puy-de-Dôme et du nord de la Haute-Loire.

« Vernéa est l’aboutissement de quinze années de travail pour offrir aux usagers une solution responsable, durable et sécurisée pour leurs déchets. Il nous permettra d’aller au-delà des objectifs de valorisation fixés par le Grenelle de l’environnement, puisque celui-ci préconise un taux de valorisation des déchets de 45 % et le nôtre est de 70 % », explique le président du Valtom, Laurent Battut.

La mise en service de cet incinérateur est le résultat d’un long parcours du combattant. Annoncé en 2003, il a affronté dix ans de procédures et 70 procès qui ont coûté 80M€, selon ses promoteurs.

Electricité et compost – Première installation en France conçue selon un mode multifilières, Vernéa propose un dispositif qui traite les déchets à travers trois unités. Une unité de tri mécanique, afin de les acheminer vers leurs filières de valorisation respectives. Une unité de valorisation biologique, qui transforme les déchets verts et les biodéchets [2] en compost certifié et, associée à une installation de méthanisation [3], produira du biogaz [4]. Et une unité de valorisation énergétique qui produira de l’électricité grâce à la chaleur.

Confié pour vingt ans dans le cadre d’une délégation de service public à Sita, le pôle multifilières produit sa propre électricité et doit permettre chaque année d’éclairer 70 000 habitants et produire 6 500 tonnes de compost certifié.

« Le projet a été revu et repensé suite aux décisions du tribunal administratif. L’ensemble de rejets atmosphériques sont en analyse continue et les résultats sont disponibles en ligne, nous appliquons les normes les plus exigeantes de protection de l’environnement » assure Christophe Cros, directeur général de Sita France.

Reconnu installation classée pour la protection de l’environnement, le site bénéficie d’un contrôle continu de ses rejets atmosphériques et d’analyses du milieu naturel environnant, supervisés par la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal [5]).

Des opposants toujours mobilisés – Est-ce à cause des municipales qui approchent ou de la bataille juridique à laquelle certains élus ont participé ? Peu d’élus de premier plan étaient présents à l’inauguration qui a eu lieu, sans faste, le 13 décembre. Ni le président de Clermont communauté et maire de Clermont-Ferrand, Serge Godard, ni le président du conseil général, Jean-Yves Gouttebel, n’étaient présents.

En revanche, des opposants sont venus rappeler qu’ils ne désarmaient pas. « Nous allons mobiliser la population dans le cadre de l’enquête publique pour la révision du plan départemental des déchets. Le département est d’ailleurs hors-la-loi, car cette révision a déjà un an et demi de retard. Nous pensons que d’autres élus peuvent modifier les choses et arrêter l’incinérateur, si la population l’exige », assure Roger Anglaret, représentant de Puy-de-Dôme Nature environnement et membre d’un collectif d’associations opposées à l’incinération des déchets.