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DOSSIER : Rythmes scolaires : les communes à l'heure des choix
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/207822/reforme-des-rythmes-les-enseignements-du-colloque-de-la-gazette-du-14-novembre/

EDUCATION
Réforme des rythmes : les enseignements du colloque de la Gazette du 14 novembre
Stéphanie Marseille | Dossiers d'actualité | France | Publié le 21/11/2013

Le 14 novembre 2013, pendant que défilaient les opposants à la réforme des rythmes, la Gazette des communes avait convié plusieurs communes de tailles différentes à présenter leur façon de résoudre les problèmes d’organisation inhérents à l’application de la réforme des rythmes. But du jeu : dégager, au travers d’un échange d’expériences concret, des outils pertinents et les points à ne pas négliger pour la rentrée 2014.

Initiation au judo, écriture de chanson et comédie musicale, sensibilisation aux langues étrangères, percussion corporelle, couture, jeux avec les mots, ateliers philo, ateliers santé, ateliers de motricité fine (laçage, boutonnage), pliage, fabrication d’instruments de musique, création de bijoux… la description des activités proposées sur le temps d’activité périscolaire (TAP) supplémentaire induit par la réforme des rythmes ressemble à un inventaire à la Prévert. Alimentant, en dépit des efforts des collectivités, la polémique sur les inégalités territoriales.
Alors, comment offrir des activités de qualité… sans se ruiner ? La question s’impose à toutes les collectivités pour 2014, « car nous sommes confrontés à une pression des parents d’élèves, qui veulent savoir ce que font les enfants à la minute près », constate Philippe Relin, conseiller municipal d’Eragny, fortement impliqué dans la mise en place de la réforme des rythmes scolaires. Et ce, d’autant plus que « les enfants de maternelle sont incapables de raconter leurs journées », souligne Pierre-Alain Roiron, maire de Langeais. « Au final, on demande plus à un agent territorial qu’à un enseignant, y compris dans l’utilisation de certains supports. Quand un enseignant diffuse un dessin animé, c’est bien. Quand un animateur le fait, c’est suspicieux »,  déplore Philippe Relin.

Anticiper les problèmes d’organisation qui pèsent sur les TAP

Soigner la communication

A qui confier l’animation des TAP ?

« Sans mandat clair du maire, l’entreprise est vouée à l’échec, car tous les services vont devoir travailler ensemble, de manière transversale, comme des damnés ! » prévient Jean-François Lavoine, directeur général du Projet et des Actions Educatifs (DGPAE)

Education, Jeunesse, Petite Enfance et Centres Sociaux de Roubaix. Dans la ville nordiste, c’est le service Jeunesse qui pilote le chantier, épaulé par une cellule technique créée ad hoc. Arras n’a pas hésité, pour sa part, à engager une réorganisation de ses services. Au vu de leur expérience, les villes parties en 2013 estiment que leurs collègues de 2014 ne bénéficient pas d’un laps de temps plus important, compte tenu de l’ampleur du chantier. Nombre de villes ont enregistré une hausse de la fréquentation des activités périscolaires et de la cantine, surtout le mercredi midi et préviennent donc : c’est autant d’encadrants à prévoir. « Si nous étions partis en 2014, nous aurions eu, dans une ville comme Aubervilliers, les pires difficultés du monde à recruter le nombre suffisant d’animateurs, surtout que nous avons accepté de maintenir les taux d’encadrement » constate en effet Jacques Salvator, maire d’Aubervilliers.

Le coût moyen par enfant : de 130 euros à 320 euros, de Langeais à Roubaix 

  • Aubervilliers : 2 millions d’euros, pour 2 heures d’activités/semaine/enfant.Moyenne : 143 euros/enfant.8900 enfants. Fréquentation TAP : 95% des élèves d’élémentaire, 75% des élèves de maternelle.
  • Langeais : environ 55 000 euros, pour des ateliers d’1 heure le mardi et vendredi. Moyenne (1) [1] : 130 euros/enfant.440 enfants. Fréquentation TAP : 88,6%
  • Pont-de-Buis-sur-Quimerch : 63 665 euros, pour des ateliers d’1 heure 30 minutes deux jours par semaine (selon les écoles). Moyenne : 164 euros/enfant.390 enfants. Fréquentation TAP : identique à celle du périscolaire d’avant la réforme.
  • Bourges : entre 700 000 et 800 000 euros, dont 70 000 euros de transport, pour 195 ateliers de 1h40 par semaine (les ateliers tournent sur les 4 secteurs de la ville). Moyenne : 150 euros/enfant.4870 enfants. Fréquentation TAP : 90% en élémentaire, 80% en maternelle.
  • Arras : 1 million d’euros pour des ateliers de 45mn à 13h15 en maternelle et 15h45 en élémentaire. Moyenne : 210 euros/enfant.3300 enfants. Fréquentation TAP : 63% des enfants.
  • Roubaix : 3,4 millions d’euros pour des ateliers de 2h/semaine/enfant. Moyenne : 323 euros/enfant.10 500 enfants. Fréquentation TAP : 66,66% des enfants.

Une réforme à 2 millions d’euros à Aubervilliers

  • Le coût total de la réforme en année pleine : 2 millions d’euros.
  • Estimation de la fréquentation des TAP : 8900 élèves.
  • Coût estimé par enfant : 225 euros.
  • Apport estimé du fonds d’amorçage, du fond dédié aux villes DSU-cible, de la CAF:
  • 143 euros par enfant.
  • Coût résiduel estimé pour la ville : 72 euros par enfant, soit un peu moins de 650 000 €.
  • Ramené au budget de fonctionnement de la ville, c’est 0.61 % de celui-ci.
  • Pour mémoire, les aides du fonds d’amorçage sont versées en deux temps.
(Source : service Education de la ville d’Aubervilliers)