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EAU POTABLE
Eau potable : après les pesticides, alerte aux résidus médicamenteux
Laurence Madoui | France | Publié le 25/03/2013

L’étude, que publient le 25 mars 2013 60 millions de consommateurs et la fondation France Libertés, alerte sur la présence de produits phytosanitaires et de résidus de médicaments, dans l’eau du robinet comme celle en bouteille.

Les doses sont certes infinitésimales et ne suscitent nulle inquiétude à court terme pour la santé. Il n’empêche qu’à la présence dans les eaux brutes de pesticides – déjà connue car ces produits sont réglementés -, s’ajoute désormais celle de résidus de médicament – qui n’entrent pas dans les suivis de routine des autorités de contrôle sanitaire. Et ces deux types de substances se retrouvent ensuite dans l’eau du robinet et même l’eau en bouteille, dont la réglementation est pourtant censée garantir la « pureté originelle ».

Des normes d’un autre temps – Tel est l’enseignement des analyses sur la qualité de l’eau publiées, le 25 mai, par le mensuel de l’Institut national de la consommation (INC), 60 millions de consommateurs, et la fondation France Libertés [1]. Conclusion d’Emmanuel Poilâne, directeur de la structure fondée par Danielle Mitterrand : « Il est grand temps de remettre à plat des normes qui datent d’un autre temps ».

L’étude a porté sur 85 molécules dont 10 ont été retrouvées dans l’eau de boisson, principalement des pesticides puis des résidus de médicaments. Sur l’eau du robinet, huit prélèvements sur dix sont concernés ; sur l’eau minérale ou de source, deux bouteilles sur dix présentent des contaminations. « On a retrouvé de l’atrazine, herbicide interdit depuis dix ans, dans de l’eau en bouteille, indique Thomas Laurenceau, rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs. Ainsi qu’une hormone de synthèse utilisée dans la lutte contre le cancer du sein (Tamoxyfène) dans des bouteilles de cinq marques différentes provenant de captages différents. » Le lien avec la présence d’hôpitaux n’est pas établi, « nous sommes là face à une énigme », commente Emmanuel Poilâne.

Une potabilité indiscutable – L’INC relativise toutefois la portée de ces résultats. « Il s’agit d’ultra –traces, mesurées au niveau du nanogramme par litre, qui ne mettent pas en péril le caractère potable de l’eau, souligne Christian de Thuin, chef du centre d’essais comparatifs. Mais ces données interpellent sur la qualité de la ressource à long terme ». Le mensuel 60 millions se positionne « comme lanceur d’alerte , précise Thomas Laurenceau. Aux ministères de l’Ecologie et de la Santé, l’idée de faire évoluer les critères d’analyse de la qualité de l’eau fait d’ailleurs son chemin. La chimie évolue, les normes doivent en faire autant. »

L’INC et France Libertés appellent à la tenue d’Assises de l’eau, à engager « d’urgence, avant que la ressource ne soit trop endommagée », met en garde Emmanuel Poilâne.