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DOSSIER : Open Data et réutilisation des données publiques : des promesses vertigineuses
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/158033/open-data-le-service-public-augmente-2-l%e2%80%99atout-de-la-mutualisation/

Open data : le service public augmenté – 2. L’atout de la mutualisation
Frédéric Ville | Dossiers d'actualité | Publié le 21/01/2013 | Mis à jour le 08/03/2013

Pour participer au développement de leur territoire, les collectivités ont tout intérêt à tirer un profit interne de l’open data, à mutualiser les plateformes et à faire enrichir leurs données par des prestataires ou des associations.

Comment ne pas voir une part de marketing et d’autovalorisation dans certaines initiatives d’ouverture de données des collectivités ? Il se dit ainsi que le lancement de la plateforme du conseil général de Saône-et-Loire [1] a été accéléré afin d’appuyer la candidature de son président, Arnaud Montebourg, aux primaires socialistes pour l’élection présidentielle… Ailleurs, des divergences politiques font naître deux plateformes quand une aurait suffi.

Compréhension des territoires – Les obstacles sont nombreux quand on veut offrir des données publiques représentant un territoire de vie. Cependant, si les collectivités avaient attendu de s’accorder, on ne compterait sans doute pas une vingtaine de plateformes aujourd’hui [2].

L’heure est venue d’envisager la manière d’être plus efficaces à plusieurs. Au contraire de Bordeaux ou Montpellier, où ville et interco ont bâti chacune leur plateforme pour des raisons politiques, certaines communes et leur agglomération (Rennes, Toulouse, Nantes) ont réalisé d’emblée un site commun. Les utilisateurs bénéficient alors de données de territoire qui se complètent, ce qui en facilite la compréhension. Mais à quelle échelle travailler ?

« Pourquoi les territoires ne se raccrocheraient-ils pas à un site de l’Etat ? » interroge Pierre-Paul Pénillard, directeur du projet d’open data du conseil général de Saône-et-Loire, avant d’ajouter qu’un département, justement, est aussi bien placé pour animer un tel projet.

La mutualisation démarre malgré tout, comme au Grand Toulouse, dont quelques communes ont intégré la plateforme [3], ou dans les Pays de la Loire [4] et en Paca [5].
L’échelon régional est d’ailleurs identifié comme pertinent par les spécialistes, car ce niveau, notamment, intéresse les réutilisateurs potentiels.

Le site peut être commun aux collectivités au sens large (région, départements, agglomérations, communes) mais doté d’URL spécifiques à chacune d’elles, comme dans les Pays de la Loire. Chaque collectivité participe, financièrement au moins, au fonctionnement de la plateforme.

Mais celle-ci peut aussi être mise à disposition par l’une des collectivités. C’est le cas de celle de la région Paca, sur laquelle se sont déjà greffés des intercommunalités (CA Arles Crau Camargue Montagnette, Marseille Provence métropole, CA du pays d’Aix et de l’étoile, CA du pays d’Aubagne, deux syndicats mixtes), des communes (Arles, Aix-en-Provence, Istres) et Bouches-du-Rhône Tourisme, notamment. Il faut noter que ces acteurs ont su passer outre leurs divergences politiques.

L’ingénierie aussi – La mutualisation de l’ingénierie et de la technique facilite la réutilisation des données, fait gagner du temps et réduit les coûts d’investissement et de fonctionnement, sans que la visibilité de la plateforme sur internet en soit réduite pour autant. Et si l’avenir de l’open data se jouait sur ce terrain-là aussi ?

Pays de la Loire – 3,54 millions d’habitants. – Quatre partenaires partagent une plateforme

La région Pays de la Loire, le département de la Loire-Atlantique, Nantes métropole et la ville de Nantes ont inauguré, le 21 décembre, une plateforme commune d’open data [6]. L’intérêt de ce portail ? « Les internautes accèdent de manière simple à 350 jeux de données visualisables, et non sous de multiples formats », s’enthousiasme Alain Cairault, chef de projet « open data » à la région.

Nantes et son agglomération se sont lancées les premières en 2011, suivies du département, qui a créé son portail en 2012 pour la somme modique de 8 000 euros, grâce à la reprise d’un logiciel libre existant et, déjà, en mutualisant avec Nantes et Nantes métropole. Seule la région est passée directement à cette plateforme mutualisée, qui permet de partager le marché externe global d’investissement de 210 000 euros, pour 2012-13, en trois parts égales : Nantes métropole (maître d’œuvre) et Nantes ; la Loire-Atlantique ; les Pays de la Loire.

Reste à convaincre les autres villes et départements [7] qui, contrairement aux quatre premiers partenaires, ne sont pas tous du même bord politique.

CHIFFRES CLES

  • Optimiser les coûts
    Les coûts d’investissement des plateformes d’open data sont très variables (200 000 euros en Saône-et-Loire, moins de 10 000 à Montpellier, 30 000 pour Nantes métropole et Nantes), tandis que ceux d’exploitation (hébergement, personnel) ne sont le plus souvent pas calculés. Mutualiser, c’est travailler à réduire ces coûts.