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ELU LOCAL
Agression du député-maire de Châteaurenard : le Premier ministre appelle au sursaut républicain
Hervé Jouanneauavec l'AFP | Actu prévention sécurité | Régions | Publié le 12/11/2013

Au lendemain de l'agression au couteau du député-maire de Châteaurenard lors des cérémonies du 11 novembre avec un de ses adjoints et une conseillère municipale, le chef du gouvernement, Jean-Mars Ayrault, a lancé le 12 novembre un appel au "sursaut" pour défendre les valeurs républicaines. L'élu agressé a estimé que cet événement était un symptôme d'une "République qu'on ne respecte plus".

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a lancé le 12 novembre un appel au « sursaut » pour défendre les valeurs républicaines et le président de l’UMP, Jean-François Copé, un « message d’alerte » après l’agression contre le député-maire UMP de Châteaurenard (Bouches-du-Rhône).

L’un et l’autre ont été applaudis sur tous les bancs de l’Assemblée lorsqu’ils ont condamné l’agression à coups de couteau contre Bernard Reynes, député-maire UMP de Châteaurenard et deux autres élus de la commune, lors des cérémonies du 11 Novembre. Une agression commise par un homme de 33 ans, dont les motivations ne sont pour l’instant pas apparu clairement. Une expertise psychiatrique a été jugée nécessaire par le procureur de la République.

Le sursaut de la République – « Il est temps qu’un sursaut intervienne pour dire que la France est une République avec ses valeurs et la représentation nationale doit être en première ligne de ce combat », a déclaré Jean-Marc Ayrault lors des questions au gouvernement. Le Premier ministre répondait à une question de Jean-François Copé qui avait envoyé « un message d’alerte » contre « un crime contre des élus et contre la République ». Auparavant, le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS) avait exprimé la solidarité de l’ensemble des députés envers leur collègue « victime d’une terrible agression ».

Un peu plus tôt, c’est l’élu agressé, Bernard Reynès, qui avait pris la parole sur l’antenne d’Europe 1. « C’est la République qu’on ne respecte plus, c’est le statut d’élu qui ne représente plus grand chose pour les gens… Déjà que nous avons le sentiment parfois que ce pays perd ses repères, ce qui s’est passé hier contribue à créer ce sentiment de perte de repères », a jugé le député-maire de Châteaurenard (Bouches-du-Rhône), qui est également le président de l’Association nationale des villes dotées d’une cellule de citoyenneté et de tranquillité publique.

« Un climat très lourd » – Cette agression est-elle « liée le climat actuel » selon lui ? « Je n’irai pas jusqu’à cette conclusion, mais je ressens un climat qui est très lourd, un climat d’agressivité, une souffrance générale qui se traduit par un climat que je n’ai jamais vu » a estimé l’élu.

Le maire considère que le climat national est lourd. « Je sens que les tensions s’exacerbent. Peut-être que dans ce contexte-là, quelques esprits fragiles portés par ce climat délétère passent aux actes… », a-t-il expliqué.

Les circonstances de l’agression – Bernard Reynès est également revenu sur les circonstances de cette agression et ses blessures.  « Je marchais, je suivais la cérémonie. Nous arrivions au cimetière et j’ai senti trois coups qui me tapaient très très fort dans le dos, j’ai entendu des cris. La personne m’a hurlé ‘Va te faire…’, vous comprenez la suite. Des gens hurlaient car le sang a giclé, et je me suis inquiété car j’ai vu un de mes adjoints par terre, et mon adjointe qui pleurait, qui criait », a-t-il raconté.

Bernard Reynès a pris « trois coups de couteaux qui sont rentrés entre 6 et 7 cm chacun (…). Le médecin avait peur que le rein soit perforé, mais heureusement la lame est partie en inclinaison, le rein a été évité »,a-t-il décrit.

Condamnation du chef de l’Etat – Peu après l’agression, le président François Hollande avait condamné un « acte profondément odieux ».  « Le chef de l’Etat tient à apporter tout son soutien et sa solidarité au député-maire, aux victimes ainsi qu’à leurs familles », a poursuivi la présidence, qui a indiqué que le président avait eu le maire au téléphone pour lui témoigner de son soutien.  Soutien également apporté par de nombreux élus de droite comme de gauche.