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STATUT
Plus d’un millier de policiers ont protesté contre la baisse d’une indemnité
Hugo Soutraavec l'AFP | Actu Emploi | Actu prévention sécurité | France | Publié le 23/10/2013

Près d'un millier de policiers nationaux ont protesté mardi 22 octobre devant le ministère de l'Economie à Paris (XIIe) à l'appel du syndicat Unité police SGP-FO. Ils étaient également plus de 500 en province, sous les fenêtres des préfectures de régions. L'objet de leur courroux ? La baisse d'une indemnité pour les élèves policiers, inscrite dans le budget sécurité du projet de loi de finances 2014.

Rassemblés en civil devant le « temple de l’austérité », les policiers sont venus exprimer « leur ras-le-bol en raison des conditions de travail et plus en plus pénibles liées à un manque de moyens évidents », a déclaré le secrétaire général d’Unité SGP-FO, premier syndicat de la profession, Henri Martini.
« Et maintenant on baisse de deux cents euros l’indemnité des élèves policiers, c’est inadmissible et les impatiences cèdent à la colère », s’est-il énervé.

Effort contraint de l’Intérieur – Les syndicats de police sont très hostiles à la diminution de l’indemnité dite de sujétions spéciales de police (ISSP) des élèves policiers et gendarmes en école. Inscrite dans le budget 2014, cette mesure doit permettre au ministère de l’Intérieur [1] (1) [2] de réaliser une économie de 12 millions d’euros et ainsi de participer à l’effort budgétaire demandé à tous les ministères. Les primes, qui font partie intégrante de leur rémunération, représentent un sujet brûlant.
Les syndicats protestent également contre le fait que la revalorisation salariale, prévue pour les gardiens de la paix en vertu d’un accord passé ces dernières années, soit « reportée de neuf mois ».

D’autres rassemblements avaient lieu, au même moment, en province : ils étaient 200 policiers devant la préfecture de région de Strasbourg, entre 200 et 300 à Lyon et une cinquantaine à Lille.
« La mobilisation est réussie, nous allons la tenir et la fortifier tant que le budget 2014 restera en l’état; aujourd’hui nous sommes à Bercy, la prochaine fois nous irons place Beauvau », a ajouté Henri Martini.

Rapport de forces favorable – En réaction au mouvement de mécontentement, le ministère de l’Intérieur a promis mi-octobre des « recrutements » de jeunes policiers prévus dans le budget 2014.
« Le budget 2014 prévoit aussi des avancées indiciaires qui concerneront tous les gardiens de la paix, sur toute la durée de leur carrière », a ajouté le ministère de l’Intérieur. « Au total, le plan de passage des gardiens de la paix à la catégorie B de la fonction publique entraînera une augmentation indemnitaire de 58 millions d’euros par an », a-t-il dit.

Dans une interview au site Atlantico [3], le politologue du Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (CESDIP) Mathieu Zagrodzki estime que les policiers ont de fortes chances d’être entendus: « il n’est pas possible de gouverner la police sans les syndicats, la police est l’une des professions les plus syndiquées de France (plus de 3 policiers sur 4 sont syndiqués). Des policiers qui ne mettent plus de PV [4] ou qui font moins de contrôle d’identité font désordre et entraînent des pertes sèches. On est dans un contexte où on reproche au gouvernement son autorité, où les lois sont controversées, si en plus les policiers et les gendarmes font la grève du zèle, c’est un échec politique » analyse-t-il.

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