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Culture

Dans les départements, les professionnels de la culture et de l’action sociale sont en quête de transversalité

Publié le 01/03/2013 • Par Hélène Girard • dans : France

Une étude réalisée par l’association Culture-départements montre que 60 % des conseils généraux jettent des passerelles entre les secteurs de la culture et du social. Elle constitue un premier état des lieux de la façon dont coopèrent les deux secteurs. Cette amorce de transversalité remet en question l’approche sectorielle des politiques. Elle renvoie aussi à la nécessité, pour les professionnels, d’apprendre à dialoguer de façon constructive et opérationnelle, pour une articulation plus efficace des dispositifs mis en œuvre.

Conduite en novembre et décembre 2012, l’ « étude-express » de Culture et départements, l’association des directeurs des affaires culturelles des conseils généraux, visait trois objectifs principaux :

  1. Identifier les principaux axes autour desquels s’articulent les passerelles entre les deux secteurs
  2. Pointer les facteurs de ces dynamiques
  3. En analyser les modes d’action

Près d’un département sur deux concerné – Premier constat : les 46 départements qui ont répondu (1) ont indiqué développer des actions en direction des publics éloignés de la culture. Pour 20 % d’entre eux, ces pratiques sont ponctuelles et ne constituent pas une politique structurée. Pour les autres, il s’agit d’une priorité, soit déjà effective (60 %), soit en projet (20 %).

Rares sont ceux qui dédient un budget spécifique à ces actions. En revanche, nombreux sont ceux qui officialisent cette orientation par le vote d’une délibération (49 %).
D’autres envisagent de le faire (14 %).

Priorité aux publics en insertion – Sur le plan de la structuration des actions, 43 % des départements travaillent en direction de publics ciblés. Les départements qui ont érigé le développement de ces passerelles au rang de priorité (80 %) se divisent en deux groupes :

  1. ceux qui identifient des publics cibles prioritaires
  2. ceux qui refusent cette option, au nom, notamment, de l’égalité de traitement.

Lorsque les départements travaillent sur des publics prioritaires, il s’agit, dans trois cas sur cinq, des personnes âgées, handicapées, en insertion, et des jeunes enfants, avec une forte prédominance des publics en insertion.

En revanche, le territoire constitue rarement un élément structurant du développement des partenariats entre culture et social. Pour 56 % des conseils généraux, l’égalité territoriale doit prévaloir. Lorsqu’il existe des priorités territoriales, il s’agit essentiellement des territoires ruraux ou éloignés de toute offre culturelle, ou des territoires urbains en zone sensible.

En termes de modalités d’intervention, l’accompagnement des initiatives portées par les acteurs culturels en direction de publics prioritaires domine dans plus de la moitié des cas.

Interrogation sur la territorialisation de l’action culturelle – Pour ce qui est de la conduite de projet, c’est le co-pilotage direction culturelle-direction de la solidarité qui s’impose dans 38 % des cas, devant la gouvernance par la seule direction culturelle (22 %), et loin devant le pilotage par la seule direction de la solidarité.
Les deux secteurs n’ont guère avancé sur la question des référents, absents dans 58 %, tant du côté culture que du côté social.

Quand des référents ont été désignés, on en trouve un dans le secteur « social », un dans le secteur « culture », dans 22 % des cas.

Les référents « culture » des services sociaux relèvent, le plus souvent, des circonscriptions sociales. C’est la raison pour laquelle certains départements s’interrogent sur l’intérêt que présenterait la territorialisation des politiques culturelles.
Les référents « social » des services « culture », sont, eux, en majorité, des chargés de mission.

Les compétences requises pour mener à bien ces actions transversales constituent un motif de préoccupation largement partagé, puisque 48 % des départements mettent en œuvre des formations ou songent à le faire.
Les deux secteurs professionnels sont équitablement concernés. Dans 25 % des cas, les bénévoles en bénéficient également.

Enfin, la pratique de l’évaluation relève de l’exception.

« Notre profession est partagée sur la territorialisation des politiques culturelles »

Laure Descamps, directrice de la culture, des sports et de la jeunesse au conseil général de la Drôme, et auteure de l’étude

D’où est venue l’idée d’enquêter sur la transversalité entre actions sociales et actions culturelles ?

Au sein de notre association, nous avions constaté, dans certains départements, la volonté de rapprocher les deux secteurs. Nous avons voulu connaître l’ampleur de ce phénomène. Nous souhaitions également faire apparaître ce qui légitime ces rapprochements et si cette transversalité est structurée.

L’analyse des résultats vous a-t-elle réservé des surprises ?

Je m’attendais à ce que beaucoup de départements réfléchissent sur le sujet. Mais j’ai été surprise par le nombre de ceux qui ont une démarche structurée. Autre sujet d’étonnement : le fait que les personnes en insertion sont souvent désignées comme public prioritaire, alors que les enfants placés le sont rarement. Or les enfants suivis par les conseils généraux constituent une sorte de public « captif », et qui plus est, un public qui représente l’avenir.

Quels constats faut-il considérer comme positifs pour le développement de la transversalité entre culture et social ?

C’est le fait que, les départements qui ont mis en place des référents le font majoritairement dans les deux services : un référent « culture » dans leurs services sociaux, et un référent « social » dans leurs services culturels. Cela signifie que leurs démarches sont structurées. Certains départements ont même une mission transversale dédiée. Ce qui est un gage de permanence de la démarche, qui, alors, n’est plus une simple gestion par projets.

Jusqu’où les services « culture » doivent-ils aller dans la priorité donnée aux partenariats avec le secteur social, sans risquer de négliger d’autres missions ?

Je ne pense pas que ce risque existe. Car les départements finissent toujours par s’intéresser aux besoins du territoire sur lequel vivent les personnes. Cette approche de la transversalité par le territoire doit être distinguée de la territorialisation des politiques. Dans le premier cas, il s’agit d’accompagner des projets de territoire ; dans le second, il s’agit de territorialiser les organisations et les agents.
Notre profession est partagée sur cette question. Certains se demandent jusqu’où aller dans l’adaptation des politiques aux différents territoires, sans qu’il y ait rupture d’égalité dans la conduite de la politique départementale. La prochaine « étude express » que réalisera Culture et départements, portera, justement, sur la territorialisation des politiques culturelles.

Références

L'étude complète

Notes

Note 01 Parmi lesquels des départements aussi différents que l’Allier et les Hauts-de-Seine. Retour au texte

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Commentaires

Dans les départements, les professionnels de la culture et de l’action sociale sont en quête de transversalité

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JO

04/03/2013 01h51

« public éloigné de la culture »…. nous devons avoir une définition différente de la culture. Et pourquoi la « culture » et le « social » devraient être séparé ? A l’origine, le ministère de la culture avait été mis en place suite à l’abandon du projet de ministère de l’éducation populaire………. projet qui visait à éduquer les jeunes adultes (cadres, ingénieurs, ouvriers, « racailles »…) car des hommes instruits pouvaient être fascistes.

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