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EQUIPEMENT SPORTIF
Le Grand Lyon et l’Olympique Lyonnais posent la première pierre du futur Stade des Lumières
Claude Ferrero | Régions | Publié le 14/11/2013

L’événement était attendu depuis au moins trois ans. C’est donc avec un retard certain et une satisfaction évidente que les deux présidents du Grand Lyon et de l’OL ont sacrifié à la pose des moellons du futur équipement situé à Décines, à une dizaine de kilomètres de la place Bellecour, le 12 novembre.

Un retard dû en grande partie à la guérilla menée par les associations opposées au projet avec le soutien de l’avocat Etienne Tête, ancien adjoint (EELV) à la mairie de Lyon. « Nous avons travaillé pendant sept ans pour être là aujourd’hui, sept ans de procédures administratives et de batailles juridiques pendant lesquelles il a fallu traiter 71 requêtes », a résumé Gérard Collomb, président du Grand Lyon, à propos d’un projet « qui est plus qu’un stade, c’est un grand projet urbain de territoire dans une vision à long terme du développement économique et durable de l’agglomération ».
Le préfet du Rhône, Jean-François Carenco, a évoqué pour sa part 80 recours, dont « un perdu et un en appel ». Au delà du débat idéologique sur la nécessité – ou pas – d’un nouveau stade à Lyon en plus de celui de Gerland, l’opposition au projet s’est cristallisée sur la répartition des financements privés et public.

400 millions d’euros pour le privé, 200 millions pour le public – Pour le seul projet privé de stade construit par un club de football en France, OL Groupe va investir 405 millions d’euros. Le montant comprend le stade proprement dit, plus l’OL Land (hôtels, commerces, clinique du sport, etc).

Mais l’opposition au stade s’est déchaînée d’abord sur le principe « des fonds publics qui financent un projet privé », ensuite sur le niveau des aides des collectivités et de l’Etat. En cause : les transports pour l’accessibilité au stade des Lumières, dont le financement est estimé à 190 millions d’euros par le Grand Lyon et le Sytral, et à 400 millions environ par les opposants.

La question porte principalement sur les investissements en infrastructures et nouveau matériel de tramway, et de savoir s’ils profiteront au seul grand stade ou à l’ensemble de l’est lyonnais.
Gérard Collomb y a répondu depuis longtemps : « en investissant ici 200 millions d’euros pour les collectivités et l’Etat, nous soutenons l’activité de nos entreprises et créons de l’emploi avec 2000 personnes qui travailleront sur le chantier. Ensuite, les retombées économiques généreront entre 37 et 47 millions d’euros en fonction des 370 000 à 470 000 visiteurs chaque année ».

Seule ombre au tableau, parallèlement à la cérémonie d’hier, la Cour administrative d’appel a confirmé un recours contre la DUP de l’extension de la ligne de tramway T3 pour une sous-évaluation des coûts, le deuxième recours gagné par les opposants au nouveau stade.

Pour sa part, Jean-Michel Aulas, président de l’OL, a vanté les mérites d’un « modèle de collaboration exemplaire entre le secteur public et le secteur privé, tant par le financement que par le statut d’enceinte sportive et culturelle structurante au service d’une grande métropole européenne ».

Le stade des Lumières (58 000 places), ouvert chaque jour de l’année, prévoit une soixantaine de spectacles par an et une capacité de 65 000 places pour les concerts. En outre, selon le président de l’OL, ce modèle unique en France d’un club propriétaire de son stade s’inscrit pleinement dans le changement de modèle économique du football européen : 18 des 20 premiers clubs européens possèdent leur stade, « performant et moderne ».

Le rapport du Sénat : un soutien public nécessaire – Un récent rapport du Sénat présenté le 7 novembre [1], appelant à plus de responsabilité des clubs professionnels dans la gestion des grands stades, s’intéresse au stade des Lumières en notant que « si la maîtrise d’ouvrage est réellement privée, un soutien public s’est révélé indispensable » pour mettre le futur stade sur les rails.

Le sénat fait référence à deux mesures :

  1. sur le plan juridique, à l’introduction en 2009 d’un article dans la loi de développement et de modernisation des services touristiques, concernant une déclaration d’utilité publique d’office qui « a facilité les expropriations sur le site retenu pour le projet de grand stade lyonnais » ;
  2. sur un plan juridique et financier, à l’octroi d’une subvention de 20 millions d’euros par le CNDS à la suite d’une modification des dispositions réglementaires interdisant les aides à des projets portés par un acteur privé.

En outre, concernant le montage financier lyonnais, l’OL a bénéficié d’une garantie de 40 millions d’euros du conseil général du Rhône et d’un prêt obligataire de 20 millions d’euros de la part de la Caisse des dépôts. La difficulté d’OL groupe à boucler son tour de table est aussi une des raisons du retard du démarrage du projet. La livraison du stade est prévue pour fin 2015, début 2016, soit six mois avant le début de l’Euro de football.