Congrès des maires 2013

Gazpar : le compteur communicant qui ne fait pas de vagues

Par • Club : Club Techni.Cités

24 communes situées dans 4 régions métropolitaines ont été retenues par GRDF pour la phase pilote, en 2016, de déploiement de son compteur communicant Gazpar. L’annonce en a été faite mercredi 20 novembre 2013 à Paris, dans le cadre du Salon des maires et des collectivités locales. D’ici fin 2022, les onze millions d’abonnés au gaz seront équipés. Ce programme a été lancé avec discrétion et dans une ambiance apaisée, aux antipodes du feuilleton du compteur électrique Linky.

Elles se trouvent pour les trois-quarts en Bretagne, les autres étant localisées en Haute-Normandie, en Ile-de-France et en Rhône-Alpes ; elles sont représentatives de la cartographie gazière : 24 communes (1) ont été sélectionnées par GRDF pour participer, en 2016, à la phase pilote de déploiement du compteur communicant Gazpar. Leur identité a été annoncée mercredi 20 novembre 2013 à Paris par la filiale distribution de GDF Suez, dans le cadre du Salon des maires et des collectivités locales (SMCL). 

« Comme un engouement pour Gazpar » – « C’est à la fois un aboutissement et un commencement dans la vie de Gazpar », a commenté la directrice générale de GRDF, Sandra Lagumina, en retraçant l’histoire du projet. Et en déclinant les atouts de cet outil :

  • une amélioration de la qualité de facturation, fondée sur un index réel et non plus sur une estimation ;
  • une information à l’abonné l’aidant à prendre des décisions pour maîtriser sa demande (MDE) et donc réduire sa consommation ;
  • un levier d’innovation pour les collectivités, le compteur leur fournissant des données permettant de construire une politique énergétique.

« Il y a d’ailleurs comme un engouement pour Gazpar, je le vois avec les élus locaux », estime-t-elle.

Faire parler en bien de sa commune – Cette impression est confortée par les propos des élus présents. Ainsi, l’adjoint au maire du Havre (Seine-Maritime) en charge de l’énergie, Jean-François Masse, met en avant la volonté de sa ville d’être « moderne, d’aller de l’avant » ; la maire de Hillion (Côtes-d’Armor), Yvette Doré, se réjouit « de ne plus faire parler de sa commune en mal avec les algues vertes » et se dit « ravie d’être parmi les collectivités pionnières ». Tandis que, dans un clin d’œil à l’actualité, le député-maire de Langueux (Côtes-d’Armor), Michel Lesage, relève que, « bien qu’en crise, la Bretagne montre ici sa capacité d’innover ».

Un contraste saisissant – Certes, ces témoignages émanent d’élus qui se sont portés volontaires pour participer à la première phase de déploiement de Gazpar et donc adhèrent au projet. Le contraste est néanmoins saisissant si l’on compare avec le climat, conflictuel, dans lequel se met en place le projet de compteur électrique Linky. Président du Syndicat intercommunal d’énergie d’Indre-et-Loire (SIEIL37) et représentant de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) dans les groupes de travail dédiés aux deux programmes, Jean-Luc Dupont confirme la différence de tonalité. Et l’explique par des raisons à la fois de forme et de fond. « GRDF a profité de l’expérience malheureuse d’ERDF et a intégré les collectivités dès le départ, avec transparence et franchise, juge-t-il. Et lorsqu’un sujet soulevait des oppositions, comme les coupures à distance, il était évacué. »

« Des enjeux moindres » – « Cela dit, les désaccords potentiels et les enjeux étaient moindres, nuance-t-il. Le compteur gaz n’appartient pas à la collectivité mais au distributeur ; la question de l’affichage déporté n’a pas été posée car une relève quotidienne en gaz ne revêt pas un intérêt majeur ; l’objectif de MDE est limité avec un retour pour l’abonné identifié à 1,5% de réduction de sa consommation ; GRDF finance en totalité l’investissement, dont le montant de 1,05 milliard d’euros est connu. »

La polémique Linky – Autant de points qui ont, au contraire, nourri le débat sur Linky et alimenté la polémique: ERDF a tenté, jusqu’ici en vain, de s’approprier le futur compteur, un ouvrage appartenant cette fois à la collectivité ; l’affichage déporté est réclamé par certains acteurs, comme les associations, afin de permettre au client de suivre plus facilement sa consommation ; les économies pour l’usager que permettrait Linky n’ont jamais été clarifiées ; son mode de financement comporte encore des zones d’ombre ; son coût global fluctue selon les sources et fait l’objet d’estimations allant de quatre à plus de 8 milliards, soit du simple au double !

Le « fantasme » Linky – La directrice générale de GRDF n’entend pas s’aventurer dans une analyse comparée des parcours des deux projets – qui pourrait s’avérer peu confraternelle. Elle considère toutefois qu’on a « beaucoup fantasmé autour de Linky » et ainsi entretenu « de la confusion ». Alors qu’il s’agit d’une « technologie extraordinairement intelligente, probablement plus que Gazpar, qui se contente de communiquer de la donnée de consommation », remarque-t-elle. « Ce que je peux juste vous dire, poursuit-elle malgré tout, c’est que nous avons été pragmatiques et modestes : on a pris le temps qu’il fallait, on a levé tous les questionnements avant d’engager la demande d’autorisation et on a cantonné notre rôle à celui de distributeur tel qu’il nous est conféré par la loi. »

« Marque de fabrique » – « La clé de notre réussite a donc été la concertation, qui est d’ailleurs notre marque de fabrique dans la relation avec les collectivités », ajoute Sandra Lagumina. « Gazpar est le fruit d’un travail collectif, renchérit le vice-président de sa maison mère GDF Suez, Jean-François Cirelli. C’est une réalisation commune, un beau succès. Et la preuve que les gaziers sont extrêmement soucieux des territoires, de l’acceptabilité sociale et locale. ». A quelques dizaines de mètres de là, sur le stand d’ERDF, des oreilles ont pu siffler…

En chiffres

Pendant la phase pilote de déploiement de Gazpar dans les départements des Côtes-d’Armor, des Hauts-de-Seine, du Rhône et de Seine-Maritime, 150 000 compteurs communicants seront installés. « On capitalisera sur cette expérience », souligne la directrice générale de GRDF.
De 2017 à 2022, l’opération s’accélérera avec le changement de 5 000 compteurs par jour. Au terme du programme, les onze millions d’abonnés au gaz en métropole devront être équipés. L’investissement total, estimé à 1,05 milliard d’euros, sera financé, à travers le tarif d’acheminement, par l’abonné. Lequel « économisera une semaine de consommation par an », évalue Sandra Lagumina. Gazpar représente la première brique du développement d’un réseau intelligent, ont souligné le gouvernement  et la Commission de régulation de l’énergie (CRE), en donnant leur aval au projet.

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