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POLITIQUE DE LA VILLE
Zones urbaines sensibles : les principaux chiffres à retenir
Hugo Soutra | Actu prévention sécurité | France | Publié le 18/12/2013 | Mis à jour le 19/12/2013

Le dernier rapport de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles a été publié mercredi 18 décembre. Il vient rappeler les difficultés socio-économiques de ces quartiers sensibles, mais aussi les chantiers qui restent à mener en matière d'illettrisme, d'accès à la santé ou encore d'atteintes aux personnes.

La situation des 3,9 millions d’habitants résidant en banlieues n’a pas connu d’amélioration en 2013. C’est, sans surprises, le constat dressé par le dernier rapport(1) [1] de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (ONZUS), dévoilé mercredi 18 décembre.

Ces 751 quartiers, caractérisés notamment par la présence de grands ensembles ou d’habitat dégradé, quasi-exclusivement situés en banlieue, et tous ciblés par la politique de la ville, présentent au contraire une sensibilité aggravée à la conjoncture économique.

Le taux de pauvreté est près de trois fois plus élevé en ZUS et la moitié des moins de 18 ans vit sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 977 euros par mois.

Creusement des inégalités – « Nous savions que les quartiers sensibles étaient plus durement frappés par la crise, ce qui m’inquiète davantage est que l’écart ne cesse de se creuser avec les territoires environnants des ZUS », s’est ému François Lamy.

« Année après année, nous observons que le revenu fiscal est un indicateur synthétique des principaux chiffres d’où la décision de refondre la géographie prioritaire autour de ce critère de pauvreté. Cela ne veut pas dire qu’il doit se confondre avec une analyse de causalité ni qu’il faille appliquer la même politique de la ville sur des territoires divers qui ont tous leurs spécificités », a mis en garde Bernadette Malgorn, présidente du conseil d’orientation de l’ONZUS.

Innovations de l’ONZUS – Si l’hétérogénéité des situations des différentes ZUS mérite d’être rappelée, le rapport 2013 comporte une nouveauté avec la prise en compte, en ce qui concerne l’éducation, non pas des seuls élèves scolarisés en ZUS, mais de l’ensemble des élèves dont la mère réside en ZUS.
Une différenciation qui a son importance quand l’on connaît les stratégies d’évitement pratiquées autour des établissements scolaires des quartiers sensibles, et qui permet à l’ONZUS de démontrer que la réussite scolaire augmente moins vite pour les élèves résidant en ZUS que pour leurs camarades n’habitant pas ces quartiers.

L’illettrisme des adultes (et donc des parents) est également un phénomène touchant davantage les populations habitant les ZUS que les agglomérations classiques : il s’élève à 15% dans ces territoires en difficulté contre 7% dans le reste de la France, selon des chiffres datant pour leur part de 2011.

Accès restreint à la santé – Comme l’on pouvait s’y attendre, le déficit en matière d’équipement de santé – comparé à l’offre proposée dans leurs agglomérations et non pas en fonction de ce qui se pratique dans les territoires périurbains et ruraux – n’a pas été résorbé entre 2012 et 2013.

Concernant les statistiques de sécurité et de tranquillité publique, la baisse de la délinquance enregistrée dans les ZUS demeure à relativiser :

Autres chiffres intéressant mesurés cette année par l’ONZUS, celui des actions financées dans le cadre de contrats urbains de cohésion sociale (Cucs). Près de 50% du milliard d’euros distribués au titre de la politique de la ville a été à destination d’associations (puis d’opérateurs locaux, de collectivités territoriales, d’administrations et de GIP).

Mis à part la dernière donnée sur le financement, ces chiffres restent à relativiser. Analysant des données en stock et non en flux, Bernadette Malgorn a conscience que « cela participe probablement à la construction de représentations négatives sur la politique de la ville, les banlieues et ses habitants. Mais au vu de la réalité du terrain, il est difficile de positiver à partir de quelques cas d’habitants en HLM parvenant à une ascension sociale ; il y en a aussi qui ne s’en sortent pas » se défend-elle.

L’observation mise à mal – Néanmoins, le « Panel Politique de la ville » qui suit pendant quatre ans une cohorte de 1 830 ménages (3 500 personnes) devrait y remédier en 2014, en démontrant qu’un certain nombre de foyers quittent les quartiers ZUS dans un parcours résidentiel ascendant.
Cette nouveauté devrait figurer dans le premier rapport du futur Observatoire national de la politique de la ville, alors que plusieurs sources confirment que les prochaines études devraient être chaotiques notamment du fait des discontinuités en termes d’indicateurs et de territoires prioritaires.

REFERENCES


CHIFFRES CLES

  • A niveau de qualification égale, le taux de chômage est plus de deux fois plus élevé en Zus (24,2%) qu’ailleurs (10,1%) ;
  • 36,5% des habitants des Zus vivent en-dessous du seuil de pauvreté soit un taux deux fois et demi plus élevé que dans les autres territoires.
    Par ailleurs, c’est un enfant sur 2 qui vit dans une famille pauvre ;
  • 11,6% des jeunes résidents en Zus ne sont ni en emploi ni en formation, un taux qui atteint 16% pour les jeunes diplômés.


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