Energie

Joëlle Colosio (Ademe Ile-de-France ) : «Face à l’engouement pour le bois, nous encourageons une réflexion sur l’utilisation d’autres énergies renouvelables»

Par • Club : Club Techni.Cités

Joëlle Colosio

Guillaume Landry

L'Ademe Ile-de-France organisait le 8 octobre 2013 les Assises des énergies renouvelables en milieu urbain. L'occasion de faire le point avec Joëlle Colosio, directrice régionale Ile-de-France de l'Agence.

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Récupération de la chaleur fatale sur les usines d’incinération d’ordures ménagères, récupération de chaleur sur data center ou sur les eaux grises des bâtiments, géothermie… De nombreuses énergies renouvelables (EnR) ont été évoquées lors de cette journée, y en a-t-il de plus prometteuses que d’autres ?

En matière d’énergies renouvelables, l’important c’est de bien identifier la ressource disponible. Aujourd’hui en Ile-de-France, il y a de la géothermie profonde, de la géothermie superficielle, de la récupération de chaleur, de la biomasse. Tout n’est pas forcément disponible sur tout le territoire. L’Ademe est en train de finaliser un outil, « L’Arbre des choix », qui sera disponible début 2014 et aidera notamment les collectivités à identifier l’EnR la plus adaptée à leur réseau. L’un des enjeux est de gérer la ressource sur le long terme. L’autre enjeu est d’encourager le dialogue entre les collectivités au-delà des frontières et périmètre habituels pour pouvoir étendre les réseaux, mutualiser les investissements. C’est un outil d’aide à la prise de décision, notamment dans le cadre d’un schéma directeur.

Les EnR sont-elles coûteuses ?

La rentabilité économique d’un projet est la priorité et le prix de la chaleur à l’abonné est également important. Une des conditions d’intervention du fonds chaleur de l’Ademe est qu’il y ait une baisse du prix de la chaleur à l’arrivée. Aujourd’hui, certains projets d’EnR, notamment de géothermie profonde, représentent un coût fixe important au démarrage, ce qui rend le projet non compétitif à court terme par rapport au gaz. Mais ce type de projet offre la garantie d’une stabilité du prix de l’énergie que l’on n’a pas avec les énergies fossiles. A long terme, en 2030, 2050, le projet est compétitif. Mais il faut saluer le courage des collectivités qui lancent un projet de géothermie profonde, car l’investissement est important. Il est essentiel de les accompagner. Le fonds chaleur de l’Ademe est là pour ça. Il permet de diminuer le prix de la chaleur dès aujourd’hui pour l’abonné.

Quel est le rôles des collectivités ?

Le Schéma régional climat air énergie (SRCAE) a posé les enjeux. Il faut maintenant le territorialiser. Le rôle des collectivités est central car ce sont elles qui font les choix. On note une véritable montée en compétences des techniciens des collectivités sur ces question d’énergie. Le besoin est maintenant que les collectivités travaillent plus ensemble, qu’elles mutualisent les projets quand c’est possible.

On observe un véritable engouement pour la biomasse au risque de tensions sur l’approvisionnement. Le fonds chaleur soutient-il encore des projets de chaufferie bois ?

Le Schéma régional climat air énergie francilien fixe les objectifs en matière de ressources prélevées, soit 850-860 000 tonnes de bois en 2020. Aujourd’hui, en 2013, nous en sommes à 500 000 tonnes. Nous sommes donc déjà bien avancés par rapport à l’objectif de prélèvement de ressources. Donc les projets biomasse sont regardés avec vigilance. Nous vérifions qu’il y ait un approvisionnement dans un rayon maximum de 50 km autour de la chaufferie. Ce qui ne veut pas dire que nous n’accompagnons pas ce type de projet, mais nous allons encourager une réflexion sur l’utilisation d’autres ENR lorsqu’elles sont disponibles.

Développer les ENR : est-ce aujourd’hui la priorité pour réussir la transition énergétique ?

Il ne faut pas oublier l’objectif de diviser par deux la consommation d’énergie à l’horizon 2050, qui a été repris par le président de la République lors de la Conférence environnementale. Pour l’Ademe, l’ordre de l’action c’est : premièrement la sobriété énergétique, deuxièmement l’efficacité énergétique  – l’étape 2 du Programme investissements d’avenir va beaucoup nous aider – et troisièmement, l’autonomie énergétique avec l’utilisation d’énergies renouvelables. L’efficacité énergétique passe par la rénovation énergétique des bâtiments et la construction de bâtiments sobres ou restituant de l’énergie, mais le système urbain sera le vecteur global de l’action territoriale dans ce domaine, avec les questions de chaleur, mais aussi de mobilité : on va de plus en plus vers des approches intégrées autour de l’aménagement urbain.

 

ENR et réseaux de chaleur : les questions que doivent se poser les élus

En matière d’ENR, la démarche que doivent adopter les collectivités, selon l’Ademe Ile-de-France, se décline ainsi :

  1. Optimiser les projets existants (connexions, densification)
  2. Quand il faut créer un réseau
  • rechercher une source de chaleur fatale à proximité (usine d’incinération d’ordures ménagères, data center…) ;
  • puis rechercher sous terre (géothermie superficielle ou profonde) ;
  • enfin, rechercher une solution biomasse.
Références

Schéma régional du climat, de l'air et de l'énergie (SRCAE) d'Ile-de-France (PDF), arrêté par le préfet d'Ile-de-France le 14 décembre 2012.

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