Eau

L’état des lieux sur la qualité de l’eau dans le bassin Seine-Normandie fait ressortir des avancées…et des points noirs

| Mis à jour le 16/12/2013
Par • Club : Club Techni.Cités

Helen Hotson - Fotolia

Le Comité de bassin Seine-Normandie est le premier des 7 comités de bassins métropolitains à avoir adopté l'état des lieux, le 5 décembre. Ce document rend compte de la qualité de l’eau dans ce vaste territoire de 100 000 m² peuplé de 18 millions d’habitants. Le bilan est mitigé : certains points d’améliorations sont constatés, mais le problème de la persistance des pesticides et des nitrates dans les eaux souterraines reste problématique.

Quel est l’état de l’eau qui coule dans les rivières et les nappes souterraines du bassin Seine-Normandie ? C’est la question à laquelle vient de répondre l’ « état des lieux 2013 », dont le rapport a été adopté ce jeudi 5 décembre 2103 par le Comité de bassin Seine-Normandie.

La qualité chimique des rivières en progrès – La précédente édition de cet état des lieux datant de 2004, il était intéressant de voir les progrès qui ont – ou pas – été réalisés. Pour les cours d’eau (autrement dit les eaux de surface), un progression est à noter : la qualité chimique de l’eau s’est améliorée entre 2007 et 2010 pour 25 % des cours d’eau et on atteint une proportion de 31 % des portions de cours d’eau en « bon état ».

Les HAP dans le collimateur – Il ressort par contre que les polluants atmosphériques ont un impact très fort sur la qualité de l’eau (au sens de la DCE), principalement les HAP (hydrocarbures aromatiques polycyliques(1)). Ces molécules, qui représentent 50 % des émissions diffuses de polluants dans l’air, proviennent pour moitié des transports urbains et pour l’autre moitié des installations de chauffage (et notamment des cheminées sans insert dont l’utilisation va être interdite au 1er janvier 2015 en Ile-de-France). Elles se retrouvent donc dans les cours d’eau et représentent la principale source d’altération de la qualité chimique. « Sans les HAP, les rivières du bassin seraient à 92% en bon état chimique », assure André Santini, président du Comité de bassin Seine-Normandie.

La qualité écologique des rivières – c’est à dire les conditions de vie des organismes vivants dans ces rivières – a elle aussi progressé de 15 points : 38 % des portions d’eau contrôlés sont aujourd’hui en bon état contre 23 % en 2007.

Les nappes restent touchées par les pesticides – Si André Santini s’est félicité des améliorations obtenues pour les eaux de surface, il a reconnu qu’il n’en était pas de même pour les eaux souterraines. Entre 2007 et 2010, l’état de 29 des 53 nappes est resté médiocre, 5 nappes s’étant améliorées et 7 nappes étant restées en bon état. En cause : les pesticides qui affectent 68 % des masses d’eau, et dans une moindre proportion les nitrates qui touchent 30 % des masses d’eau.

« La difficulté vient de l’effet de percolation de ces molécules et de l’inertie des masses d’eau », explique Michèle Rousseau, directrice générale de l’agence de l’eau Seine-Normandie. En clair : la dégradation des molécules chimiques dans le milieu naturel est très lente, si bien qu’on retrouve dans les masses d’eau des substances interdites depuis déjà longtemps.

Les agriculteurs, qui sont représentés au Comité de bassin, ont d’ailleurs demandé à ce que soit réalisé une carte où l’on ne mentionne que les produits phytosanitaires permis à ce jour, afin que l’on puisse voir leurs efforts et qu’ils ne soient pas encore pris pour cibles.

Les efforts des collectivités portent leurs fruits – Du côté des rejets de polluants dans les milieux aquatiques, on constate une baisse comprise entre 30 et 50 % pour les matières organiques (selon les substances) grâce à l’amélioration du fonctionnement des systèmes d’assainissement (réseaux et stations d’épuration) et de leur capacité épuratoire. Les rejets de phosphore des collectivités ont chuté de 60 % depuis 2004, grâce à l’interdiction des phosphates dans les lessives et là aussi à l’amélioration des systèmes d’assainissement. Ceux d’azote « réduit » ont diminué de plus de deux tiers.

Convaincre Bruxelles – A travers cet état des lieux, il ressort qu’il sera bien difficile d’atteindre les objectifs ambitieux que la France s’est engagée à atteindre pour le bassin Seine-Normandie à l’horizon 2027, avec des points d’étape à faire auprès de la Commission européenne en 2015 et 2021. Dès 2015, il faudra notifier à Bruxelles le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) et justifier les raisons pour lesquelles il ne sera pas possible d’atteindre les objectifs initiaux sauf à un « coût économique disproportionné ». Mais il faudra que les responsables français soient persuasifs pour ne pas s’attirer à nouveau les foudres de Bruxelles…

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