Billet

Paris s’élève, l’Unesco s’énerve…

| Mis à jour le 05/12/2013
Par et , Ingénieur Bâtiment • Club : Club Techni.Cités

En raison des fonds qu’elles consacrent au logement social, de grandes villes sont exonérées des amendes prévues par la loi SRU.

AFP

Le caractère horizontal de la capitale est, souligne l’Unesco, constitutif de son identité. S’appuyant sur ce principe, l’institution émet un avis négatif sur les projets de tours actuellement en cours de conception. Le débat entre patrimoine et évolution urbanistique est (à nouveau) relancé.

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

Certes, l’organisation internationale est dans son rôle lorsqu’elle tente de préserver le patrimoine culturel. Paris n’est pas New-York, Hong-Kong ou Dubaï, et qui oserait dire qu’il souhaite qu’elle le devienne ? Le fait que Paris soit « l’une des rares villes horizontales préservées » est un argument qui mérite un temps de réflexion conséquent avant d’être balayé.  Francesco Bandarin, sous-directeur à la Culture de l’Unesco, souligne là un risque de perte patrimoniale majeure qu’il faut prendre en compte.

Une ville à six étages – L’autre argument a retenir de son propos est que « l’idée de densifier en hauteur est une fausse bonne idée ». Il souligne qu’« une tour, parce qu’elle a besoin de beaucoup de services, de parkings, n’est pas plus dense qu’une ville compacte. Une tour c’est quand même une machine qui consomme beaucoup d’énergie : les ascenseurs, l’eau qu’on pompe…Vous ouvrez un robinet au 180e étage et l’eau doit être pompée. Ce n’est pas un bon modèle, ce n’est pas le futur ».

Cette réflexion pragmatique sous-entend sans doute que le parti d’ériger une tour n’est pas tant de la destiner à des fonctions (logements, bureaux…) mais plutôt de se doter d’un monument symbole de modernité. Une capitale est aussi une vitrine où se montre la puissance financière et technologique d’un pays. Ne nous voilons pas la face, la compétition planétaire lancée sur la construction des tours joue sur ce registre. Et pourquoi pas, en effet ? Mais pas n’importe comment.

M. Bandarin n’a pas omis de souligner que « Paris est une ville qui s’est établie au XIXe siècle comme une ville à six étage ». Qu’aurait dit l’Unesco si elle avait existé à cette époque ? Hausmann n’a-t-il pas balayé tout un héritage culturel, comme d’autres avant lui d’ailleurs ?

Adieu Paris, je t’aime ! – Paris vie, Paris vibre, Paris bouillonne, mais Paris vieillie, puis Paris rajeunit. Ce cycle se perpétue depuis des siècles et il n’est heureusement pas près de s’arrêter. L’Unesco veille et elle a raison ; la ville se donne les moyens d’évoluer et elle a tout aussi raison, car une ville qui se fige est vouée à une mort certaine. Paris est une mémoire mais elle n’est pas un musée. Elle est une vitrine pour notre pays et il n’est pas indécent qu’elle se dote de bâtiments de prestige.

Alors, faut-il ou pas construire des tours, là n’est pas le débat. Mais alors où est-il ? Peut être dans l’idée d’imaginer la ville de demain. Avec ou sans les tours.

cet article est en relation avec
Commentaires

0  |  réagir

Ajouter un commentaire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - Antony Parc 2, 10 place du Général de Gaulle, La Croix de Berny – BP 20156, 92 186 Antony Cedex ou en cliquant ici.

L'actu Technique

Offre découverte 30 jours gratuits !

dernières offres d’emploi

Formations

Evènements

services

Thèmes abordés

Prochain Webinaire

Comment mettre le numérique au service de l'économie locale et renforcer l'attractivité des territoires ?

de Orange SAS

--
jours
--
heures
--
minutes

menu menu

Club Techni.Cités : l'information pour les techniciens de la FP