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ARCHITECTURE
Le stade Jean-Bouin, entre résille et résilience
Claudine Farrugia-Tayar | Régions | Publié le 02/09/2013

Après dix ans de lutte entre le milieu associatif et les élus parisiens, le Stade Jean-Bouin a été inauguré le 30 août 2013, par le maire de Paris Bertrand Delanoé.

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Implanté à côté du Parc des Princes, dans le 16ème arrondissement parisien, ce nouvel équipement conçu par l’architecte Rudy Ricciotti respecte finalement l’un des préceptes du Bauhaus, « la fonction crée la forme ». Car ce stade dédié au rugby, qui peut accueillir 20 000 personnes, comporte 7400 m2 de commerces, 1000 m2 de panneaux photovoltaïques, est habillé d’une enveloppe alvéolaire à double courbure en résille de BFUHP. C’est l’entreprise Bonna Sabla qui a été sélectionnée pour la conception et la fabrication des éléments en Béton Fibré Ultra Hautes Performances, et qui a travaillé en coopération avec le bureau d’études Lamoureux&Ricciotti ingénierie, pour cet équipement dont le coût s’élève à 160 millions d’euros.

Une « ATEX » – Techniquement, il s’agit d’une prouesse : cette enveloppe en résille de béton est supportée par une imposante charpente métallique, et constituée de 3545 panneaux de formes triangulaires pesant chacun environ 1,2 tonne.
Trois types de panneaux ont été conçus : des panneaux de résille pour la façade, des panneaux avec inclusion de verre pour la couverture et des panneaux de transition. Les éléments préfabriqués, qui contiennent des fibres métalliques, pour atteindre une résistance à la compression de l’ordre de 180 Mpa, ont été réalisés dans l’usine de Bonna Sabla à Conflans Sainte-Honorine (Yvelines). Pour toutes ces raisons, une « appréciation technique d’expérimentation » a dû être délivrée à cette réalisation, qui n’entre pas dans le cadre des Eurocodes sur le plan normatif. Chaque année, le CSTB, Centre Scientifique et Technique du Bâtiment délivre une centaine d’ATEX, à des procédés constructifs ne faisant pas l’objet d’un avis technique, afin de prendre en compte l’innovation dans la construction.

Une « Ola » – Rudy Ricciotti, -également architecte du MuCEM à Marseille-, a imaginé une structure ondulante en phase avec l’esthétique architecturale de la « Ola ». A l’arrivée, la forme du bâtiment, tout en courbes et relativement fermé de l’extérieur a été étudiée sur le plan acoustique pour contenir les clameurs des supporters du Stade français, le site étant très urbain. Quant à l’aspect sophistiqué de la résille, il rappelle Paris, la capitale de la mode. Après tout, la piscine Molitor, actuellement en cours de réhabilitation (architectes : Alain Derbesse et Jacques Rougerie) à un jet de pierre du stade Jean Bouin, a bien accueilli les défilés Christian Dior dans les années 50…De fait, l’Ouest parisien devrait à terme attirer de nombreux « hipsters » : la fondation Louis Vuitton, conçue par l’architecte Frank Gehry, (à qui l’on aussi doit la fondation Guggenheim à Bilbao, en Espagne) sera inaugurée en décembre prochain. Là aussi, le fameux « BFHUP » sera au rendez-vous. Le bâtiment, une structure de béton et de verre ressemblera à un iceberg dans le bois de Boulogne…