Environnement

Rénovation thermique : qu’est-ce qui bloque ?

| Mis à jour le 22/07/2013
Par • Club : Club Techni.Cités

La rénovation thermique était au coeur des questions abordées lors de la 4e édition de la biennale de l’habitat durable à Grenoble, jeudi 13 juin 2013. L'occasion de faire le point sur le retard observé en la matière ainsi que les freins, mais aussi les mesures d'accompagnement à mettre en place, les avancées et les perspectives…

La rénovation thermique dans les copropriétés privées et le logement social est l’un des engagements pris par le Grenelle de l’environnement, et repris dans le Plan Bâtiment durable. La campagne d’isolation mur/mur de l’agglomération grenobloise lancée en 2010 fait figure d’opération réussie dans le domaine, « qui a pris un peu de retard », reconnaissait Jean-Marc Uhry, vice-président Grenoble Alpes Métropole lors de la 4e biennale de l’habitat durable à Grenoble, le 13 juin.

« En 2014 : 4 300 logements de copropriétés devraient être rénovés » (ndlr : l’objectif était 5 000 fin 2013). Pour Vincent Delaunois, président de la Fnaim Isère, « il reste très difficile de mobiliser une copropriété sur des travaux de rénovation énergétique, si elle n’a pas une obligation de travaux, en termes de ravalement de façade plus précisément ».
Malgré le cumul des aides, dans le cas de l’opération « mur/mur » de l’agglomération grenobloise, le coût constaté, restant à charge des propriétaires, peut aller de 7 000 à 18 000 euros.

L’exemple de Grenoble Alpes Métropole – Force est de constater qu’un ensemble d’acteurs se sont mis en phase dans l’agglomération grenobloise pour lever quelques freins psychologiques, administratifs et financiers. La Métro a missionné l’Agence locale de l’énergie et du climat pour amorcer le dialogue avec les syndics et les copropriétés, « évaluer les travaux à faire, estimer le montant des travaux à gros traits, avant de lancer le diagnostic de performance énergétique (DPE) », indique Jean-Marc Uhry, vice-président Grenoble Alpes Métropole.

A l’issue du DPE, le Pact de l’Isère (association à but non lucratif, mobilisée pour le droit au logement) intervient auprès des copropriétaires peu argentés, pour monter le dossier de demande de subventions (Anah, Grenoble Alpes Métropole, commune…). « Cet accompagnement peut durer jusqu’à deux, trois ans, avant le lancement des travaux, et peut très bien ne pas aboutir », note Jean-Marc Uhry.

Enfin, la Banque Populaires des Alpes a consenti à faciliter l’obtention des prêts Eco PTZ : « qui sont très bien pour le particulier, moins pour la banque », ne cache pas Pierre-Henri Grenier, conseiller à la BPA (Réseau Energie Habitat). La BPA a imaginé, pour ce faire, un mécanisme de fond de garantie. Seuil frein à cet édifice : la limite des ressources financières de Grenoble Alpes Métropole…

Retour sur investissement non déterminable ? – Audric Poggia, dirigeant de Poggia Façades, constate qu’une foule d’idées fausses circulent : « L’isolation thermique n’est pas durable, l’isolation thermique n’améliore pas le confort l’été… » Mais une fois ces interrogations éludées, il en demeure encore deux : quel retour sur investissement et quand ?
« Impossible à anticiper : une étude étant faite à un instant T, le coût de l’énergie continue entre temps à augmenter, il est hasardeux d’avancer des chiffres », affirme Vincent Delaunois.

Dans l’habitat social, les décisions sont plus simples à prendre, mais les locataires sont au moins autant informés et sensibilisés sinon plus, que les copropriétaires, parce que ce sont eux qui payent via une hausse de loyer d’environ 10 %, hausse qu’ils pourront compenser par la baisse des charges liées à leur capacité à adopter de nouveaux comportements (chauffer moins, aérer à bon escient…)

La nouvelle piste « bois » – Bonne nouvelle : les façadiers sont de plus en plus formés à l’isolation thermique par l’extérieur à base d’enduits, et de polystyrène. « Le marché devient même ultra-concurrentiel, assure Audric Poggia. On ne peut plus tirer nos prix davantage vers le bas, où l’on met en péril la qualité de la rénovation. »

Or un nouvel acteur entend prendre sa part dans la « rénovation thermique » : l’acteur bois. Plus écologique de par son cycle de vie, tout aussi efficace, il aurait aussi des retombées économiques intéressantes pour le territoire (entreprises et ressources locales). Le procédé industriel serait sur le point d’aboutir.
Certaines collectivités, dont Grenoble (le bois est l’un des axes de sa stratégie « Grenoble Facteur 4 »), ne demandent qu’à soutenir la filière bois.

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