logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/168510/reunissons-a-nouveau-le-rhone-et-la-loire/

[OPINION] AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE
Réunissons à nouveau le Rhône et la Loire
Auteur associé | France | Opinions | Publié le 28/05/2013 | Mis à jour le 27/05/2013

En 2014, le département du Rhône se scindera en deux avec, d’une part, sa partie rurale, constituée des monts du Lyonnais et du Beaujolais, d’autre part, sa partie urbaine, l’agglomération lyonnaise. Ceci à la faveur de la création d’une « métropole », qui exercera à la fois les compétences de la communauté urbaine et celles du conseil général sur son territoire.

La partie rurale constituera, dès lors, un département réduit à la portion congrue. Il ne comprendra plus que 400 000 habitants au lieu de 1,7 million. Le Rhône était déjà le département le plus petit de l’hexagone après le Territoire de Belfort (exception faite des départements urbains ceinturant Paris). Il le sera encore plus après la partition.

La création de la métropole vise une meilleure gestion de la ressource publique sur le territoire de l’agglomération lyonnaise. Quid de l’autre partie ? Faut-il ajouter au millefeuille administratif en conservant un « minidépartement » du Rhône rural ?

Il y a mieux à faire : fusionner la Loire, département de taille modeste, avec la partie résiduelle du Rhône. Cela donnerait, au total, un département de taille moyenne, restant plus petit que la plupart de ses voisins (Saône-et-Loire, Isère, Ain, Puy-de-Dôme, Allier…) et ce serait un retour à l’origine dans la mesure où la première carte des départements de 1790 comportait un seul département de Rhône-et-Loire.

Ecoutons le rapporteur de Pusy, le 8 janvier 1790 : « Le Lyonnais, le Beaujolais et le Forez présentent ensemble une surface suffisante pour faire un très beau département. […] Le comité a cru convenable que les trois provinces fussent réunies, et que leur étendue, d’environ 360 lieues [carrées], n’était pas excessive. »
Le département de Rhône-et-Loire fut cependant coupé en deux en 1793 par la Convention pour réduire l’influence de Lyon. Aujourd’hui, Lyon sortant de ce jeu, pourquoi ne pas réunifier monts du Lyonnais, Beaujolais, Forez et agglomération de Saint-Etienne en un seul département, qui compterait 1,1 million d’habitants ?

La métropole est un choix audacieux. Sous ces auspices révolutionnaires, on serait tenté de souffler au gouvernement et aux élus du territoire : « encore de l’audace, toujours de l’audace », dans l’écriture d’une carte territoriale qui conjugue territoire vécu et bonne gestion des deniers publics.