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Banlieues

30 ans plus tard, la deuxième vie de la « Marche pour l’Egalité »

Publié le 15/10/2013 • Par avec l'AFP Hugo Soutra • dans : Actu prévention sécurité, France

Un film avec Jamel Debbouze, un tour de France, des livres, des expos... Les 30 ans de la Marche pour l'égalité, renommée "Marche des Beurs" par les médias, donne lieu à une avalanche commémorative qui contraste avec la tiédeur de ses 10e et 20e anniversaires. Retour sur un évènement fondateur de l'immigration française, dont les principaux acteurs attendent toujours une concrétisation des promesses d'égalité républicaine.

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Le 15 octobre 1983, sur fond de tensions entre jeunes des cités et policiers, une douzaine d’enfants d’immigrés postcoloniaux venus des Minguettes, dans la banlieue lyonnaise, quittaient Marseille – lieu traditionnel d’arrivée des migrants – pour réclamer l’égalité des droits.
Deux mois et un millier de kilomètres plus tard, après avoir traversé dix régions et vingt-cinq départements français, ils étaient accueillis à Paris le 3 décembre 1983 par près de 100.000 personnes. Le grand public, qui a longtemps fait de l’installation durable des travailleurs immigrés un impensé, les découvre au grand jour.

Sans dimension politique affichée dans la mesure où elle représentait avant tout une demande d’adoption nationale (1) par leur nouvelle patrie, la « Marche pour l’Egalité » sera successivement rebaptisée « Marche pour l’Egalité et contre le Racisme » par les partis de gauche, et « Marche des Beurs » par les médias. Mais surtout, la Marche représente aujourd’hui l’entrée des jeunes Français issus de l’immigration dans l’espace politique.

Un évènement passé à la trappe – Très médiatisée à l’époque, leur initiative a pourtant disparu des esprits. Peu d’événements ont marqué ses 10 et ses 20 ans. « Avec les rumeurs médiatiques sur les cellules dormantes d’Al-Quaida dans les banlieues françaises ou le débat politique sur l’interdiction du voile à l’école, le climat n’était pas vraiment opportun pour fêter ces anniversaires » décrypte Jérémy Robine, docteur en géopolitique et auteur de l’ouvrage « Les ghettos de la Nation » (lire son interview ci-dessous).

Alors que seuls deux Français sur dix se rappellent aujourd’hui de cet évènement, une proportion qui tombe à un sur dix chez les plus jeunes, une conjonction de facteurs font cependant ressurgir l’événement en 2013.
« Est-ce que ça a un rapport avec le Front national qui monte, avec des discours à la limite du racisme dans la bouche d’élus de partis démocratiques? », avance Nabil Ben Yadir, réalisateur du film La Marche qui sortira le 27 novembre et qui s’interroge sur la vigueur des commémorations. « Dans ce contexte, parler de cet événement devient un acte citoyen ».

Déluge de commémorations – Il y a donc son long métrage, qui a servi de locomotive. Puis le fait que la gauche soit à nouveau au pouvoir, et « considère la mémoire des quartiers et de l’immigration comme une dimension de la politique de la Ville » estime le sociologue Abdellali Hajjat, qui publie un ouvrage documenté (La Marche pour l’égalité et contre le racisme, Amsterdam).

 Le gouvernement a d’ailleurs lancé un appel à projets pour le 30e anniversaire et débloqué 455.000 euros pour financer 70 actions commémoratives (colloques, spectacle chorégraphique, édition spéciale de magazine…). « François Lamy n’avait pas d’autre solution : on peut toujours se plaindre que cette somme ne soit pas suffisante mais si le ministère de la Ville avait investi plus d’argent, les pouvoirs publics auraient été accusés de récupérer la cause et de les acheter » décrypte Jérémy Robine.

« Message d’espoir » – Pour François Lamy, qui prépare une vaste réforme de la politique de la Ville, « il s’agit de rappeler l’histoire mais aussi de réfléchir sur l’intégration […] En 30 ans, une classe moyenne issue de l’immigration a émergé mais elle continue à se heurter à un plafond de verre. » « Nous devons nous remobiliser » a t-il lancé lors d’une commémoration à Venissieux, pointant les difficultés sur « la situation sociale, les discriminations et l’exclusion. »

Par ailleurs, certains acteurs historiques sont également sortis de l’ombre à commencer par Toumi Djaïdja, qui souhaite faire passer « un message d’espoir » à l’occasion de cet anniversaire afin de mobiliser les jeunes(2) contre les discriminations qui perdurent, explique-t-il dans un entretien avec le sociologue Adil Jazouli (La Marche pour l’Egalité, éditions l’Aube). Il dit aussi vouloir éviter de « nouvelles récupérations ».
Après le succès de la marche, lui et les autres marcheurs historiques, peu aguerris au militantisme politique, s’étaient effacés. Laissant la place à SOS Racisme, créé en 1984, qui avait très vite rempli le vide avant de finalement devenir l’ombre d’elle-même au cours des années 2000.

