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AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE
La montagne, en quête d’une nouvelle gouvernance
Geneviève De Lacour | Actualité Club Techni.Cités | France | Publié le 06/12/2013

En octobre 2013, l’IRTSEA a organisé à Grenoble un colloque sur l’aménagement de la montagne. L’occasion de parler du risque avalanche et du devenir des stations de moyenne montagne. Car, face au réchauffement climatique et aux changements économiques se pose la question d’une nouvelle gouvernance des territoires.

Les premières neiges commencent tout juste à tomber sur les massifs montagneux et déjà les stations de ski se préparent à accueillir 10 millions d’amateurs de sports d’hiver. L’occasion pour l’Institut national de recherche en Sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (IRSTEA [1]) d’organiser une rencontre sur le thème de : « la montagne, entre les risques socio-économiques et les risques naturels ».

«La montagne est un milieu spécifique où la pression foncière est très importante », explique Jean-Marc Bournigal, président de l’Irstea. Et avec le réchauffement climatique, les problèmes se multiplient. Depuis la loi montagne de 1985, qui vise à maitriser l’urbanisme et le développement touristique, quelques 6100 communes ou collectivités locales sont responsables de leur aménagement touristique. « Elles les gèrent soit en direct soit à travers une délégation de service publique », explique Emmanuelle George-Marcelpoil, directrice de l’unité de recherche sur le développement des espaces montagnards.

Sur 160 sites alpins répertoriés, 60% sont en délégation de service public – L’Irstea a réalisé pour la DATAR [2] un atlas des stations de ski. Sur 160 sites alpins répertoriés, 60% sont en délégation de service public. « Parfois des départements, comme la Savoie, encouragent la régie. Ce département a en effet créé une holding pour garder un droit de regard et une capacité financière à développer des projets. » Mais 50% des délégations de service publique vont arriver à échéance d’ici 10 ans. L’atlas permet donc de dresser un état des lieux actualisé et de comprendre la manière dont la gouvernance s’organise sur le terrain. Emmanuelle George-Marcelpoil étudie, par exemple, la manière dont les stations gèrent la production de neige de culture et l’impact économique et environnemental de cette production. Ce qui permet à l’Institut de recherche de fournir des outils pour optimiser les pratiques, toutes empiriques.

La chercheuse étudie également l’adaptation de stations de moyenne altitude (1500 m) au réchauffement climatique. Les scientifiques constatent en effet une augmentation des mauvaises années d’enneigement (une sur 3 au lieu de une sur 5 quelques années auparavant) qui pose la question de la pérennité des installations. Enfin, les chercheurs de l’Irstea s’interroge sur l’échelle à laquelle la diversification, inévitable aux vues de ces changements, doit être menée : celle de la station ou de l’intercommunalité ?

Augmentation des avalanches humides – Responsable de la cartographie des avalanches, l’IRSTEA analyse depuis 40 ans les données collectées sur le terrain et modélise le phénomène. Ainsi, la nature des avalanches a changé. «On observe une augmentation du nombre des avalanches humides qui parcourent de moindres distances», explique Mohamed Naaïm, directeur scientifique adjoint de l’unité grenobloise de recherche sur les avalanches. « Il a fallu revoir toute la théorie puisqu’on s’est rendu compte que les avalanches lentes font autant de dégâts que les avalanches rapides », précise le spécialiste. Les dernières études ont ainsi permis d’affiner les outils d’aide à la décision. Car l’Institut se retrouve au cœur du débat entre la pression des aménageurs et les périmètres de protection à fixer. Ces périmètres ont d’ailleurs été réduits, passant de 100 à 20 mètres. « Nous affinons actuellement, par massif, la modélisation des avalanches, en prenant en compte des évènements tri centennales. Se référer aux avalanches décennales ou centennales ne sécurisait pas assez », conclue Mohamed Naaïm.

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