logo
DOSSIER : Carrière et insertion des fonctionnaires handicapés : des clés pour réussir
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/198769/le-statut-des-fonctionnaires-entraine-des-rigidites-en-matiere-de-reclassement-des-agents-handicapes/

TRAVAIL ET HANDICAP
« Le statut des fonctionnaires entraîne des rigidités en matière de reclassement des agents handicapés »
Emmanuelle Quémard | A la Une RH | Dossiers Emploi | France | Toute l'actu RH | Publié le 04/10/2013 | Mis à jour le 23/07/2014

Jean-Charles Watiez, directeur du Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP), fait le point, pour La Gazette sur la situation de l’emploi des personnes handicapées dans la fonction publique territoriale et sur les moyens déployés par l’établissement public.

Handicapé en voiture [1]Avez-vous aujourd’hui les moyens nécessaires pour exercer vos missions ?

L’établissement public ne comportait jusqu’à présent que trois personnes, le directeur, son adjoint et une secrétaire. Or, nos interventions ont été multipliées par dix-sept en sept ans. Dans le prolongement de deux audits réalisés en 2011, sous l’impulsion d’André Montané, nouveau président du comité national du FIPHFP élu le 19 avril dernier, quatre nouveaux postes ont été ouverts en 2013-2014.
Rappelons par ailleurs que la gestion administrative du FIPHFP est assurée par la Caisse des Dépôts, dont les neuf délégués interrégionaux sont en nombre insuffisant pour accompagner les employeurs publics sur l’ensemble du territoire de métropole et d’outre-mer.

Le taux d’emploi des agents handicapés devrait atteindre en moyenne 4,5 % en 2013 alors que l’obligation légale est de 6%. Quels sont les freins dans la FPT ?

Avec 5,32 % en 2012, la territoriale fait figure de bonne élève, grâce notamment à l’action des centres de gestion. Toutefois, des freins subsistent : en particulier, les difficultés de recruter des médecins de prévention, conjuguées aux rigidités du statut des fonctionnaires en matière de reclassement, limitent la progression du taux d’emploi.

Quels en sont aussi les atouts comparés avec les fonctions publiques d’Etat et hospitalière ?

Il est évident que la contribution financière des collectivités, si elles n’atteignent pas le taux de 6%, est un puissant ressort à l’action. De même, les collectivités sont des employeurs dont l’organisation permet la mise en œuvre de politiques du handicap de proximité et efficaces.
Par ailleurs, les centres de gestion, dont la plupart ont passé convention avec le FIPHFP, sont un puissant élément d’intermédiation. De nos actions et de nos financements. Enfin, l’action d’un grand nombre d’exécutifs locaux sur l’accessibilité urbaine a aussi des répercussions en interne sur les employeurs.

Que vous apporte le nouveau conseil scientifique du FIPHFP ?

Composé d’une quinzaine de personnes, et animé par l’ancien président du Fonds, Didier Fontana, il doit nous aider à donner du sens à notre action sur le long terme. Il doit aussi contribuer à trouver des solutions innovantes en direction des employeurs publics. Afin que nous continuons notre travail de haute couture.

De nouveaux types de handicaps devront-ils être pris en compte à l’avenir ?

Face au développement des NTIC, les collectivités devront se préoccuper de la « cécité numérique ». Cela me semble un véritable défi. Par ailleurs, la prise en compte des handicaps, dont la compensation ne peut être assurée par des aides techniques – je pense aux handicaps psychiques, mentaux et cognitifs notamment, constitue un enjeu très important.