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Décrochage scolaire : 15 000 jeunes ont été « raccrochés » en 2013
Hugo Soutra | Actu prévention sécurité | Publié le 07/10/2013

A l’occasion d’un déplacement à Grenoble consacré à la réussite éducative lundi 7 octobre, le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon a affirmé « tenir l’objectif » de ramener 20 000 jeunes dans le milieu scolaire en 2013. « Nous avons déjà remis 15 000 jeunes dans le circuit » s’est-il vanté, en marge de signer une convention d’objectif en faveur des quartiers populaires avec le ministre de la Ville, François Lamy.

Le ministre de l’Education a tranché dans le vif. Alors que le lien entre décrochage scolaire et origine sociale fait toujours débat dans les sphères universitaires, Vincent Peillon a associé les deux thèmes lors de son déplacement, lundi 7 octobre à Grenoble, en compagnie des ministres délégués à la Réussite Educative ainsi qu’à la Ville.

Objectif atteint à 75% – Venu signer une convention d’objectif en faveur des quartiers populaires (1) [1]avec François Lamy, le discours du ministre de l’Education n’a eu de cesse de faire le lien entre inégalités sociales, territoriales et décrochage scolaire.
« Les écarts demeurent trop importants entre les résultats des enfants des quartiers prioritaires de la politique de la ville et les autres […] Nous avons d’ailleurs déjà obtenu des résultats dans notre lutte contre le décrochage scolaire, puisque 15 000 jeunes ont été ramenés vers la scolarité ou une formation. Et en décembre nous atteindrons le chiffre des 20 000 que nous nous étions fixé en début d’année », s’est-il félicité.

« L’école française produit des élites, mais aussi des exclus du système scolaire » a ensuite déploré Vincent Peillon. Pour rappel, 140 000 élèves français – ayant généralement des lacunes dans les apprentissages de la lecture et de l’écriture lors de l’école primaire ainsi qu’étant confrontés aux difficultés d’orientations à la fin du collège – décrochent chaque année. Un chiffre qu’il souhaite diviser par deux d’ici la fin du quinquennat… en jouant non pas sur la résorption des inégalités qui dépasse largement ses prérogatives de ministre mais sur les leviers dont il dispose à savoir la réforme de l’Education nationale.

Bien choisir son orientation – Premier moyen d’y parvenir : « la prévention » affirme-t-il dans une interview accordée au journal Métro, avec notamment la lutte contre l’orientation subie vers des filières professionnelles déconsidérées par l’opinion publique.
« Nous avons créé le Parcours d’information, d’orientation et de découverte du monde économique et professionnel. Dans tous les établissements, les élèves à partir de la sixième pourront visiter des entreprises, participer à des salons, rencontrer des gens de différents métiers dans leurs collège » décrit le ministre de l’Education. Une expérimentation laissant le « dernier mot aux familles » concernant l’orientation en fin de classe de 3ème a également été mise en oeuvre.

Les référents décrochage scolaire en poste dans les établissements du second degré « qui en ont le plus besoin » (c’est-à-dire dans les établissements à fort taux d’absentéisme et de décrochage) ont, eux, pour mission d’anticiper le décrochage en se mobilisant contre l’absentéisme, le désinvestissement ou le mal-être chez les élèves.
Une fois le décrochage de l’élève effectif, les plus motivés peuvent encore être « raccrochés » comme le prouve le chiffre de 15 000 cité précédemment par Vincent Peillon. Ce résultat est dû, selon lui, à la mise en place des 350 réseaux Formation Qualification Emploi (Foquale) qui permettent, après identification du décrocher, d’aller les chercher et de leur proposer une solution adaptée.

Ces différentes mesures doivent faire l’objet d’une évaluation dans le courant du mois d’octobre, dans le cadre de la modernisation de l’action publique.

REFERENCES


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