Réseaux de chaleur

Les chaufferies bois préparent la rentrée 2014

| Mis à jour le 30/06/2015
Par • Club : Club Techni.Cités

tchara - Fotolia

Pour les installations de combustion biomasse, passer le cap de la nouvelle année ne sera pas indolore. Plusieurs mesures techniques les obligent à investir dans la filtration et à réévaluer leur approvisionnement.

La neuvième rencontre nationale des réseaux de chaleur, organisée par Amorce le 10 décembre 2013, était l’occasion de se pencher sur les évolutions réglementaires entrant en vigueur en 2014. Principales concernées : les installations de combustion de bois.

Sur le papier, le premier changement est une affaire de sémantique. La définition de la biomasse évolue : les broyats de palettes et autres déchets d’emballages faiblement traités seront le 1er janvier 2014 classés dans la catégorie de bois dite 2910-B. Contrairement à la biomasse propre et aux connexes de scieries appartenant toujours, comme les combustibles commerciaux (gaz, charbon…), à la rubrique 2910-A.

La biomasse d’emballage coûtera plus cher – Cette évolution a des répercutions majeures sur la gestion des chaufferies de taille moyenne (entre 100 KW et 2 MW). Elles seront soumises désormais à une procédure d’enregistrement ICPE. Conséquence, « elles devront qualifier leur bois chaque année en évaluant la présence de métaux lourds ou de produits halogénés », illustre Delphine Bellanger, responsable des réseaux de chaleur chez Amorce. Coût de l’opération : entre 1 500 et 2 000 euros.

En aval, ces chaufferies devront par ailleurs analyser les teneurs en métaux lourds, en dioxines et en furanes de leurs cendres pour prouver que les conditions d’exploitation sont bonnes.

La seule solution pour les installations qui veulent échapper à ce durcissement est d’abandonner les bois d’emballage. Un vrai problème quand le montage économique du projet a pris en compte ces déchets deux fois moins onéreux en moyenne que les plaquettes forestières. S’appuyant sur une enquête réalisée cet été sur cent soixante installations, Amorce estime que 25 % du gisement de biomasse des réseaux de chaleur repose sur des produits d’emballages faiblement traités.

Un casse-tête foncier – Une alternative est proposée aux structures qui entreprennent une démarche de sortie du statut de déchet. A elles de prouver que la matière qu’elles utilisent ne représente pas un danger pour l’environnement… Dans les faits, aucune chaufferie ne s’est pour l’instant lancée dans l’aventure, préférant attendre la démarche collective entreprise par les représentants de la filière. Et si le dossier a déjà été examiné deux fois en commission, « pour le moment, ça coince encore », reconnaît Delphine Bellanger.

Au-delà du nouveau régime d’enregistrement, les valeurs limites d’émission de polluants vont elles aussi évoluer. Montrée du doigt lors des épisodes de pollution de l’air, la combustion du bois pouvait difficilement échapper à ce durcissement. D’autant que la France était jusqu’alors beaucoup plus permissive que ses voisins allemands ou suisses par exemple.

Concrètement, pour répondre aux nouvelles normes, les installations devront désormais s’équiper d’un système de filtration secondaire. Pour les porteurs de projets candidats au fonds chaleur, rien de bien nouveau. L’Ademe exige de tels filtres depuis plusieurs années. Pour les chaufferies un peu anciennes en revanche, la nouvelle dépense s’accompagne d’un casse-tête foncier. « Ces équipements sont très volumineux », souligne la représentante d’Amorce.

Nouvel avantage fiscal par rapport au gaz – L’émergence d’une contribution climat-énergie devrait a contrario redonner le sourire aux exploitants de réseaux de chaleur. En fixant à 7 euros la valeur de la tonne de carbone, le projet de loi de finances 2014 améliore la compétitivité de ceux qui misent principalement sur la biomasse. Notamment par rapport aux chaufferies gaz qui verront leur taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel (TICGN) augmenter fortement.

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