Transition énergétique

Energie-climat : des métiers en mutation dans les collectivités

| Mis à jour le 04/10/2013
Par • Club : Club Techni.Cités

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La transition énergétique va imposer une montée en puissance des métiers énergie-climat dans les collectivités. Cette évidence a été rappelée par Philippe Tessier, animateur du groupe de travail énergie-climat au sein de l’AITF, lors d’un colloque organisé le 1er octobre 2013 à Montpellier par le CNFPT.

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« La priorité est de faire prendre conscience aux élus et aux DGS de l’utilité d’un responsable énergie, précise Philippe Tessier. La plupart d’entre eux ne savent pas ce que leur coûte l’énergie. Pour s’en tenir aux consommations patrimoniales (bâtiments, éclairage public, véhicules), la dépense était de 45 euros par habitant en 2010, soit 10% du budget de fonctionnement des collectivités hors masse salariale. Or une enquête nationale AdemeAITF(1) montre que moins d’un tiers des collectivités ont un responsable énergie. Et chez celles-ci, 93% des agents concernés y consacrent moins d’un mi-temps ! »

6000 postes non délocalisables – Michel Irigoin, directeur des moyens généraux et de l’énergie à la ville de Montpellier (257 351 habitants), évalue le seuil à 10 000 habitants. « A partir de ce niveau de population, un gestionnaire de flux finance son salaire, et cela sans travaux, simplement par la matière grise injectée dans la surveillance des factures et le suivi des consommations. Pour la collectivité, c’est l’amorce d’une expertise locale en matière d’énergie. On pourrait ainsi créer en France 6 000 postes non délocalisables. »

Le service énergie de la ville de Montpellier, créé en 1985, emploie aujourd’hui 35 agents. Son responsable, Jean Casteil, estime à deux millions d’euros l’économie nette réalisée en 2012 par rapport à ce qu’auraient été les dépenses de la ville si rien n’avait été fait. « Nous intervenons tout au long de la chaîne, précise-t-il, depuis l’optimisation de la conception énergétique des bâtiments jusqu’au paiement des factures, en passant par le pilotage et la maintenance des équipements. »

Un bilan « excessivement positif » – La démarche n’est pas réservée aux grandes villes. La commune de Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence, 2 800 habitants) a créé elle aussi un poste d’ « économe de flux ». « Nous avons d’abord envisagé un recrutement externe, puis nous avons finalement préféré confier cette mission à l’agent qui s’occupait des bâtiments, témoigne Sandra Barré, adjointe environnement-énergie. Nous avons parallèlement créé un deuxième poste aux finances, qui fonctionne en tandem avec le responsable énergie. Le bilan est excessivement positif. Cela nous permet d’aller de l’avant, d’être plus cohérents et de faire des économies significatives. »

Des compétences multiples – Le métier d’énergéticien lui-même évolue. « Historiquement, on demandait au responsable énergie de faire fonctionner les installations au moindre coût et sans trop de plaintes des usagers, résume Philippe Tessier. L’enjeu aujourd’hui n’est plus seulement de s’occuper des chaudières des bâtiments communaux. Le champ de l’énergie est devenu complexe, avec dix ou douze lois depuis 2000 et une réglementation thermique tous les cinq ans. Le responsable énergie doit réunir des compétences administratives, juridiques et financières et maîtriser l’ingénierie de projet. Il doit aussi être un communicant capable de vendre ses projets. Un discours trop technique, face à un élu ou un DGS, peut être contre-productif. »

Cette montée en compétence des métiers de l’énergie va de pair avec une ascension dans l’organigramme. A Besançon (116 914 habitants), la direction de la maîtrise de l’énergie est placée directement sous l’autorité du DGST. « Nous occupons une position transversale, explique Agnès Serres, chef du service études et prospectives au sein de cette direction. Nous collaborons ainsi avec la direction architecture-bâtiment et avec la direction de l’aménagement du territoire. Nous travaillons également avec des acteurs locaux tels que le CCAS, l’agglomération, un bailleur social ou les fournisseurs d’énergie. »

Rompre l’isolement communal – Pour monter en compétence, s’adapter à un environnement évolutif et conseiller utilement les élus, les agents énergie climat doivent « rester en alerte », insiste Philippe Tessier.

« Il faut rompre l’isolement communal. Pour cela, rien ne vaut le réseautage. Les formations sont utiles, mais à choisir, mieux vaut participer à un groupe de travail efficace. Cela permet de voir ce qui marche ou pas ailleurs et de gagner du temps. Certaines réunions sont d’ailleurs de véritables séances de formation. »

Des postes plus opérationnels – Philippe Tessier voit se dessiner un rapprochement entre la fonction classique de responsable énergie, généralement liée la direction des bâtiments, et les chargés de mission climat, plutôt placés auprès des DGS. « Ces deux métiers sont appelés à fusionner. Les chargés de mission climat sont apparus dans les années 2000, avec les agendas 21 puis le Grenelle de l’environnement. Ils venaient souvent du milieu associatif. Ils ont apporté une vraie culture et contribué à sensibiliser les élus. Aujourd’hui, le relais doit être pris dans les services. Ils doivent descendre dans l’organigramme vers des postes plus opérationnels. Tout en gardant la transversalité. »

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