logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/173002/quelles-sont-les-sanctions-pour-la-non-declaration-de-locations-donnant-lieu-a-la-perception-de-la-taxe-de-sejour/

FISCALITÉ LOCALE
Quelles sont les sanctions pour la non-déclaration de locations donnant lieu à la perception de la taxe de séjour ?
Delphine Gerbeau | Réponses ministérielles | Réponses ministérielles finances | Publié le 24/06/2013

Aux termes des articles R.2333-50 à R.2333-53 du Code général des collectivités territoriales [1] (CGCT) pris pour application de l’article L.2333-46 du même code [2] relatif au recouvrement de la taxe de séjour, les logeurs, hôteliers, propriétaires ou autres intermédiaires sont soumis à certaines obligations déclaratives. Ainsi, ils doivent faire figurer sur un état, à la date et dans l’ordre des perceptions effectuées, le nombre de personnes ayant logé dans l’établissement, le nombre de jours passés, le montant de la taxe perçue ainsi que, le cas échéant, les motifs d’exonération ou de réduction de cette taxe.

Les personnes qui louent, au cours de la période de perception de la taxe fixée, pour chaque station, par délibération du conseil municipal, tout ou partie de leur habitation personnelle, doivent en faire la déclaration à la mairie dans les quinze jours qui suivent le début de la location.

Obligations déclaratives – Elles sont assujetties aux mêmes obligations déclaratives que les logeurs, hôteliers, etc. En application de l’article L.2333-39 [3], le maire et les agents commissionnés par lui procèdent à la vérification de l’état remis dans les conditions susmentionnées. L’article R.2333-56 du CGCT prévoit que tout retard dans le versement du produit de la taxe donne lieu à l’application d’un intérêt de retard égal à 0,75% par mois de retard. Une peine d’amende afférente aux contraventions de la 2e classe est applicable à tout logeur, loueur, hôtelier, propriétaire ou autre intermédiaire qui n’a pas perçu la taxe de séjour sur un assujetti ou qui n’a pas respecté l’une des prescriptions relatives à la tenue de l’état mentionné ci-dessus ainsi que toute personne qui n’a pas fait dans le délai la déclaration exigée du loueur.

En outre, une peine d’amende prévue pour les contraventions de 3e classe sera appliquée à tout logeur, hôtelier, propriétaire ou autre intermédiaire qui n’a pas, dans les délais, déposé la déclaration indiquant le montant de la taxe perçue ou qui a établi une déclaration inexacte ou incomplète. En dehors des peines d’amende précitées, aucune disposition législative expresse ne prévoit de procédure de taxation d’office, en cas de carence dans la mise en œuvre des obligations déclaratives prévues par le CGCT. La procédure de taxation d’office est réservée aux impositions prévues à l’article L.66 du livre des procédures fiscales [4]. Conformément au principe général en vertu duquel il n’existe pas de taxation d’office sans texte, le champ d’application de l’article L.66 est d’interprétation stricte.

La taxe de séjour ne faisant pas partie des cas d’imposition d’office limitativement prévus par la loi fiscale, une collectivité bénéficiaire de l’imposition ne peut pas procéder à une imposition d’office faute de toute habilitation législative expresse. Seules les sanctions susmentionnées peuvent être mises en œuvre et sont de nature à dissuader les logeurs et hôteliers qui perçoivent la taxe de séjour à ne pas la reverser au receveur municipal. En cas de non-respect des dispositions concernant le non-reversement du produit de la taxe au receveur municipal, il appartient au maire de saisir le juge judiciaire.

REFERENCES