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DOSSIER : Congrès des maires 2013 : toutes les infos, tous les débats
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/208570/mediascopie-les-213-mots-qui-definissent-la-relation-entre-les-maires-et-leurs-habitants/

CONGRÈS DE MAIRES 2013
Mediascopie : Les 213 mots qui définissent la relation entre les maires et leurs habitants
Cédric Néau | Dossiers d'actualité | France | Publié le 22/11/2013 | Mis à jour le 25/11/2013

Pas assistant social, mais organisateur du quotidien. Voici comment les habitants voient leur maire dans une étude Mediascopie présentée mardi 19 novembre en ouverture du congrès des maires. Des résultats à lire avant de se représenter aux prochaines élections.

Non, les habitants ne sont pas lassés des maires de leur communes, mais « leurs attentes sont plus fortes que leurs satisfactions », reconnait Denis Muzet, sociologue et président de l’institut Mediascopie, venu présenter en ouverture du 96è congrès des maires une étude sur les 213 « mots des maires » résumant leurs actions et les attentes de leurs administrés. Utile en cette période pré-électorale.

Les maires présents dans l’auditorium du parc des expositions de Paris ont pu vérifier que leurs administrés n’attendent pas d’eux qu’ils soient « des confidents », encore moins des « assistants sociaux, par peur de clientélisme », mais bien des « organisateurs du quotidien », selon le terme de Denis Muzet.

Priorité à l’économie – C’est aussi vrai en matière économique, « la priorité des priorités » estime le directeur de Mediascopie. « On attend moins une politique directe sur l’emploi qu’une action de dynamisation du tissu économique local », explique Denis Muzet. Pour le maire, l’enjeu n’est pas de fournir directement un emploi à un habitant, encore que le reportage d’Envoyé spécial diffusé jeudi 21 novembre ait démontré l’inverse à Aix-en-Provence.

 

Les électeurs jugeront plutôt le maire sur sa capacité à attirer les entreprises et les commerces et à bien utiliser les dispositifs d’aide à l’emploi comme les emplois d’avenir, les mesures d’insertion professionnelle des jeunes ou les maisons de l’emploi, prévient l’institut.

A noter que le secteur du tourisme est loin d’être anecdotique pour les habitants : « l’animation touristique reste attendue, particulièrement dans les communes de plus de 100 000 habitants. C’est considéré comme un point fort de l’action municipale », note le sociologue.

Super-aménageur – Le maire est vu comme un aménageur, dit l’étude. Il doit avoir une vision de la manière d’améliorer le cadre et la qualité de vie dans son territoire. Au-delà du tourisme, le maire est attendu sur sa capacité à lutter contre la désertification, aussi bien via le maintien du commerce de proximité – plus apprécié que les zones commerciales – que l’animation de sa commune, via la salle polyvalente ou les fêtes locales.

« On se moque bien de nous avec notre salle polyvalente, mais c’est parfois le seul lieu de vie, qui n’existerait plus sans nous », s’étranglait dans un débat sur le nombre de communes en France, un maire face à Agnès Verdier-Molinier, directrice de l’IFRAP (1) [1] qui prônait la fusion de communes.

Le maintien du PLU communal, le bon combat ? – Les transports ne sont plus une attente purement municipale, mais intercommunale, montre Mediascopie, tout comme l’urbanisme : « la marge de manœuvre du maire en matière de logement est perçue comme trop parcellaire », estime Denis Muzet.
Dans ces conditions, il sera peut-être difficile, pour les maires opposés au PLUI, de mobiliser leurs électeurs sur ce combat, ces derniers n’ayant pas clairement conscience du rôle de l’édile en matière d’urbanisme.

Le thème de la sécurité est également à prendre avec précaution. « La figure du maire, garant de la tranquillité publique reste bien identifiée », indique Denis Muzet, mais les habitants ont clairement conscience de « l’insuffisance des moyens ». Les aires d’accueils aux gens du voyage, mais aussi l’installation des caméras de surveillance suscite par exemple « beaucoup de méfiance pour ne pas dire de la défiance », de la part des habitants analyse le sociologue.

Le maire, ce leader fédérateur, impartial et responsable –  Pour Mediascopie, le maire est surtout jugé sur sa capacité à gérer correctement la commune et dans « son rôle symbolique de rempart la protégeant », explique Denis Muzet. Pour renouveler la relation de confiance entre les maires et leurs administrés, trois mots d’ordre : action, honnêteté, information » conclut-il.

Le mapping élaboré par Mediascopie sur les "mots des maires", présenté lors du 96e Congrès des maires. Cliquez pour agrandir l'image. (Sources: Médiascopie, AMF). [2]

Le mapping élaboré par Mediascopie sur les « mots des maires », présenté lors du 96e Congrès des maires. Cliquez pour agrandir l’image. (Sources: Médiascopie, AMF).