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CULTURE
Festivals : le modèle français résiste bien à la crise
Alix de Vogüé | France | Publié le 18/12/2013

L’enquête « Festudy » constitue la première comparaison internationale, avec une seule et même méthode, sur un panel de 390 festivals de musique. Dirigée par trois chercheurs français, belge et espagnol, elle a été présentée le 20 novembre 2013 lors d’un colloque organisé à Lille (Nord) .

L’enquête « Festudy » (1) [1] montre que, en termes de fréquentation, les festivals de musique français se situent dans la moyenne haute européenne (2) [2], avec des hausses importantes pour les musiques du monde et rock-pop. Et ils enregistrent même une croissance en 2012 contrairement à ceux d’autres pays. Leurs budgets sont nettement plus élevés que ceux de leurs homologues européens et ils ont progressé en moyenne de 13% entre 2008 et 2012.

42% de subventions locales. « D’une façon générale les pouvoirs locaux sont impliqués dans les festivals de musique en Europe, mais c’est encore plus le cas pour la France » indique Emmanuel Négrier, directeur de recherche au CNRS-CEPEL (Centre d’Etude sur les Politiques Européennes Latines) à l’Université de Montpellier (Hérault) et coauteur de l’étude. Ils apportent 42% des ressources des festivals français étudiés (contre 38% dans les autres pays). Communes et intercommunalités contribuent à hauteur de 18%, les régions 14% et les départements 10%. Avec un montant moyen beaucoup plus élevé pour la région (120.000 euros) que pour les deux autres niveaux (80.000 euros).

Retombées économiques en hausse. « De plus en plus de festivals de musique soutenus par les collectivités locales ne trouvent pas leur origine dans les politiques de ces institutions »précise Emmanuel Négrier. Le taux des retombées économiques sur le territoire ne cesse d’augmenter. Entre les premières études en 2005 et aujourd’hui, la part des dépenses locales (équipements techniques, achats, salaires) est passée de 20% à parfois plus de 50% des budgets des festivals. »

Mécénat et sponsoring sont quand même présents (8%) en France, mais un peu moins que dans les autres pays européens (14%). Les opérateurs s’inquiètent donc des risques de baisse des subventions publiques qui ont déjà affecté leurs homologues dans des pays touchés plus tôt par la crise : Espagne ou Irlande. « Les collectivités locales vont être face à un choix cornélien : sacrifier des domaines dynamiques et moteurs comme celui des festivals ou toucher à des lieux permanents, ce qui, symboliquement, est très violent » reconnaît Emmanuel Négrier.

Des coopérations à développer. Les festivals français se sont déjà adaptés et rejoignent de plus en plus les priorités publiques en matière de politique culturelle à travers le soutien aux artistes, la professionnalisation ou la démocratisation. Ils sont aussi très souples grâce au statut associatif (adoptés par 88% d’entre eux): face à une baisse de ressources ils peuvent limiter la masse salariale et faire appel à des bénévoles. A eux, enfin, d’intégrer dans leur stratégie la carte de la coopération ! Cette piste suggérée par cette étude pour faire face à la crise est une priorité du nouveau programme Europe créative (2014-2020) en faveur de la culture qui, lui, prévoit des crédits en hausse de 9%.