Attente de décisions courageuses – Alors qu’il devait rencontrer le ministre délégué à la Ville lundi à Vénissieux, Toumi Djaïdja a décliné in extremis l’invitation en lançant une missive, par voie de presse : « je ne peux cautionner l’inaction politique en signant un chèque en blanc au gouvernement. Si certains cherchent à capter l’héritage et la sympathie suscités par le Marche à travers cette commémoration, cela ne peut se faire à moindre frais. La commémoration doit rester un moment fort, où des décisions politiques courageuses et concrètes sont prises. »

Même motivation du côté du collectif AC Le FEU, né après les émeutes de 2005, qui organise une « caravane de la mémoire » (3) pour transmettre l’histoire (exposition photo, vidéos, livres, tables-rondes) et inciter les jeunes à s’investir, notamment en votant « pour faire barrage au FN ».

Enfin, d’autres associations de quartiers se sont également emparées de l’événement avec ici et là une rencontre-débat, une expo-photo, la projection d’un documentaire… De quoi faire perdurer le mouvement et permettre, éventuellement, d’amender le roman national en portant la voix de ces citoyens à part entière juridiquement mais entièrement à part politiquement. Une situation qui devient urgente, selon Jérémy Robine, au vu de la radicalisation de certains Français issus de l’immigration d’un côté et de la montée du racisme de l’autre.

« La politique de la Ville ne s’attaque pas aux inégalités raciales »

Jérémy Robine, docteur en géopolitique à l’Institut Français de Géopolitique, auteur de l’ouvrage « Les ghettos de la Nation »

 

Quel est le récit symbolique porté par la Marche pour l’égalité ?

« Une génération s’est présentée à la France, en faisant une demande de reconnaissance. Dix-huit ans après la fin de la guerre d’Algérie, à une époque où les crimes racistes étaient encore nombreux en France, ils semblent avoir été entendus… dans un premier temps seulement.

A leur arrivée à Paris, ils sont en effet soutenus par plusieurs partis politiques, les médias et une grande partie de l’opinion publique. Le pouvoir socialiste leur accorde même la carte de séjour de dix ans. Avant de disparaître dans l’oubli…
Alors que si l’on prend le ratio du nombre de participants comparé à la population totale du pays, la Marche pour l’Egalité est clairement comparable et réunit même plus de monde que la Marche de Martin Luther King sur Washington le 28 août 1963 !

Pourquoi leur « victoire » ne s’est-elle pas prolongée dans le temps ?

Il y a beaucoup de raisons, à commencer par le fait que la construction politique de « L’histoire de la France » a tendance à occulter la question coloniale. C’est pourtant de cette histoire coloniale qu’est pourtant issue aujourd’hui près de 15% des Français.

Sur le plan politique, la faute est dû à l’absence de discours sur l’égalité et l’identité. A une demande d’égalité raciale formulée par des jeunes de banlieues, la gauche alors au pouvoir a apporté une réponse strictement urbaine.
Il y avait effectivement des problèmes urbains sérieux, avec l’existence de ghettos concentrant pauvreté et population immigrée dans des grands ensembles périphériques dégradés : la politique de la Ville a été mise sur pied pour y remédier.

Pour autant, le but de la politique de la Ville et du PS n’a jamais été de mener une politique de « dé-ségrégation raciale » : il y avait d’emblée un hiatus, du fait de la morale républicaine dans lequel se drape la gauche et qui interdit d’évoquer le terme « race », parce que ce ne serait pas politiquement correct. Combattre la fracture raciale implique de la reconnaître, or le PS ne peut ou ne veut pas la voir.

Comment remédier, de fait, aux inégalités raciales qui perdureraient selon vous dans la France républicaine du 21ème siècle ?

Il faut construire un rapport de forces. Les associations doivent permettre cette prise de conscience. Les 30 ans de la Marche, ou le prochain anniversaire ou encore la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie, sont autant d’occasion pour que les Français descendants d’immigrés se réapproprient leur histoire. Et puissent ainsi se mobiliser à nouveau et porter de nouvelles revendications égalitaires.

Cette sensibilisation qui peut se traduire notamment par la lutte contre le contrôle au faciès pourrait ensuite faire tâche d’huile et toucher l’ensemble des Français, peu au courant des inégalités actuelles. Un telle prise de conscience rendrait alors impossible la situation de déni dans lequel la société est plongée actuellement.

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Notes

Note 01 Le père Christian Delorme, son principal inspirateur adulte auprès des jeunes du quartier des Minguettes, raconte : « la Marche se voulait un grand cri, et une main tendue, après un ras-le-bol face aux violences policières et aux assassinats racistes. L’essentiel c’était de ne plus se faire tabasser ni tirer dessus par les forces de police ou les tontons flingueurs. Les jeunes disent « nous aussi on subit » la violence dans les quartiers, et s’accrochent aux idées d’égalité et de fraternité. » "L'histoire est extraordinaire, estime pour sa part Nabil Ben Yadir, réalisateur du film La Marche qui sortira le 27 novembre: des jeunes de banlieue décident d'organiser une marche après avoir vu un film sur Gandhi et partent à la rencontre d'une France qui ne les connaît pas." Retour au texte

Note 02 "Il ne faut pas que les jeunes tombent dans un discours victimaire, dit Toumi Djaïdja. Les bourreaux raffolent des victimes." Retour au texte

Note 03 quinze étapes en mini-bus sur deux mois : après Venissieux ce week-end, Marseille les 17 et 18 octobre, Clichy-sous-Bois le 12 novembre, Paris les 6 et 7 décembre ou encore Strasbourg le 20 Retour au texte

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